‹ La chasse à l'héritage [microforme]Chapitre 10 sur 47 · SCÈNE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE NEUVIÈME

DEUX VOYAGEURS, FANFAN, VAUBERT, La CoGNox.

ro

PREMIER VOYAGEUR. Bonjour la compagnie !

SECOND VOYAGEUR. Bonjour la compagnie, c’est vous qui êtes le maître de la cabane ? (Æntre la Cognon.)

La Cocnon. C’est moi !

PREMIERVOYAGEUR. Traitez-nousalors!

j'ai soif.

VAUBERT (à Fanfar). Les connais-tu ?

FaANrFAN. Non !... Ils sont joliment pleins tous les deux... ce sont des sauteurs de cages, regardes le costume... ils doivent avoir des fonds !...

PREMIER VOYAGEUR. Hé vous autres, les amis, c’est moi qui paie ici ce soir.

FANFAN. Ce n’est pas de refus.

+ ul :

EN, ge

PREutER VoyAGEUR. Nous sommes en plaisir ce soir, et on a de quoi payer. (Z/ frappe sur sa cuisse et fait résonner des Pièces d'argent.) . LA CoGnon, Servez-vous messieurs.

(Tous se servent à boire.)

SECOND VOYAGEUR. A la santé des amis et de la bourgeoise !

La CoGnon, Alors je prends un verre moi aussi. (Æ//e se verse à boire.)

Tous. A la santé des amis |

PREMIER VOYAGEUR, Hé ! ho ! la bourgeoise, ta boisson est baptisée double, faut boire double pour y goûter un peu.

Amènes encore tes cruchons...tu t’appe!les la tomate hein, toi ? (Æoguet.)

LA CoGNON (ofensée). Pas plus tomate que t'es un concombre ! mangeur de lard |

VAUBERT. Tais toi donc, la Cognon, tu ras pas compris le monsieur ! (?ezdant ce dialogue le second voyageur sort. Au premier voyageur.) Mais votre ami est sorti ?

PREMIER VOYAGEUR. (Æbquet.) Il va rentrer, buvons en attendant. (7/7 avale un grand verre de boisson.) Hé donc | la femme | ta cambuse tourne ! As-tu un banc ?... ta lampe fume, (Æoguet.) le plancher va défoncer. (Æoquet. I! chan-

celle et va s'allonger sur une banquette. La Cognon sort par La porte latérale.)

VAUBERT. Attention, Fanfan !

FANFAN. Ça y est !... mais l’autre va rentrer,

VAUBERT. Il n’y a pas de danger, il est aussi saoûl que celui-ci, et il doit-être allé dormir sous la remise.

FANFAN. Que veux tu faire ?

VAUBERT Dégraisser celui-ci, puis

. l’autre, et après, filer.

FANFAN. A pied ?

VAUBERT, Non! en voiture ! Je suis parvenu. à arrêter un cheval attelé, à deux arpents d'ici Je l'ai remisé derrière la -Maïson, sans bruit, et j'ai prêté le mien -en échange, comprends-tu ?

FANFAN. (Pensif ).. Ah oui, oui! et après P

VAUBERT, Je'te conterai cela en détail ‘une autre fois. En attendant, à l’œuvre !

FaNraAN. (7 enlève au voyageur endormê un céinfuron de cuir.) Voilà le chat!

Comptes ça toi. …

VAUBERT (après avois compté). Deux

l cents piastres ! Je te les donne—prends

les et écoutes moi.—Ce soir, j'ai visé un coup qui a manqué, mais je vais m'y prendre d’une autre façon. Demain soir,.

tu iras avec Filfin, prendre en cachette une des chaloupes de Vincent,.et tous les deux, vous irez m'attendre au bout du grand quai Bonsecours,. avec une corde attachée à un caillou... au moment où!

je sifflerai vous m'attaquerez ainsi que celui qui m'accompagnera, vous ferez semblant de m'assommer,.je tomberai par terre, vous baïillonnerez l’autre et vous le jetterez à l’eau avec la corde et le caillou ... Comprends-tu P

FANFAN (pensif). Un peu, oui, et après P |

VAUBERT. Après... VOUS vous en: irez sans dire un mnt... et, si vous ne me voyez point demain. soir, à l'endroit désigné, vous y retournerez tous les soirs, jusqu'à ce que vous m'y rencontriez.

Comprends-tu ?

FANFAN Un peu plus, oui, et après ?

VAUBERT,. Après ! après ! On verra !

FANFAN, On verra ! Quoi ?

VAUBERT. Une petite fortune à: diviser en: trois:

La CoGNon (rentrant). Faites pas de sottises vous autres, les pierres parlent, vous savez !

VAUBERT (ex montrant 1m coutelas).

Les femmes aussi parlent... Vois tu ce joujou 1à?... Il va servir à te couper la parole, si tu l'as trop longue, la cousine !

(A Fanfan qui est resté pensif.). As tu compris ?

FaNrAN (après un moment d’hésitation).

Oui, assez.

VAUBERT. Allons-nous- en alors... Bonsoir la Cognon ! tu soigneras bien tes

deux blessés ! (Waubert et Fanfan sortent.)

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