DEUXIÈME PARTIE
A RAOUL PONCHON
A RAOUL PONCHOft
Les gens soubmis à Sol, comme buveurs, enlumineurs de mvseaulx, ventres i poulaine, gueux de l'hostiére, gagnedeniers, dégraisseurs de bonnets, embourreurs de bas, loqueteurs, claquedents, croquelardons, généralement tous portant la chemise nouée sur le dos, seront sains et allègres, et n'auront la goutte es dent* quand ils seront de riopccs.
(Rabelais. — Pantagrviline pronostieation certaine, véritable et infaillible, pour l'an perpétuel, nouvellement composée au profict et advitement des gens étourdis et Musart* par nature.)
Tu sens le vin, ô pâte exquise sans levain. Salut, Ponchon ! Salut, trogne, crinière, ventre ! Ta bouche, dans le foin de ta barbe, est un antre Où gloussent les chansons de la bière et du vin.
Aux roses de ton nez jamais l'hiver ne vint. Tu bouffes comme un ogre et pintes comme un chantre. Tous les péchés gourmands ont ton nombril pour centre. Dans Paris, ce grand bois, tu vis tel qu'un sylvain,
Sachant tous les sentiers, mais fuyant les fontaines, Flairant les carrefours, les ruelles lointaines, Où les bons mastroquets versent le bleu pivois.
Et j'aime ton plastron d'habit bardé de taches, Ton pif rond, tes petits yeux fins, ta chaude voix, Et Fodeur de boisson qui fume à tes moustaches.