MAISON D'AMOUR
C'est dans la ville d'espérance.
Endormie au fond des remords, Comme au fond d'un jardin d'automne, C'est dans l'oubli de la souffrance Et du passé qui me pardonne.
Comme on est pardonné des morts ; A l'ombre d'un peu de mystère, Et plus seule et plus solitaire Parmi sa g-rille à jamais close Pour ceux qui viennent de la terre :
C'est la maison de toute chose, La mystique maison d'amour.
Et parfois, quand se meurt le jour, De ses fenêtres demi-closes.
Des romances douces et graves Et si célestement suaves, Qu'on a peur de tant de lang-ueur, Tombent parmi de pâles roses, Sur des souffrances inécloses, Et l'on sait que c'est le bonheur De deux mains à jamais fidèles Aux promesses inoubliées.
Deux âmes à jamais liées Par des caresses éternelles.
.MON CŒUR PLEliHE D AUTHEFOIS 1 y(J
li y a nombre de bég"uiues,
De pâles sœurs de charité,
Qui viennent en chantant matines,
Au manoir de mon cœur hanté.
Et leurs voix laissent sur les routes, Traîner de lentes litanies^ Et leurs prières chantent toutes, De lamentables ag-onies.
Et la princesse de mon cœur, Aux long"ues paupières meurtries.
Se meurt d'indicible langueur, Devant les pâles théories
l80 LA CHANSON DU PAUVRE
Qui s'en viennent vers les fenêtres, Au souvenir déjà pâli D'anciennes chasses dont, peut-être, Ne sonnera plus l'hallali.
Puisque voilà, par les bruines, Par les neiges et dans le soir, Les sœurs grises et les béguines Qui se rapprochent du manoir.
MON CŒUR PLtUHE DAUTIIEFOIS l8l