‹ La chasse au roman comédievaudeville en trois actesChapitre 6 sur 42 · SCÈNE tll · texte numérisé non relu

SCÈNE tll

SAINTE- AM A H A NTK , VA LEXTIN.

SAINT S- AMARANTE

Valentin! dans mes bias, sur mon cœur, mon élève!

VUIITH.

Ah ! c’osi vous, monsieur lu chevalier t bonjour.

BAlNTB-AM.tH ANTE, Ù püil.

Quel accueil glacé !

VALENTIN

Vous arrivez de Nantes; moi, j’y retourne.

SAINTE-AMARANTE

Que signifie, jeune homme, et que veut dire?...

VALENTIN

Ola veut dire, monsieur lo chevalier, que Je suis un jeune gobe-mouchc et que von* «Vsim vMix...

SAINTE- AMARANTE

Ventre de bicho, monsieur !

VALENTIN

Je vivais heureux aux Cormiers, dans la propriété de mon oncle Horhatiibault, le meilleur des oncles ; sans vous j’y serais encore... J'aurais épousé rua cousine Louisatmo à sun retour de la Nouvelle-Orléans. Je l'aimais snns la connaître. Ce mariage comblait les vœux do mon oncle et les miens. Oui, monsieur le chevalier, et les miens... Outre qu’elle est charmante...

SAINTE-AMARANTE

Charmante ! Vous oc Pavez jamais vue !

VALENTIN

Nous nous sommes connus enfants. Ella était bonne déjà ; elle promettait d'être belle, et co n’est pas la fortune qu'a depuis amassée son père...

SAINTE- AU A R ANTE

La fortune ! nous y voilà ! En quoi temps vivons-nous, juste ciel!

• VALENTIN

Vous en penserez tout ce que vous voudrez* Toujours e*t-il que je vivais content quand la fatalité vous a jele sur mon chemin.

SAINTE-AMARANTE

11 était joli, votre chemin! lino ornière!

VALENTIN

Une ornière creusée par lus gcus heureux, préférable cent fois à tous vos sentiers do traverse.

SAINTE-AMARANTE

Ventre do biche, monsieur !...

VALENTIN

Ah! ventre de biche tant que vous voudrez!... Je croyais aimer ma cousine; vous m'avez prouvé que jè la haïssais. Vous m’avez appris à traiter du haut en bas le* joies faciles que lu bon Dieu ayau mises sous ma main, et, cuuiuiu s'il n’eût pas suffi do vus discours, vous m’avez infecte du poison de vos lectures

Que parlez-vous do poison ?

VALENTIN. '

Bref, sur la foi de vos promesses et de vos romans, j’ai quitté les Cormiers .J'ai mis mon oncle sens dessus dessous, et, tournant le dos au bonheur, je suis venu à l’aris chercher des aventures. A vous entendre, elles allaient partir sous mes pieds, commodes compagnies do perdreaux. Qu’ui-je trouré?

SAINTE-AMARANTE

ingrat , c'est là que je vous attendais. Oui , jeuno hommo, qu’avez-vous trouvé?

VALENTIN

Grâce h vous, je croyais aux femmes opprimées, aux maris féroces, aux jeunes filles sacri liées par des parents barbares. J’avais révé des provocations héroïques, des rencontres chcvaleicsques...

SAINTE-AMARANTE

Eb bien, jeune homme, ch bien?

VALENTIN

F.h bien, monsieur le chevalier, des maris débonnaires, des jeunes filles très-pusitivos, des femmes suffisamment libres, d* s amis qui se déchirent ot des ennemis qui sombrassent : voilà ce que j’ai rencontré. Quant aux aventures do cape cl d’épée, uuo io ciel ine confonde si j’en ai vu seulement la queue d'une!

sainte-amaiiantk. j

Pas possible !

VALENTIN

C’est comme je vous le dis.

Des femmes voilées ne se sont pas, le mois dernier, introduites dans votre chambre ?

Allons donc!

VALENTIN

Vous ne recovez Allons donc !

SAINTE AMARANTE, pas de billets parfumés ?

VALENTIN

sainte-amarante.

Vous n’avez pas trois duels par semaioeî valentir.

Allons donc ! (Il remonte.)

sainte amarante, ù pari*

Fl ce coquin^ do Lapierro à qui j’ai donné deux pisloles! [Haut.) Je no m’eu défends pas, jeune homme : je suis vienne.

VALENTIN

Enchanté de vous avoir vu, monsieur le chevalier. Je para eo soir; je viens de retenir ma place.

SAINTE-AMARANTE

Faible courage! Êtes-vous déjà las de chercher et d’attendre? vous ne partirez pas sans avoir vu mon neveu Rodolphe. Il me. «ai 1 arrivé. Il sait que je l’attends. Je ne m'explique même son retard que par quelque aventure extraordinaire.

Laissez-raoi donc tranquille, monsieur le chevalier!...

Rodolphe, en dehors.

Où est-il, co bon oncle? (Il entre par le fond.)

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