CHAPELLES DE GAUCHE
I^'« Chapelle (Sainte M. Madeleine). — Tableau d'autel par TAbbé Peroni de Pérouse: colonnes en ' « Lumachella » d'Egypte, bases et chapiteaux eh
bronze par Annibale Busca. Le devant d'autel est un ouvrage de marqueterie, par la famille Sacchi: à côté de Tautel on voit un lavabo soigneusement sculpté par les frères Mantegazza (1470).
Dans les médaillons de la voûte, Jacopo de' Motis (1478) a représenté des religieuses ; ces médaillons ont été repeints à Tépoque du renouvellement presque total des peintures aux voûtes et aux parois des chapelles.
Ijèrne Chapelle (Saifit Michel Archange). — Retable du Pérugin en six compartiments, dont il ne reste aujourd'hui qu'un seul, celui du milieu, en haut; les autres ont été enlevés à l'époque de la première suppression des Chartreux (1784), et après avoir appartenu à la famille Melzi, il passèrent à l'Angleterre, pour le prix de 100.000 francs. Les trois compartiments inférieurs ont été substitués par des copies, faites en 1586, et à la place de deux compartiments supérieurs on a mis deux fragments d'un retable du Bergognone. Les colonnes <ie l'autel sont en marbre de Portovenere: le bas-relief du devant d'autel est de Toraaso Orsolino, nommé Volpino, statuaire.
IlPme Chapelle (Saint Jean Baptiste), — Tableau de l'autel par J. B. Carlone; colonnes en marbre dit de France. La voûte renferme quatre médaillons avec des figures de Chartreux, malheureusement repeintes. Ils faisaient partie de la décoration de Jacopo de' Motis, artiste qui avait peint aussi le tableau d'autel, à présent disparu, dans lequel figuraient Saint Jean Baptiste et Saint Jérôme.
lyème Chapelle (Saint Joseph), — Tableau de Tautel par Pierre M. Neri de Crémone (1641): colonnes en albâtre oriental; bas-relief du devant d'autel « le Massacre des Innocents » par Dionigi Bussola
(1667). — Au dessus des petites portés de communication avec les chapelles contigues, on voit les traces de l'ancienne décoration: une Madone et un Saint Paul ermite, attribués au Bergognone.
Vème Chapelle (Sainte Catherine), — Le tableau de Tau tel est de Francesco del Gairo, élève du Morazzone: les colonnes sont en marbre dit «noir ancien». La voûte, décorée par Jacopo de' Motis, a été entièrement repeinte au XVII® siècle. Il reste encore à la fenêtre une partie de vitrail en couleurs, représentant Sainte Catherine vierge et martyre.
Ylème Chapelle (Saint Ambroise), — Le tableau de Tautel est une œuvre remarquable du Bergognone, qui l'exécuta en 1490. Saint Ambroise est assis au milieu de Saint Satyre, Sainte Marceline, Saint Gervais et Saint Protais: le pavé, dans le tableau, reproduit l'ancien pavé de l'église. Les colonnes de l'autel sont en marbre dit «rouge de France»: le devant est de G. Rusnati (1695). On voit une partie de vitrail en couleurs, avec la figure de Saint Augustin, œuvre qui, d'après les mémoires, serait de Jacopo de' Motis.
Vllème Chapelle (Madone du Rosaire). — Le retable est du Morazzone (Mazzucchelli Fr.) peint en 1617 ; colonnes en vert Polcevera; le devant d'autel est de l'artiste Volpino.
TRANSEPT (bras gauche).
Voir la III Planche.
Sur la petite porte de communication avec les chapelles de gauche, on voit une fresque du Bergognone, représentant VEcce Homo, avec un fond azur à têtes d'anges.
Monument funéraire de Ludovic le More ett BÉATRICE d'Esté. — Au milieu du transept de gauche, on voit les statues couchées de Ludovic le More et de Béatrice d'Esté, exécutées par Ordre de Ludovic, après la mort de Béatrice (1497), P^^^^ Cristoforo Solari dit le « Gobbo ». Elles étaient destinées un monument funéraire érigé dans le chœur de l'église de Sainte Marie des Grâces à Milan. Après la dispersion du monument, a la suite des troubles politiques de la première moitié du XVI« siècle, ces deux statues ont été transportées à la Chartreuse en 1564, et fixées à la paroi, derrière le mausolée de Jean Galéas. Au commencement de ce siècle, on plaça les deux statues, séparément, dans les deux absides latérales de ce bras du transept, où elles restèrent jusqu'en 1891 ; a cette époque, elles ont été placées au milieu du transept, l'une à coté de l'autre, selon la disposition primitive (voir la figure page 139).
Autel des SS. Reliques. — Tableau par Daniele Crespi, derrière lequel il y a un riche grillage en bronze, exécuté en 1629 par Jer. Castello, qui autrefois gardait les reliques : le devant d'autel en marqueterie est de Valerio Sacchi ; riches candélabres en bronze par Annibale Fontana, célèbre fondeur de Milan (1580). Dans la voûte, au dessus de l'autel, le Bergognone a peint le Couronnement de la Vierge, avec les figures agenouillées de Fr. Sforza et Ludovic le More : le fond azur est entièrement à figures d'anges. Le même peintre a exécuté les figures des saints sur les côtés de l'abside, et l'élégante décoration de la partie supérieure des parois et de la voûte. A la fenêtre de l'abside de gauche on remarque le vitrail en couleurs représentant Saint Jérôme, et dans l'autre fenêtre, en face, le vitrail ' avec la Nativité, qui est moins conservé.
Porte d'entrée à l'ancienne sacristie. — Sur le tympan de cette élégante composition on remarque
sept médaillons sculptés avec les portraits des ducs de Milan, depuis Jean Galéas, jusqu'à Ludovic le More. Alberto de Carrare sculpta en 1490 la médaille de Jean Galéas. On doit les autres à Benedetto Briosco, en 1497.
Ancienne sacristie. — A noter: les riches chapiteaux pendentifs qui portent les nervures de la voûte à fond azur étoile ; le tryptique en dent d* hippopotame, contenant 66 bas-reliefs et 94 statuettes avec de riches dorures, ouvrage de l'école florentine (1401- 1409); un tableau, Saint Augustin assis, par Bergognone. Le pavé est encore l'ancien, en briques. Dans cette sacristie on gardait les ornements et les vases de l'église, évalués 160.000 francs, et disparus à la fin du XVIII« siècle.
Coupole. — A remarquer la solution du passage du pian carré à Toctagone du dôme: la partie audessus de la petite loge a été recouverte par des ornements en stuc, à la fin du XVI® siècle, lorsque Pierre Sori et Alex. Casolani de Sienne ont peint la coupole. '
Chœur et maître- autel. — L'architecte Galeazzo Alessi a fait la clôture du chœur, en y employant des bas-reliefs du XV® siècle dans la paroi vers le chœur : les portes en bois ont été sculptées par Théodore Fris flamand, et par Virgilio de Conti. Daniele Crespi a peint les parois : les voûtes gardent encore l'ancienne décoration des frères Bergognone.
Bartolomeo de.' Polli de Modène exécuta en 1487- 1492 les riches stalles du chœur, dont les marqueteries en bois, avec des figures de saints, ont été exécutées par Pietro Vailate, probablement d'après les dessins du Bergognone.
La riche balustrade du maître-autel est l'œuvre de Carlo Simonetta: les candélabres et les obélisques en bronze ont été modelés par Annibale Fontana.
Le tabernacle du maître-autel est l'œuvre de plusieurs artistes: Fr. Brambilla a fait les portes en bronze, Angelo M. Siciliano les treize statuettes également en bronze, et Volpino a sculpté les anges qui flanquent le devant d'autel, dont le centre est décoré par un bas-relief circulaire, d'un travail très soigné.
Aux côtés de l'autel il y a des bas-reliefs très riches, œuvres des artistes Stefano da Sesto et Biagio da Vairano.
Le vitrail en couleurs de la fenêtre absidale, représentant l'Assomption, a été probablement exécuté d'après un dessin du Bergognone.
TRANSEPT (bras droit).
Porte d'entrée au lavabo. — La Porte d'entrée au lavabo, qui fait pendant avec la porte de l'ancienne sacristie, présente la même disposition générale, quoique différente dans les détails : elle porte les médaillons avec les portraits des duchesses de Milan.
Lavabo. — A noter les chapiteaux pendentifs de la voûte. Le lavabo a été exécuté par Alberto Maffioli de Carrare en 1490 ; un fond noir rehausse les ornements dans les frises.
Au milieu de l'arc est placé le buste d'un personnage inconnu, qu'on a supposé être le premier architecte de la Chartreuse : mais c'est plus probablement le Prieur qui a fait exécuter le lavabo.
Le puits, avec des médaillons en marbre noir, est aussi très remarquable. Une des fenêtres garde un précieux vitrail en couleurs, représentant Saint Bernard et le démon: avec la signature: « opus Chri- STOFORi DE MOTis 1477 ». La fresquc de Bernardino Luini, qu'on voit à gauche de l'entrée, était autrefois dans une des cellules du cloître.
Mausolée de Jean Galéas Visconti. — Le riche tabernacle, sous lequel est située l'urne qui garde le corps. du fondateur de la Chartreuse, est Toeuvre de Cristoforo Romano, qui T exécuta de 1492 à 1497 : dans la partie supérieure on voit six bas-reliefs représentant les principaux épisodes de la vie du premier Duc de Milan. La statue de la Vierge avec T Enfant, est de Fr. Briosco, collaborateur de Cristoforo Romano dans ce travail.
L'urne, sur laquelle est couchée la statue de Jean Galéas, a été exécutée sur les dessins de Galéas Alessi vers 1560; les deux statues de la Renommée et de la Victoire, assises aux extrémités du sarcophage, ont été sculptées par Bernardino da Novate, à la même époque.
La fenêtre derrière le monument garde encore le vitrail en couleur de Saint Grégoire Magne, avec les armoiries des Sforza dans l'encadrement.
Autel de Saint Brunon. — Retable par Cerano (G. B. Crespi): le devant d'autel est de Tommaso Orsolino : les candélabres en bronze, différents de ceux de Tautel des saintes Reliques, ont été exécutés par Annibale Fontana.
Dans le voûte absidale, au-dessus de Tautel, le Bergognone a peint Jean Galéas à genoux, offrant à la Vierge le modèle de la Chartreuse, avec ses fils Philippe Marie, Jean Marie et Gabriel.
Nouvelle sacristie. — A droit de Tautel de Saint Brunon, il y a la porte qui conduit à la nouvelle sacristie.
Les parois, dans la partie inférieure, ont un revêtement en bois sculpté par Virgilio de Conti et G. Favorino, vers 16 15. La voûte a été peinte par Pierre Sorî en 1600. Le retable de Tau tel est de Andréa Solari, et a été achevé en 1576 par Bernardino Campi. Au milieu de la sacristie on a mis en 1886 un meuble
renfermant les treize «Corali » et les antiphonaires qui en 1782 avaient été transportés de la Chartreuse a la Bibliothèque de Brera, à Milan, et qui ont été restitués seulement en 1883. Au-dessus de la porte d'entrée se trouvent quelques tableaux: on voit au milieu un retable exécuté pour la Chartreuse par Bartolomeo Montagna en 1490: à côté quatre fragments d'un autre retable du Bergognone, et deux figures attribuées à Luini.
Porte d'entrée au petit cloître. — La porte d'entrée au petit cloître est attribuée aux Mantegazzà : les bas-relief de la lunette est à fond azur, comme les trois médailles de Jean Galéas, Philippe Marie et François Sforza dans l'archivolte.
La petite porte d'entrée aux chapelles de droite est surmontée d'une fresque de la Vierge avec l'Enfant, par Bergognone.
Petit cloître de la Fontaine. — Le petit cloître, dit de la fontaine, est presque carré; avec 50 arcades portées par des colonnes en marbre. La décoration des archivoltes et de l'entablement entièrement en terre cuite, est de Rinaldo de Stauris (1463-1478). La porte très riche qui met en communication le cloître avec le transept est de Antonio Amadeo (1466), qui a mis son nom sur le socle du bas-relief central : du côté du grand cloître, on voit le lavabo des moines en terre cuite.
RÉFECTOIRE. — Pourtour en boiserie sculptée: au milieu de la voûte à lunettes, avec médaillons de saints, peints en partie par les Bergognone, on voit une médaille sur fond d'or, qui représente la Vierge allaitant l'enfant Jésus.
La grande fresque sur la parois du fond — La Cène — est d'Octave Semini de Gênes (1567), peintre qui a travaillé aussi dans la grande salle du Palais Marino à Milan.
Porte du petit cloitre.
Jean Antoine Amadeo (1466).
Bibliothèque. — A gauche du passage qui met en communication le petit avec le grand cloître, il y a la salle de l'ancienne bibliothèque des Chartreux, dont les volumes les plus importants se trouvent, à présent, à la Bibliothèque Ambroisienne de Milan.
Grand cloître et cellules. — Le grand cloître, dont le plan est presque carré, a 123 arcades portées par des colonnes, alternativement en marbre blanc et rouge, qui soutiennent les arcs et T entablement richement décorés en terre cuite par Rinaldo de Stauris (1463- 1478). Les portiques relient les 24 habitations des Chartreux, entièrement isolées Tune de l'autre, ayant chacune son petit jardin et son portique. Ces habitations, construites dans les premières années du 1400, et reliées d'abord par une simple toiture, ont été modifiées d'abord à l'époque de la construction du portique et une seconde fois en 1514.