‹ La chanson des Gueux (volume 3)Chapitre 39 sur 194 · ÉPITAPHE POUR UN LIÈVRE · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE POUR UN LIÈVRE

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Au temps où les buissons flambent de fleurs vermeilles, Quand déjà le bout noir de mes longues oreilles

Se voyait par-dessus les seigles encor verts

Dont je broutais les brins en jouant au travers,

Ün jour que, fatigué, je dormais dans mon pgîte,

La petite Margot me surprit. Je m’agite,

Je veux fuir. Mais j'étais si faible, si craintif!

Elle me tint dans ses deux bras : je fus captif. Certe’elle m’aimait bien, la gentille maîtresse. Quelle bonté pour moi, que de soins, de tendresse! Comme elle me prenait sur ses petits genoux

Et me baisait! Combien ses baisers m’étaient doux! Je me rappelle encor la mignonne cachette

Qu’elle m'avait bâtie auprès de sa couchette,

Pleine d’herbes, de fleurs, de soleil, de printemps, Pour me faire oublier les champs, les libres champs.

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