CHAPITRE X
prendre que le sarcophage avait été ouvert, comme on a déjà dit, en 1799, et dépouillé des objets de valeur. Cette inspection, que la presse a justement traitée de profanation, n'eut d'autres résultats que d'enlever de Turne les derniers objets sans valeur qui y étaient restés et de disperser quelques parties des restes de Jean Galéas Visconti.
ENDANT la première période du séjour des Chartreux et dans les premières dix années après leur départ, les travaux de restauration à la Chartreuse n'ont pas eu un grand développement.
Plus importants ont été les ouvrages exécutés depuis 1890. Parmi les travaux extraordinaires devenus nécessaires par le long abandon de la Chartreuse, on doit mentionner l'arrangement général des toits de l'église, lesquels, particulièrement dans la nef principale, étaient depuis longtemps en mauvais état; on refit aussi le toit du vestibule, afin de décharger le poids de la corniche à lunettes décorée par Bernardin de' Rossi; une œuvre non moins importante fut l'achèvement de la plate-forme, le long du côté nord de l'église, le dégagement de l'abside de l'église, par la démolition partielle des bâtiments qu'on y avait adossés, et le dégagement de l'angle sud, de la façade du temple.
|armi les travaux d'art, on doit remarquer la recomposition des deux statues funéraires de Ludovic le More et Béatrix d'Esté, qui avaient été transportées à la Chartreuse en 1564, comme on a dit au chapitre précédent. Ces deux statues étaient restées jusqu'en 1830 encastrées verticalement dans la paroi de l'abside, derrière le
mausolée de Jean Galéas Visconti : en effet dans un guide de la Chartreuse, de 1817, on lit que : « les «deux statues sont enchâssées debout, derrière le « mausolée de Jean Galéas » ; tandis que dans un autre guide, publié en 1836, on lit: «dans les deux « demi-cercles latéraux de Tautel des reliques, furent «placées, il n'y a pas longtemps, les deux statues « gisantes de Ludovic et Béatrix ». Mais on ne pouvait encore considérer comme définitive cette disposition, car Texamen des deux chefs-d'œuvre ne laissait point de doute qu'ils étaient destinés originairement à se trouver l'un à côté de l'autre. En 1891 on prit donc le parti de réunir les deux statues gisantes, au milieu du transept, et tournées vers l'autel des reliques. Mais la nouvelle disposition des sculptures pouvait tromper le visiteur, et lui faire croire de se trouver devant un véritable tombeau; nous avons donc cru nécessaire de faire graver sur le soubassement cette inscription, qui rappelle l'origine et les vicissitudes principales des sculptures:
. SIMVLACRA • LVD • M • SFORTIiE • ET • BEATRICIS VXORIS •
• IN ECCLKSIA . POSITA • S • M • GRATIARVM • MBDIOL •