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Et quand on est vieux, camarade, C’est fait! Alors on se sent las.
Le teint verdit comme salade.
Le corps sèche comme échalas.
On à le nez long et l’œil terne, De l’étoupe jaune au menton, Et plus d’huile dans la lanterne, On crache blanc comme coton.
Et léchine qui se détraque!
Et les jambes! les reins! le cou!
Pour jeter.à bas la baraque
Il ne faut plus un bien grand coup.
C’est alors qu’une ménagère
Vous serait bonne, et de l’argent;
Ca vous rendrait la mort légère.
Mais va-t’'en voir s’ils viennent, Jean.
C’est fait, c’est bien fini, te dis-je.
Toi, le beau vaillant compagnon Dont la gaîté fut un prodige,
Te voilà vieux, laid et grognon.
Et les fillettes printanières Ont peur de tes longs doigts poilus; Les enfants te jettent des pierres;
Personne ne te connaît plus.
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Qu’à mendier tu te hasardes,
Tremblotant comme un homme soûl,
Combien auras-tu de nasardes Pour gagner un malheureux sou!
Chanteras-tu ? Mais ta voix veule Rend plus de hoquets que de sons; Et, n'ayant plus de dents en gueule Tu bredouilleras tes chansons.
N'importe! fais la bouche en fraise!
Gtimace avec ton front trop grand!
Comme un coq dansant sur la braise,
Tu dois faire rire en souffrant.
Et si tu n’as rien dans le ventre
Chante plus fort, d’un ton plus creux.
Sois la cornemuse où l'air entre Et d’où sortent des chants heureux.
O cornemuse trop gonflée
Dont la peau pète sous le bras, Un jour dans ta chanson sifflée Comme un son faux tu partiras.
Tu partiras sans qu’on en pleure!
De ceux que tu pus amuser,
Pas un seul à ta dernière heurte Qui ferme tes yeux d’un baiser.
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Sans drap de toile ou de percale, Pour tout linceul les pauvres os N’auront que ta chemise sale, S’il t’en reste une sur le dos.
Pourris dans la fosse commune; O fou, ton dernier cabanon!
Personne, pas un et pas une, Ne se souviendra de ton nom.
Voilà ma vie, Ô camarade!
Elle ne vaut pas un radis.
Ca commence par une aubade, Ça finit en De Profundis.
La morale de cette histoire,
C’est que mon feu meurt. On t'attend.
La bise est aigre, la nuit noire; Donne-moi deux sous, et va-t’en.
J'ai mal fait. Tu feras de même,
J'ai bien tort de te conseiller.
À l’âge où l’on chante, où l’on aime, Mange ton pain blanc le premier.
Vouloir mettre une martingale AUX jeunes, pour qui tout est neuf, Autant ferrer une cigale,
Plumer un chat ou tondre un œuf.
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