‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 103 sur 194 · ADR EE · texte numérisé non relu

ADR EE

GUEUX DE PARIS

Les reins cambrés. Leur pas, d’un mouvement coquin, Fait onduler sur leur croupe leur troussequin.

Oh! comme c’est joli, la première gelée!

La vitre, par le froid du dehors flagellée, Étincelle, au dedans, de cristaux délicats, Et papillotte sous la nacre des micas

Dont le dessin fleurit en volutes d’acanthe.

Les arbres sont vêtus d’une faille craquante. Le ciel a la pâleur fine des vieux argents.

Voici venir l’Hiver, tueur des pauvres gens.

Voici venir l’Hiver dans son manteau de glace.

Place au Roi qui s’avance en grondant, place, place!

Et la bise, à grands coups de fouets sur les mollets, Fait courir le gamin. Le vent dans les collets

Des messieurs boutonnés fourre des cents d’épingles. Les chiens au bout du dos semblent traîner des tringles. Et les femmes, sentant des petits doigts fripons Grimper sournoisement sous leurs derniers jupons,

Se cognent les genoux pour mieux serrer les cuisses. Les maisons dans le ciel fument comme des Suisses.

Près des chenets joyeux les messieurs en chapeau Vont s’asseoir; la chaleur leur détendra la peau. Les femmes, relevant leurs jupes à mi-jambe, Pour garantir leur teint de la bûche qui flambe

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