PENSEZ A LUI
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Amis marins, dont la voix m'accompagne, Pensez-y bien quand vous serez très vieux, A celui qui, comme vous, fît campagne Et vous apprit jadis ses chants joyeux. Si vous l'aimez, votre défunt poète, Comme autrefois, sur nos grands cuirassés, Que votre voix chevrotante répète Ses gais refrains de vos beaux jours passés.
Les soirs d'hiver, autour d'un feu qui brille, Dites -vous tous que votre chansonnier Ne vit en vous qu'une grande famille, Dans ce Paris qui le tint prisonnier.
Et que le but qui gouverna sa vie Fut de pouvoir, sans souci des jaloux.
Chanter l'Amour, l'Honneur et la Patrie, Et d'être à bord accompagné par vous.
HT
Si vous avez encor dans vos mémoires Son souvenir, en causant sur le port, - Redites-vous ses récits, ses histoires Qu'il vous contait lorsqu'il était à bord, Et si, parfois, son souvenir vous charme, Jusqu'à toucher votre cœur généreux, Pour l'ami mort, laissez la douce larme Venir perler au coin de vos bons yeux.
Si vos petits, en jouant sur la grève, Sifflent ses airs, cheveux au vent, pieds nus.