MATIN CHAMPÊTRE
J'ai fait claquer au mur lézardé lu fenêtre \ussitôt le jardin pénétrant de senteurs, M'est apparu dans l'air de ce matin champêtre,
Tout rempli de soleil, de chansons et de fleurs,
Et ces roses au vent du lne qui les balance, Mettent leurs tons VoYants autour de la maison, Qui depuis de longs mois dort dans un froid silence,
Près de la route ombreuse où chante le grillon.
La Mousse des taillis seintille de rosée, Je vois se dessiner d'un sapin les rameaux
Qui bercent tendrement, par cette matinée,
Plus longtemps dans leurs nids les petits des oiseaux.
© tn
La colline sur qui traîne un reste d'ivore, A frémi dans le vent plein de douce ti deurs, Et lente, une vapeur sur les champs vieut &riore
En un voile de gaze aux multiples couleurs.
Tout le poulailler piaille et la ferme s'agite : La cloche d'un couvent vibre dans le lointain, Et ce chant que l'écho nous redit à sa suite
Fait se courber le front et rend ie cœur serein.
Un pigeon sur les toits tout doucement roucoule ; Les bras nus, un faucheur au bout du trait carré, Bat sa faulx à grands coups, il chante, une eau s'écoul
Et j'aspire à longs traits l'odeur des champs de blé.
Dans la grange moussue où s'entassent les gerbes, S'unit aux chants anciens de quelques charroyeurs, Un chœur de blonds enfants robustes et superbes, Aux cheveux en broussaille, aux beaux grands yeux
[rêveurs.
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iveurs.
Puis, vient midi, l'instant attendu de la trêve,
Où chacun prend sa part d'un gai repas frugal
Dressé sous un gros orme et qui bientôt s'achève.
Au milieu des éclats de voix comme en un bal !