‹ La chanvriere: comedie en trois actesChapitre 1 sur 38 · La chanvriere: comedie en trois actes · texte numérisé non relu

La chanvriere: comedie en trois actes

REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS, A PARIS, SUR LE THEATRE DES FOLIFS-DRAMATIQUES,

LE 27 AVRIL 18o2.

21 M. iIH0unex

Directeuf fin Théâtre des Folies-Dramatiques ,

Monsieur,

Ce n'est pas tout que d'avoir trouvé la pierre et de l'avoir taillée bien ou mal) Il faut encore le joaillier qui la nioiiie et l'eiiehùsse de façon à faire jouer ses feux, quand toutefois elle a des feux. Pour noa Chanvrière. je veux dire pour mon petit caillou, vous avez été, monsieur, le joaillier habile dont la main-d'œuvre seule fait les vrais bijoux, et ce n'eàt pas votre faute si mon strass n'a pas ressemblé davantage au diamant.

Pour parler sans strass et sans monture, je vous ai trouvé, monsieur, pour ma pièce et pour moi si inleiligeniment bon, à tous les instants, en tous les détails, j'ai si bien rencontré en vous le directeur tel qu il doit être, que j'éprouve un vif plaisir a vous dédier ma comédie. Si la Chanvrière a quelque succès, elle vous le doit, et en vous otîiant ce succès, je ne fais que vous rendre ce qui vous est véritablement dû. En l'acceptant, croyez-le bien, vous ajouterez encore, monsieur, à la reconnaissance de

Votre très-reconnaissant

Paris, 1" mai 18o2. EDOUARD PLOUVIER.

P. S. Où passe le capitaine, s'éiasicent les soldats, et j'ai à remercier tout le monde, monsieur, dans voire théâtre. Permettez donc que ce post-scriptuni s'adresse à ceux, dont j'ai tant a me louer. Je vous remercie, mes chers acteurs; je vous remercie, mes amis, du fond d'un cœur que vos bons efforts ont louché : Vous, mad.ime Champenois, si digne et si touchante dans l'épouse méconnue, et dont les vraies larmes font eoul«r tant de larmes! Vous, .'nadame Bergeon, restée sympathique dans un rôle destiné à ne pas l'être, et qui avez joué, le troisième acte surtout, en comédienne de premier ordre; vous, madame Sandre, la vraie Rose chantante, jolie comaie une figure de Greuze, gracieusement pittoresque comme une paysanne de George Sand. Je vous remercie vous, monsieur Constant, gourmet si lin, homme de si bon monde dans votre mairie de campagne; vous, monsieur Hoster, le timide Carpentier, convive aimable et parfait notaire; vous, tuonsieur Rasset, si })énélré de voire personnage et tour a tour et à la fois élégant, passionné, éoergique! A'oos, ami Manufl, si précieux pour ma pièce dans \oire rôle si complexe et compris par vous .««i admirablement; vous, mon <her Barré, qui vous êies souvenu si heureusement de votre création dans Claudie pour lui Ojtposer la création du bon, simple et honnête Fructueux; vous enfin, magnifique Bourguignon, qui buvez si considérablement sans que votre succès d« garde champêtre trébuche un >eui instant!., je vous remercie tous; vous avez prouvé une fois de plus que ce n'est pas la hiérarchie des théâtres qui classe les comédiens, mais bien leur talent. Shakespeare a joué dans une auberge. Frédérick-ucmaîtie a séjourné aux Folies-Dramatiques, et quand il est reparti, le public est resté.

Mes remercîments ne sont pas complets encore; je veux qu'ils aillent trouver le brave Dorlanges dans sa régie, mon collaborateur Oray à son pupitre; et qu'en {)assant par Lemonnier ils descendent jusqu'au souffleur dans sa petite cave pour remonter jusqu'à i^lrnest dans son clocher. K. P.

Page 1