LA SOCIÉTÉ DES CHASSES DE ÏIAMBOOIUET. M
veneur aussi fervent que l'cx-locataire de Morte-Fontaine et de la Varenne-Saint-Maur, la forêt ne tarda pas à devenir un théâtre digne du meilleur équipage ; 1rs échos endormis se réveillèrent au bruit des joyeuses fanfares; les étangs do Saint-Hubert et de Hollande, ces magnifiques pièces d'eau témoins de tant d'hallalis fomeux, virent de nouveau se pré* cipiter sur leurs rives tout ce torrent bondissant d'hommes, de chiens et de chevaux, qui poursuit la bête expirante ; et plusieurs laisser-courre brillants, tels que la Restauration ellemême les eût enviés parmi ses plus beaux triomphes, méritèrent, dans ce court espace de six années, de prendre place dans nos annales de vénerie.
C4ependant, qui le croirait? o vanité des choses humaines! A l'époque fixée pour l'expiration de son bail, l'honorable M. Schickler ne pensa point à 1 renouveler, comme chacun eût dû s'y attendre : par des moli!s de santé que nous déplorons le premier, il lui fallut tout à coup, sans transition, renoncer à ces fêtes brillantes qu'il avait si bien présidées... Diane, la légère et capricieuse déesse, dut céder le pas au grave Eseulape; le piqueur se transforma en médecin, le rapport toujours sûr du valet de chiens, en une vague et stérile ordonnance. L'appel matinal ne se fit plus entendre, avec faube, sous les mnrs vaporeux du château, de peur d interrompre trop tôt le sommeil agité du maître, et un beau jour le chenil lui-même, veuf de ses nobles limiers, ne conserva plus au-dessus de ses bancs dégarnis que quelques vieux bois de cerfs, derniers trophées de tant de glorieux exploits : triste sacrifice, funeste métamorphoseront nous souhaitons que les résultats soient heureux ; mais qui doivent encore, à l'heure qu'il est, coûter plus d'un regret au veneur, s'il a vraiment
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dans l'ânie quelque peu de cette généreuse passion, toujours jeune, toujours insatiable, la seule que l'âge tente en vain d'amortir.
A ce noble prédécesseur devaient nécessairement succéder dans la location des chasses de Raml>ouillet, non pas des profanes, mais quelques amateurs tant soit peu illustres. Or, comme si un seul eût craint d'accepter ce iourd héritage, une Société de trente membres, ni plus ni moins, à la tète desquels figure l'élite de la capitale, s'est présentée, au jour 'de l'adjudication, et s'est fait affermer pour six ans ces viugthntt mille arpents de foret, qu'elle exploite à son tour avec un véritable succès. Par nu les Sociétaires, dix seulement sont en nom, par conséquent Sociétaires responsables : les vingt autres, Sociétaires adjoints, participent aux charges et frais de la Société, mais sans être portés sur le bail. Dirigées par M. le marquis de l'erthuis, l'un de nos premiers cliasseurs, et qui est en quelque sorte l'àme et le grand veneur de l'assemblée, les chasses à courre ont lieu cinq à six fois par mois. Si l'on nous a bien renseigné, les meutes formées avec les chiens des Sociétaires, dont quelques-uns sont maîtres d'équipage, se composent de chiens anglais purs et de bâtards anglais. Le service est fait par sept hommes à cheval, deux var Jets de limier et trois valets de chiens à pied. La Société n'a point encore adopté d'uniforme... Chacun a son costume particulier, à l'exception de ces mêmes maîtres d'équipage dont nous venons de parler et de quelques-uns de leurs amis, qui ont plus de régularité dans la tenue. Mais toutes les améliorations ne peuvent s'effectuer le même jour, et nous présumons que, l'an prochain, ces messieurs auront le bou goût, pour rendre l'œuvre irréprochable et complète, de décider
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l'adoption d'une mesure qui nous parait, comme condition du sport, d'une nécessité indispensable. : - , Au jour fixé pour chacune de ces chasses, voyez un peu quel utile progrès que la vapeur ! part à sept heures trèsprécises du matin, et dit chemin de fer de la rive gauche de la Seine, un convoi commandé tout exprès la veille par l'obligeant M. Fould pour emmener messieurs les Sociétaires qui habitent Paris et ceux de leurs amis qu'ils ont officiellement conviés à venir prendre part à l'action. Arrivée à YeF r sailles à* un rail et sans relais, là, notre troupe joyeuse n'a fias plutôt mis pied à terre, que se présente pour elle un autre moyen de transport, presque aussi expéditif et non moins commode : de bons chevaux de poste tout frais stationnent au débarcadère, attelés, une -heure d'avance, à d'excellentes voitures de chasse; les postillons tout bottés sont en selle, le fouet d'une main, les guides de l'autre; chacun monte, se place, et maintenant en route et bon train! Il faut voir, le sir gnal du départ donné, comme mes gaillards brûlent le pavé-, et comme devant eux la route de Rambouillet, tout ce long ruban de queue, file et se déroule! Déjà disparaissent, à droite, Saint-Cyr, la TremWaye, Saint-Quentin : on a dépassé Trappes, le Gibet, la Maison-Blanche. Des Essai ts au Péray it n'y a qu'un pas; or le Péray, c'est la forêt Verte, dont la Boire eeinture s'étend à l'horizon, et qui n est pas plutôt franchie, deux petites lieues de poste tout au plus, que le cortège tout entier a fait balte devant l'auberge de madame Darry, la pkis aimable hôtesse à dix lieues à la ronde, chea laquelle est servi aussitôt un, déjeuner cuit à point, et non moins confortant, que confortable. Entamé à dix heures et demie environ, . le repas ne se prolonge guère au delà de trois quarts d'heure;