BERNARD, JACQUET
La frayeur Me talonne,
J'ai grand'peur !
Ma valeur M’abandonne J’ai grand’peur Je frissonne,
J’ai grand’peur.
SCÈXE XIV.
Les Mêmes PERRINE, NJCETTE, LUCIEN.
PERRINE (bas).
Oui, ma Nicette,
Oui, Lucien.
> Dini-'
Ne craignez rien,
La noce est prête
NI cette'.
Mais l’oncle Bernard .
PERRINE
On le tientl
Depuis tantôt je le guette,
Avec Jacquet il est là!
BERNARD
Hélas!... hél as!...
JACQUET
Satan déjà Prend ses ébats.
ENSEMBLE
PERRINE
A présent tous trois à nos rôles.
(A Lucien.) Vous pas un mot, un baiser suf6ra^
(A part.) Il l’a, mafoi, joué déjà !
Nicette, à toi, je souffle les paroles.
Allons, de la plus haute voix.
(Elle parle bas, et Nicette répète.)
NICETTE
Oui, vous qui m’écoutez,
JACQUET
C’est Nicette, je crois .
NICETTE
Aujourd’hui je me donne un époux de mon choix. BERNARD.
Amours funèbres Dans les ténèbres.
JACQUET
Elle épouse quelque lutin Ou quelque méchant diablotin.
C’est certain.
NICETTE
Pour gage de ce doux hymen Mon amoureux, voici ma main.
(Elle tend la main à Lucien, qui la couvre de baisers bien accentués.)
Il l’embrasse?
Quelle audace I
BERN.\RD
Un baiser, puis deux plus forts, Ces démons ont le diable au corps.
PERRINE (bas).
Allons, courage.
NICETTE
Pour ce mariage.
Chacun de nous aurait besoin D'un témoin !
BERNARD
Un témoin!...
NICETTE
J’en sais deux qui ne sont pas bien loin !
(Elle s'approche de Bernard et de Jacquet qui se trouvent Tun près de l’autre; elle les prend par la main.)
Les voici I dans ce coin.
JACQUET
Pour la noce infernale On va nous engloutir.
C’est notre heure fatale,
Il va falloir partir.
(Ils tombent le liez en terre.)
PERRINE (d’une voix plus forte).
Et maintenant tout peut 6nir.
(Elle va dans la maison et rapporte deux lumières.)
Musique en sourdine à l’orchestre.
BERNARD
Eh bien ! qu’est-ce que je vois là?
PERRINE
Dame! Lucien et Nicette qui s’embrassent et que nous allons marier
Est-ce vrai ?
JACQUET
PERRINE
Eh oui ! nigaud. C’est pas plus sorcier que çal
Mais
PERRINE
Prenez garde ! .le dirai que vous avez eu peur et que vous avez cru à l’histoire de la charmeuse.... que j’ai inventée.
BERNARD
Comment, c’est vous?
PERRINE
Eh! oui
JACQUET
Et lui qui a eu peur!
BERNARD
Non! (Montrant Jacquet.) C’est cet auimal-là,...
N’importe
(La musique cesse à l’orchestre.)
PERRINE
D’ailleurs, nous sommes riches tous les deux, combien donnerez-vous à votre neveu?
BERNARD
Dame I je donnerai je donnerai
PERRINE
Eh bien! tope, j’en donne autant.
BERNARD
Ça me décide. Va pour le mariage ....
Et moi, comment donc que je vas faire pour faire une fin?
PERRINE
M’épouser ! le veux-tu, sans te commander?
JACQUET
Oh! oui! I! Et si un jour vous devenez veuve, je vous juje de ne jamais me remarier.
LA CHAKMEÜSE.
PERRINE
Tout fut conduit à la baguette La farce est faite,
L’enfer s’enfuit.
Lutin aimable >
Joua le tour.
Et ce bon diable.
C’était l’Amour.
Oui ce bon diable C’était l’amour,
REPRISE ENSEMBLK.
Tout fut conduit, etc.
Kl à* Invontrôl