SCENE I
SAINTE- AMARANTE, RODOLPHE. (Ils entrent par la deuxième porte à droite.)
SAINTE-AMARANTE
Or ça, pendant qu'ils achèvent de prendre le café, convenons de M faits.
RODOLPHE
Convenons d’abord que je suis un fier luron 1 Y vais-jo assez gaiement, h co gouffre! Votre sang vous fait un peu d’houneur, hein?
SAUTE-AMARANTE
C’est vrai, mon ami, je suis content de toi. Jo ne regrette plus que le ciel m’ait refusé un fils.
RODOLPHE
Ni moi non plus.
SAIftTE-AM tRAXTK.
Seulement, tu es un peu gris.
RODOLPIIR.
C’est possible, de joie et d’amour.
SAlftrE-AMlRANTR
De vin du Rhin aussi.
RODOLPHE
Il fallait bien griser ce satané Pietranera pour assurer nos «fer rières ; il est h peu près ivre, et j'en ai les éclaboussures. Jo iTon sais quo plus en train d’enlever. •-
SAINTE- AMARANTE
Il faudra nous assurer d’uno chaire de poste, pour dix heures.
RODOLPHE
Et de l’argent?
SAINTS* AMAR Alt TB.
Sois tranquille; les femmes qu’on enlève emportent toujours leurs diamants.
RODOLPHE
Attention délicate I
SAINTB-AMARANTS.
Quant è moi, jo me déguise en cor ber et monto sur le siège.
Rodolphe.
En cocher?
sainte-amarante.
Tu verras : carrick mira belle, perruque de laine frisée, chapeau sans cocarde. Il faut un air de mystère. (Il ta regarder « /a deuxième porte à droite.)
RODOLPHE
C est jusio, on n’a jamais fait d'enlèvement sans un ami déguise on cocher sur le siège.
SAINTE* AMARANTE
Tout concourt h nos proje ts. L’ogre, gorgé de viande et de vin, s esl cndoriï.i sur sa chaise, (‘rutilons du son sommeil. Occupe-toi de la bctline; moi, jo vais m ‘occuper du cocher. (// sort par le fond.)
' RODOLPHE, Seul.
Au premier relais, je détale, et je laisse le cocher achever 1 aventure... Il t’en cuira, mon vieux! (Il sort par le fond.)