‹ La chasse au lion [microforme]Chapitre 11 sur 43 · ER" JO · texte numérisé non relu

ER" JO

au douar, je le renvoyaï et m’approchai douce. ment de la caverne jo is laquelle ma bète avait disparu.

L'entrée était téllément étroite, que je ne m'expliquais pas comment cette panthère, qui était presque de la taille d’une lionne, avait pu passer par là. ,

Si les traces qu’elle avait laissées sur le sol et contre les parois ne m’avaient donné l’assurance qu'elle y était, , j'a ’aurais craint de m'être bah

‘Un tentisqué, qui se trouvait Là ‘environ dix pas sur la droite, et en amont du rocher, me parut un poste commode, et je le in pe ÿ'preser la nuit.

Jeïme plaçai de manière à. n'être aperçu ‘par l'animal que lorsqu’ il aurait fait quelques pas au dehors de sa demeure, et j'attendais.

‘Vers les dix heures, plusieurs éternuments répétés ét bruyants se firent éntendre derriète ‘moi et de l’autre côté du lentisque, La lune n'étant pas encore levée, je craignis une sürprise et ne pus résister à la tentation de voir ce qui se passait derrière moi et aussi près.

Dans le mouvemetit que je fis pout mé retourner, mon fusil effleura une branche, j'en: tendis une espèce de soufflement comme celui du chat, puis le bruit d’un animal qui fuyait,

ji au Die | et, lorsque je me levai à ka hâte, j’aperçus Îa panthère rentrant dans le rocher.

J’attendis jusqu’au jour sans qu'elle osût sortir, |

. Arabe m ayant amené, mon m cheval, ; je regagnai le camp en me promettant de revenir Je.soir... 1.

Cette seconde nuit. fat Sans résultat comme la. première: …

Lä panthère mit A ou trois fois le nez dehors, puis elle reutra d’efloi dès qu’elle s'aperçut.qu'il y. avait danger pour elle.

88 passai ainsi dix nuits consécutives sans Jens avoir occasion de la tirer...

, Le.onzième jour, an .berger. vint. me dire pa il avait vu, vers midi, la panthère buvant à ä une.source située près du rocher.

..«d’allai reconnaître la source dont on m avait parlé, et.j'y.trouvai, entre autres voies nombreuses celles de ma bête, qui. paraissait y veair tous les jours à l’heure.où la forte chaleur fait rentrer les Arabes et leurs RURAUX dans les douars. .

. Cette source était oonatis par ua . buisson épais, dans. lequel je pouvais me. placer. sans être vu et tirer : Lanimal à à bout Portants: C'est ce que.je fis. 84

Vers midi, une compagnie de Liebe rouges arriva potr se désaltérer.

‘Aumoment où lés premivts cominençaient à boire, le co ou là poule. je'ne sais lequei des déux, se mit à rappeler avec inquiétude, et tous disparurent ‘sous ‘bois:

At'même itistant j'entendis un léger frôlerent dans les branchés, et lä panthère m'appartit, le cou'tendu et la ‘patte en l'air, dans la position du chien en arrêt,

‘Elle pouvait être à cinq ou si pu ‘de moi et me ‘présentait lé flancs

:-J'ajustai satis qu’elle me vit, entre l'œil ct l'oreille, et je‘pressai la détente. à

Elle tomba comme rasé et sans tif sérum cri

Cette 'paivre bite était: Baise un: état dè maïgreur tél, que je me décidai à l'ouvrir à FINE même! pour en ‘réchércher la cause.

Elle n'avait pas mangé: depuis le: jour où | dits avait aperçu un ré ét un: anil Lors:

de sa détente.

Depiis ‘tette réhicontre, paf juge la hnthère tn animal: rusé; ar din À ob Hs firéffensif ét timide.

Oonimè il est assez bien armé et: doué d'une force musculaire assez grande pour lutter avec avaütage contre l'homine, on'tiè peüt attribuer sa couardise qu'à ‘un: vice d'organisation inhérent à son espèce'et qui lui donne'une grande

ressemblance avec:ces, hommes bâtis.en Heroule, qui ont la force d'un:cheval de trait et le courage de la femme qui se trouve mal en voyant le feu prendre. à sa cheminée.

‘À ce,sujet, les Arabes ont une tradition assez onrieuse que je donne: pour ce qu elle vaut. … C'était à l’époque où les animaux parlaient ; on voit que cela date de loin, :. ,:, :… Une bande de vingt lions, venant, du sud.

arriva sur la lisière d’une.forêt habitée par un grand nombre depanthères,. qui dépêchèrent un de leurs réprésentants afin de. pars avec:les.roïs chevelus.,: 6 À Après bien des st et des mais, s, l'envoyé via rondre:compte du:résultatide sa; mission, dont le résumé était que les lions : trouvaient. cette forêt à leur convenance et. qu ‘ils allaient, en prendre possession :: libre à .0es dawnes d’essayer. de. la défendre .ou de ; l'évacuer aurlechamp. Celles ci, indignées, décidèrent qu’on se battrait'et qu'on prondenit l'offensive. : : La. tradition. ajoute qu'un, sen} rugissement, poussé par les vingt lions à la fois, suffit pour mettre les assaillantes en . déroute, et que, .depuis cette époque, la.panthère grimpe. comme le chat, ou se terre comme:le renard pour éviter la rencontre du, maître qu’elle a osé provoquer. et dont elle redoute la. colère...

Les Arabes ét'les Kabylés ont peu à souffrir

du voïsitiäge de l'panthère ; aussi est-il rare

qu'ils la chaësént, et lofsqu’ il le nu Mme ‘en battue,

Lés uns traquent, les autres se postént, et, à moins que l’animal ne se réfugie Mecs üne Ca: vêrniè, il est totijours tué.

! métitelois, lorsqu'il est grièvement bless et qu’on'le suit aux rougeurs, il est bon de prendre garde à soi, parcé qu’alors il joue des griffes et des dents comme tous ceux de son espèce.

Les indigènes ont un moyen très-ingénieux pour tuer la panthère sans danger ni peine, et presque toutes les dépouilles qui sont apportées sur nos marchés ont été obtenues par ce moyen.

Soit qu'il jette une brebis morte sur le passage habituel de l’animal, soit qu’il trouve les restes d’un sanglier ou d’une bête dont il s’est repu, celui qui convoite sa dépot : /: laisse la panthère y revenir plusieurs fois; puis, lorsqu'il ne reste plus que quelques débris pouvant suffire à son dernier repas, il les enlève, ne laissant qu’un morceau de chair de la grosseur du poing.

Cet appât est traversé par deux ou trois ficelles qui vont se fixer aux détentes d'autant

de fusil braqués sur lappât, au moyen de:piquets plantés en. terre et soigneusement couvorta de broussailles, ainsi que les fusils. Cette opération terminée l’homme va passer la nuit devant la porte de son ani is de sa tente pour. .écouter.

A la pointe du jour, 8 s'il a pi la détonation de sa batterie, il rerient et: tour la paRthère more aux ARHIFORS, de Hp

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CHARITRE IF L'HYÈNE

Par une belle matinée du mois d'août 1844, .

je sortais à cheval du camp de Ghelma,. et m'acheminais vers la montagne de la Mahouna, eur l'appel de ses habitants, Rip avoir parte environ une Joie en |

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sur Je sentier que.je suivais, un animal à tous crins, d'une physionomie Fepramante, et qui semblait boiteux.

C'était une hyène que Îlej jour avait surprise, et qui,. honteuse et penaude, regagnait sOB terrier, elopin-clopant. | ; |

J'avais laissé mon fusil entre les mains. ‘de || l'Arabe qui m'aväit été délégué ‘par les siens | et était resté en arrière. N'ayant d'autre arme que mon sabre, je le tirai hors du fourreau et hargeai, la bête,

Dès qu'elle me vit, elle se jeta en dehors du ehemin et disparut sous les broussailles qui le bordaient, Je pus bientôt, sinon la rejoindre,

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du moins la revoir et la suivre jnsqu’an pied d’un rocher où elle disparut.

Après avoir mis pied à terre.et attaché mon cheval à un arbre, je m’avançai vers l’ouverture dans laquelle l’hyène était entrée, et je reconnus avec joie que c'était une ancienne carrière, si haute et si large, qu’il ne tenait qu’à moi de l’y suivre, les coudées franches et debout. |

Deux minutes: après, nous étions en prêsenee, si près l’un de l’autre, que je: séntaïs ses dents mordre la pointe dé ton sabre: mai je me voyais rien, À cause de la profndout du trou,

‘Je me mis à genoux, je féral les yeux un instant, et, lorsque je les rouvris, je distinguaÿ assez bien la bète pour savoir o& la frapper J'eus d'abord quelque peine à retirer de sa gueule 1æ pointe du sabre, qu’elle tenait à garder; puis quand elle l’eût lächée, | » je plongeai la latte en pleine potirine jusqu’à la garde, tournant l'a maïr pour élargir lés voies. |

Une espèce de grognement sourd fut sa séule réponse, et, lorsque la lame sortit du corps, fu-

‘ mante et nauséabonde, l'animal était mort.

‘ J’allais le prendre par une patte pour essayer de letirer dehors, lorsque J’entendis un bruit de voix à l'entrée de là carrière; c'était mon

Arabe, accompagné de quelques moïssonneurs qui m’avaient vu chargeant l'hyène et mettant pied à terre au pied du rocher.

Lorsqu'il vit la lame de mon sabre rougie du sang de l'animal, mon guide me dit:

—Remercie le ciel, qui m'a fait. rester en arrière avec to fusil, et ne te sers plus jamais de ton sabra à la guerre, parce .qu’il te trahirait,

Comme j je ne paraissais pas. ‘comprendre le

sens de ses paroles, il ajouta: ,

.—L'Arabe qui trouve une hyène dans son trou prend une poignée de bouse de vache, et la lui présente en disant :, # Viens, que je te fasse belle avec du ‘henné (1). ” L'hyène tend la patte, Arabe la saisit, la traîne dehors, puis il la bâillonne et la fait lapider par les femmes et les enfants du douar comme un animal l8che et immonde.

Sans prendre à la lettre ce que me disait mon guide, je compris que J'avais commis une bévue qu’il me faudrait réparer d’une manière éclatante, pour imposer silence aux mauvaises langues dans les tribus.

D) Les Arabes ont l’habitude de teindre leurs on< gles, ceux de leurs femmes, ainsi que la crinière, la queue, le garrot et les jambes de leurs cheveaux avee une teinture rouge qui est le henné.

L'hyène se tient pendant Jai jour, tantôt dans des ravins très- boisés et’ éloignés des douars, tantôt dans des- terrièrs ou dés anfractuosités de rochers.

À la nuit, elle quitte sa demeure pour aller rôder au milieu des ‘imetières arabes, qui ne sont jamais défendus ni par des murs ni par des fossés où des haies, °°,

Elle détérre les morts et mange jusqu’ aux ossements ; lorsque la faim la pousse par trop et qu’elle n’a rien trouvé ailleurs, elle ‘ vient jusque sous les murs des Cain} set des villes

pour y & ‘éhercher une bête morte oû “quélques sait en putréfaction. É

Le seul anjmal vivant que l'hyène 086 attaquêr est le chien.

l'est bon de dire que jainaïs un de ces a imaux ne marche seul. On les rencontre to jours deux ensemble, Quand ils veulent ms ger.un chien, ils s’en vont rôder tout exp ë8 autour d'un douar qui se trouve hr € ms ‘un pays couvert,

Te femelle sé poste derrière une broussill et le mâle ‘va ée faire voir aux Chiens, qui le chargent à outrance j jusqu’au posté de sa moitié. Celle-ci se montre au moment opportun, pour prendre, étrangler et dévorer, séance tenante, le chien qui s 'acharnait le plus sur son époux.

Il arrive quelquefois que les Arabes interviennent et assomment à coups de bâtons les mangeuses de chiens, qui, du reste, ne se livrent à ces exercices que lorsqu'elles jenent depuis plusieurs jours.

Je profite de l’occasion pour relever une erreur généralement répandue en à Algérie au Sujet dé cet animal.

Souvent dans les villes et les camps, plus souvent encoré Au bivouac; la nüit, on entend un cri ratque qui ressemble ‘à celui d’un’ gros chien énroué,'et tot le: inohde de dite: * * En tendez-vous l'hyène?" "2 1" 25p duré

‘Quant à l’hyène, la péut lémipéche dé crier : mais élle grogne comme le ‘chien lorsqu'elle est au, carnage, ou, à l’époque du rüt, äuand plusieurs mâles s6 disputent la à ot d’une feméllé.

Quoique les chiens courants donpent: sur Ta

voie de l’hÿène avec la même fureur que sur celle'du éhacäl, qu'ils chassént à oütrancs, je classe cet animal parmi ceux qui 86 “tuént LL ne se chassent pas.

Les Arabes disent : Zäche comme une hôte .

et les Arabes ont raison, À

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