‹ La chanson des gueuxChapitre 58 sur 110 · LA PETITE QUI TOUSSE · texte numérisé non relu

LA PETITE QUI TOUSSE

Les aiguilles des vents ,froids Prennent les nez et les doigts

Pour pelote.

Quel est sur le trottoir blanc Cet être noir et tremblant

Qui sanglote ?

La pauvre enfant ! Regardez, La toux, par coups saccadés,

La secoue, Et la bise qui la mord Met les roses de la mort

Sur sa joue.

Les violettes sont moins Violettes que les coins De sa lèvre.

Que le dessous de ses yeux Meurtri par le& baisers bleus De la fièvre.

Tousse ! tousse ! Encor ! Tantôt On croit ouïr le marteau

D'une forge; Tantôt le râle plus clair Comme un clairon sonne un air

Dans sa gorge.

Tousse ! tousse ! tousse ! Encor !

Oh ! le rauque et dur accord

Qui ricane !

Ce clairon large et profond Sonne pour ceux qui s'en vont

La diane.

Tousse! C'est le cri perçant Du noyé lourd qui descend

Sous l'écume, Tousse! C'est lointain, lointain, Ainsi qu'un glas qui s'éteint

Dans la brume.

Tousse ! tousse ! un dernier coup !

Elle laisse sur son cou Choir sa tête ,

GUEUX.DE PARIS Ud

Tel sous la bise un flambeau ; Et pour la paix du tombeau Elle est prête. .

Elle épousera ce soir,

Sans bouquet, sans encensoir,

Sans musiques, Plus tôt qu'on n'aurait pensé, L'hiver, ce vieux fiancé

Des phtisiques.

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