POUR ETRE CHANTES
VEHS l'on 15 KTHK CHANTÉS
POllME DE MAI
Nous nous aimerons, si tu veux, Tout un printemps 1 la douce chose !
Je mettrai dans tes blonds cheveux La première violette et la dernière rose !
Tant que les lis revêtiront Leur manteau de neige et de soie; Tant que les oiseaux chanteront, Nous mettrons, si tu veux, en commun notre joie.
^<^i LA CHA.NSON IJ K S HKUHES
Kl seulement quand jamiiia La verte toison des prairies, \jG même souffle efîeuillera Nos défuntes amours et les roses flétries !
\ Kii s l'o i; K i; r k io c m a ntks
J'ai l)u, (IcUis riiali'iiic des fleurs, Le premier souffle de ta bouche; Au l'rout d'argent du lis farouche, J'ai lu tes premières pâleurs.
Le chant de tes lèvres rosées, Les oiseaux me l'avaient appris Et tes dents, lorsque tu souris, Y perlent comme des rosées.
Le long enchantement des cieux Avec toi descend sur la terre Et se confond dans le mystère De ton être délicieux !
ITl
Mon amour, l'heure est va'zaboude Et rien ne la peut retenir :
Il nous faut enfermer un monde Dans notre plus cher souvenir !
Le temps s'enfuit, — qu'une caresse Enlace chacun de ses pas.
Épuisons, ma belle maîtresse, Un bonheur qui ne revient pas.
Les roses sont grandes ouvertes :
Ouvrons tout grands nos cœurs blessés Et cachons sous les branches vertes Nos fronts l'un vers l'autre pressés.
VKRS l'olIR lilHI'; «HANTKS
NoIlM* peine ser.i in-oloiide (Ju.ind res heaiix joins seioiil liiiis. — I,(»s oiseaux oui (|intt('; les nids : Mon amolli', l'Iieiire est vatra[)on(|e !
•2()S LA CHANSON I) P] S HKURES
TV
Ah ! tu m'as déchiré le cœur, Perfide que j'ai trop chérie !
Tes regards étaient raillerie Et ton sourire était moqueur.
Ton faux amour n'était qu'un leurre :
Car, tout h l'heure, J'ai vu sur d'autres yeux tes doux yeux s'attendrir. Près de moi tu passais, farouche, Et, sur ta bouche.
J'ai vu la rouge fleur du baiser s'entrouvrir. Ah ! qu'il eût mieux valu, parjure, Sans cette injure, T'échapper do mes bras et me laisser mourir î
VKRS l'OUR KTRK CIIANTKS 209
Il lîL'iil, (loiK* li(>|» lnii;^% cnirllr,
Cr |)i'iii(('m|»s |»()iii- Ion (Mnii" pcrvtM'S !
A jM'iiK! I<'s lis sont oiivcils
I^](- i\i\\h lu m'es inlidclc !
J'aime le mal dont j'ai soiifTeri :
C'est comme au sortir d'un enfer Que, vers toi, mon regard s'élève, Et mon cœur traversé d'un glaive T'est, comme un holocauste, offert,
Le doute creuse la blessure Où l'amour cruel se mesure Au sang lentement répandu ; Mon cœur, par le soupçon mordu, S'est réveillé sous la morsure.
VKHS IM)(IK KTRi: rjIANTKR li I I
P.iiivr'c Ion ! j'ai rn\ (jiic J'aimais ! Ah ! jr l'aiiiKj plus (|iir jain.iis D'avoir lait ma peine si (hii'c !
Seule iei-has, souiïranee dure Et je suis à loi d/'soi'mais.
Uegard(^-moi bien que je plonge
Dans les beaux yeux pleins de mensonge,
Comme au plus profond de la mer.
Et que j'y fasse plus amer
Le souci mortel qui me ronge !
2 1 2 L A CHANSON I) K S H K l) R I-: S
YT
L'aile chaude des jours d'été S'alourdit dans les cieux moroses : Le bonheur nous était compté.
Adieu, l'amour ! Adieu, les roses !
Mais que leur souvenir dure l'éternité!
J'avais cru mon àme plus forte Et moins facile à se briser :
Je sens que ma jeunesse est morte...
Je pars ! Mais qu'un dernier baiser Ferme ta bouche en fleur sur l'adieu que j'emporte
V K K S V () U R K r It K ( ' M A N T K S 213
Quand iTlleiii'ironl les piiiitcinns Au st'uil vcrdoyaul dr raïuirc, Parmi leurs ti-rsoi's rclalanis, (iai'dc ('('fie l'ose \';\l\rr :
I^^lle aura pai-liiiné nos ra|)idrs in<lan(^.
Hélas î notre ivresse fut telle Qu'il fallait l'épuiser d'un trait.
La violette où donc est-elle ?
Le lis, qui le réveillerait ?
— La fleur du souvenir est la seule immortelle!
li LA CHANSON DKS HEURES