LE BARON, LÉOPOLD, ROSE, HOR
TENSE, puis LOUISE et VERTHOIS;
|)z/î«CARPM.MIER, puis FRUCTUEUX
et GALOUBET.
HORTENSt, àparf. Qu'est-ce que j'entends?
ROSK , en apercevant Hortense , à Léopold. Sauvez-vous par la bibliuthè'iue!...
LE BARON, S animant. Vous o^ez me parler de^otrcmère?...
LÊOPOLO. Mon père! par pitié!... ditesmoi !...
HoRiENSE, à part, en regardant le Baron. S'il parle î .s'il veut parler, je suis perdue !...
LE BARON. La colère m'est fatale, monsieur! IN'éveillvz pas ma colère, sortez!...*
HORTENbE, >e montrant. Eh bien! baron, vous recevez voue fils sans me le présenter; c'est mal. Je veux le voir, moi, cet excillent fils qui n'a jamais paru chez nous au temps de notre misère. [A ié»pold qui s'est relevé et jui fixe sur elle des yeux ardents,) Asseyez-vous donc, monsieur !
LE BARON, s'animant davantage de moment en moment. C'est un ingrat ! c'e.->t un mauvais (ils ! je veux qu il parte !
HORiEKSE. Je veux qu'il reste, moi! Si monsieur n*a point approché du logis de son père quand son père était m;ilheu'eux, ce ne pouvait être que par crainte d'augmenter sa gêne, mais maintenant....
LÉOPOLD. Madame , je voudrais savoir de quel dn^it..
HORTENSE, V interrompant et continuant, en observant Cvfjel de ses paroles sur le Baron, Maintenant que monsieur de Chastel est redevenu riche, maintenant qu'il à pu arriver sans mourir de faim au gain de ses procès, son fils peut bien...
LE BARON. C est un misérable ! qu'il sorte d'ici!...
ROSE, basa Léopold. Pour l'instant, cédez!
tÊOPOlD, êans écouter Rose, Madame,
* Kose°, Léopold, Hortense» le Baron.
vous êtes une femme , et je ne comprends pas que mon père me laisse insulter par vous. mais...
LOUISE, entrant aux derniers mots par le fond, suivie de Ferihois.* Mon fib !... Qui donc ose insnher mon fils chez son père?...
HORTt-NSii Son fils!... [Stupéfaction de Vertbois, deBosCy et de Carpentier qui rentre à ce moment. )
LÉOPOLD. Ma mère ! . .. Ici !. . . ma mère ! .. Oh! merci, mon Dieu! [Allant à Louise et regardant Hortense.) Mais cette femme alors, qu'»st-e'le donc?
HORTENSE, furieuse, au Baron Cf lie femme! Dites-leur donc, monsieur, ce que c'est que celle femme qui vous a nourri , taudis que. . .
LE BARON , au dernier degré de la colère^ à Lé'ipnld. Ça,suis-je le maître!... Encore une fois, mons enr, je vous ordonne de sortir! [A Louise.) Et à vot»s aussi, m;idame ! [Balbutiant et béjayant à force de colère.) Je vous ordonnH... je veux.. . je .. jp. ..
HORTFNSE, le regardant de côté et à ellemême. Bien! de l'audace! [Haut.) Il n'y a ici de baronne dChasiel que moi! Monsieur de Chastel seul peut me démentir, qu'il le fasse ! [Le Baron veut parler, puis il porte ta main à sa bouche pour dire qiiil ne le peut; mais montrant du doigt Hortense, il confirme par un mouvement de tête ce qu'elle vient de dire.)
VER iBois. à part en regardant ffortense et le baron. Hardiment joué 1
LOUISE, au Baron. Vous êtes libre de garder cette femme chez vous, monsieur; pour moi qui n'ai lien en ma possession constiitant ma qualité, pnis^u'en fuyant notre demeure, vous y avez fait pre^ dre les papiers qui s'y trouvaient, je vous somme de déclarer devant ce magistrat que votre num m'appartient léLj;a!ement.
LÉOPOLD. Parh'z, monsieur, l'honneur vous le commande! Dites que ma mère est bien la baronne de Cha:itel et non une aventurière ! Après, elle et moi sortirons d'ici !...
ROSE, bas à Léopold et entendue aussi de Louise qui s'approche. Vous voyez bien qu'y n'a plus sa parole, vot' malheureux père! La v'ià, et c'est *omme ça (ju'elle lui prend, c't'aiïreuse maladie que j'\ouldis vous dire, et dont il croit qu'elle seule peut le soulager !
LÉOPOLD. Ah ! mon père! mon pauvre père!
LOUISE. Georges!... [l'ous deux font un pas vers le Baron qui est tombé assis le front courbé;il redresse la tête, les regarde, et du doigt leur montre la porte.)
LÉOPOLD. O mon Dieu!... (i ce moment
* Rose, Léopold, Louise, Hortense, Verlboif^ le BaroD» Carpentier.
IJortevse s* est ra^oprorhée du Baron dont la tête est penché''. Il a pris une de sea m ins. Debout près du fanteuil elle regarde d'un air de triomphe Louise indignée. Léopuld et Rose laissant voir leur douleur. Vertboi$ et Carpentier sur le stcond plan conttmplenl ce tableau.)
VERTBOis, à part. Ah ! cette madame Dupont.. . Encore si jolie, c'est la vraie baronne de Chasiel,
HORTE^SE, qui pendant ces motSy s'est dirigée vers le perron, appdant. Jean ! Joseph 1 [Elle va ensuite ttrtr un cordon de sonnette.)
ROSE, à Léopold pendant ces mouvements d'Hortensc. Faut que i' reste ici. D'main soir, aliende* moi à l'Angélus au fossé du ClosFIenry ! [Léopold va pour parler.) Chut ! [Giloubel et Fructueux sont parus au fond. Les domestiques sont venus de la gauche.)
IIORTENSE. Jean, tu vas aller chercher le do(teur. Monsieur le baron vient d'ê're atteint par sa crise. Toi, Josepii, tu «'as reconduire cette (lame rt ( et homme! {El e mr>ntre Louise et Léopold.) Madclon, v« us éclairerez les chemins à res messieurs !... [Elle montre Verlbois et Carpenller.)
LOUISE, au Baron. Au moins, monsieur, »rous entendez. Eh bien ! sac'uz cju-^ si mon cœur est brisé, ma conscience est pure,
quoique vous puissiez croire!... sachez que je n'ai jamais M)uillé votre nom !
LÉuPOLi). J'ai mérité d'êire puni, monsieur, et -vO'JS me punissez crmllement en me frappant dans ma mère... mais Dieu, Dieu ronmence à me pardonner... (//7?rm(Z la main de sa mère.) Puisqu'il me la rend, celle que vous f appez comme moi I... [Le Baron veut parler^ il se lève, mais la parole n arrive pas jmqu*à sa bouche, et il retombe dans la même douloureuse altitude.
Pendant cette pantomime et pen'ianl la sor» tie de Louise, Léopold, Galouhet, etc. , on entend au dehors le chœur de la scène huitième dont le refrain continue en sourdine jusqu'à la fin dô l'acte.) CHOKUR.
Aux pauvres du village
Que chaque maison
OtTre en signe d'hommage
Part de sa mois-onî C'esi la fête, etc.
HORiENSE, à Rose. Quant à vous, rusée chént'Votte, qui avez préparé cette comédie, je vous chasse. {Avec une plointe non articulée, il f resse Rose sur s -n sein en faisant signe quil veut la garder près de lui. Hortensf- se con.'raig fiant r' conduit au fond les personnages précédés par la domestique, qui a été allwner un fillot. On entend s'éloigner le chant de la Saint-Pierre. Lerideau tombe.)