CIMETIÈRE INTIME
J'ai déjà vu plus d’une année, Belle fille aux fraîches couleurs, Mourir vieille, jaune, fanée,
Et perdre son chapeau de fleurs.
Adieu, adieu, rose qui tombes!
Adieu, adieu, beau mois de mail Mon cœur est le pays des tombes Où mon bonheur est enfermé.
Espoirs, illusions vermeilles, Vœux de gloire, pensers d’amour, Ainsi qu’un jeune essaim d’abeilles S’envolèrent au point du jour.
NOUS AUTRES GUEUX 261
Mais, comme ils montaient vers la nue, Un tourbillon les emporta,
Et le vent à l’haleine aiguë Brutalement les souffleta.
Tombez! tombez! Et sur la terre
Je les ramassais, étouffant.
Je les mis dans mon cimetière, Couchés dans des cercueils d’enfant.
Et tous les soirs, lorsque vient l’heure re Où loin du monde je suis seul, | J’ouvre chaque bière, et je pleure En déployant chaque linceul.
Quand j’ai fini, d’une main lente Je clos mon cœur, morne cité, Cimetière, cité dolente,
Où pas un n’est ressuscité.
J'ai déjà vu plus d’une année,
Belle fille aux fraîches couleurs, Mourir vieille, jaune, fanée, er } Et perdre son chapeau de fleurs. 2000
Adieu, adieu, rose qui tombes!
Adieu, adieu, beau mois de mai!
Mon cœur est le pays des tombes Où mon bonheur est enfermé.
Pac Élsiz
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