SCÈNE PREMIÈRE
La COGNON, rénçant des verres au lever du rideau.
(Vaubert assis près d’une table au milieu de la scène).
À quoi donc penses-tu Vaubert ?
VAUBERT. (sèchement) A rien....
LA CoGNox. Tu as l'air d'un homme qui a perdu un pain de sa fournée ?
VAUBERT. Dis donc plutôt,
Fe
d'un
homme qui voudrait avoir du pain blanc pour ses vieux jours....
La Cocnon. Ce n’est pas ici que tu en gagneras, et ce n’est pas ce soir que tu travailleras ; il fait un temps de loup dehors, ta journée est perdue... tu ferais
mieux d'aller te réconforter auprès de la demoiselle que tu sais !
VAUBERT. Elle n’est pas chez elle.
LA CoGNon. Qu'en sais-tu ?
VAUBERT. Je l'ai rencontrée il n’y a pas deux heures, alors que le temps était beau ; elle était accompagnée de sa mère, de son frère, et d’un ancien zouave qui paraît vouloir....
LA Cocnox. Te faire concurrence ?
VAUBERT. Oui.
La Cocnox. On fait disparaître ça, la concurrence !
VauBERT. C’est pour cela que je les ai suivis jusqu'ici, avec ma voiture que j'ai cachée sous ta remise. Ils vont probablement reprendre le même chemin pour retourner à la ville,—leur cheval est facile à effrayer... et...
La CoGnon. Tu veux préparer un petit accident !.... dans ce cas, arranges-le pour qu’il arrive tout près d'ici, ça me rapportera quelque chose, à moi aussi...
VAUBERT, Et tu auras soin de retenir ta langue ?....
La Cocnon. Bien sûr, je te le promets..., 1!
VAUBERT. Au revoir la Cognon !
LA CoGNnon. Au revoir cher cœur! ..
(Vaubert sort).