‹ La Chartreuse de PavieChapitre 40 sur 69 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

contre de la nef principale avec le transept — un monument sépulcral à leur fondateur, qui était couronné par la statue du Duc, placée encore plus haut que l'autel: sous la statue il y avait le cercueil, qu'on pouvait ouvrir aisément, de sorte qu'au moyen d'une échelle on pouvait voir les restes de Jean Galéas. Il nous paraît assez étrange que la statue équestre du Duc ait complètement disparu; peut-être les Chartreux, à cause de la délibération déjà adoptée à l'époque de la visite de Commines, d'ériger un monument plus somptueux à leur fondateur, n'ont-ils voulu laisser aucun souvenir de la sépulture qu' ils avaient provisoirement érigée derrière l'autel.

elon les notes du Prieur Mathieu Valerio « Maître Jean Christophe Romano sculp- « teur, fit l'arche, ou sépulture, avec les « histoires du Duc Galéas ; le travail dura «jusqu'à 1497, et fut payé 8000 livres v<avec 100 livres de cadeau».

Ce sculpteur romain était fils de Isaïe de' Ganti de Pise, qui avait travaillé à l'arc de triomphe de Castelnuovo à Naples, et à la Basilique Vaticane. Il se rendit en suite en Lombardie, et montra bientôt son habilité par le buste de Béatrix d'Esté qu'on admire aujourd'hui au Louvre. Ce travail lui procura sans doute la commission importante du monument funé- 1 aire de Jean Galéas ; il eut pour collaborateurs dans cette œuvre, Benedetto Briosco, et Jacobino de Boni, qui au mois de janvier de 1494, alla à Carrare pour la provision des marbres «pour la perfection du tombeau ce Jean Galéas». Le travail de Jean Christophe Roîano dura de 1494 à 1497 Xtoforus habitavit in ChariUsia ab anno 1494, usq. ad 1497), période de temps î elativement court, si l'on considère la richesse et la ariété des ornementations et des bas-reliefs du mau-

solée. Jean Christophe laissa son nom sur l'entablement du mausolée (voir la gravure à page 99), et Benedetto Briosco laissa le sien gravé en bas de la statue de la Vierge, placée sur le haut du mausolée, du côté du transept. Le même artiste exécuta à la Chartreuse d'autres travaux parmi lesquels le portail de Téglise. Il est mentionné aussi par Lomazzo comme l'auteur des batailles sculptées en bas-reliefs sur le tombeau de Lautrech (il voulait dire Gaston deFoix), dans l'église, à présent démolie, de Sainte Marthe à Milan.

Tandis qu'on travaillait au mausolée, les moines s'occupaient à préparer un cercueil précieux pour y renfermer les restes de leur fondateur. En 1495 ils commandèrent à Jean Antoine de Desio, un cercueil en « pierre de roche, de rubins, d'émeraudes, pour la sépulture M.* qdam domini Jon. Galeat. fundatoris dS Mon. rii ».

C'est aux préoccupations politiques des dernières années de la domination de Ludovic le More, que l'on doit attribuer le retard mis à satisfaire les dernières volontés de Jean Galéas, puisque son tombeau resta plusieurs années encore derrière le maître-autel.

e 3 mai 1497, un siècle après la cérémonie de la première pierre, le Cardinal Bernardin Lupo de Carvajal, évêque de Sagunto et légat du Pape, consacra l'église avec l'assistance de plusieurs évêques, protonotaires apostoliques, abbés, en présence des ambassadeurs d'Espagne, de Sicile, de Venise, de Florence et de Novare, qui avec Ludovic de Milan s'étaient rendus à la Chartreuse.

Pour la circonstance on prépara des décorations avec les armoiries ducales, peintes par Benoît de Marliano: et le souvenir de la cérémonie nous reste dans un des grands bas-reliefs du portail de l'église

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