‹ La Chanson de RolandChapitre 55 sur 171 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

1110 i^UANT Rollant veit que la bataille serat, V-/ Plus se fait fiers que leon ne leupart. Franceis escriet, Oliver apelat :

« Sire cumpainz, amis, nel dire ja !

Li emperere, ki Franceis nos laisat,

1115 Itels .XX. mille en mist a une part

mourir que choir dans la honte ! Mieux nous frappons, mieux l'empereur nous aime. »

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ROLAND est preux et Olivier sage. Tous deux sont de courage merveilleux. Une fois à cheval et en armes, jamais par peur de la mort ils n'esquiveront une bataille. Les deux comtes sont bons et leurs paroles hautes. Les païens félons chevauchent furieusement. Olivier dit : ^< Roland, voyez ! Ceux-ci sont près de nous, mais Charles est trop loin ! Votre olifant, vous n'avez pas daigné le sonner. Si le roi était là, nous ne serions pas en péril. Regardez en amont vers les ports d'Espagne ; vous pourrez voir une troupe digne de pitié : qui a fait aujourd'hui l' arrière-garde ne la fera plus jamais. » Roland répond : « Ne parlez pas si follement ! Honni le cœur qui dans la poitrine s'accouardit ! Nous tiendrons fermement, sur place. C'est nous qui mènerons joutes et mêlées. >^

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