ARTABAN, ARDILLON, APR-A-TOUT, SOLDATS
ARTABAN
O vous, dont la valeur fut toujours non commune, Vous qui concupiscez sans cesse la Fortune,
Qui, sans craindre la mort, sous des deux étrangers Cherchez avidement l’argent et les dangers,
Vous restez interdits, et vous le devez être.
Je le répète encor, sachez que notre maître,
Ce valeureux, ce fier, ce grand Agésilas,
Perd lâchement le temps en d’amoureux ébats.
Amis, souffrirons-nous qu’une femme lascive Retienne encor longtemps notre valeur oisive ?
Où scroient ces honneurs? Où seroit ce butin Que sembloit nous promettre un fortuné destin ? Aux pieds d’un jeune objet, le cœurrempli debraise, Notre prince s’amuse à faire le Nicaise,
Et par l’effet fatal d’un regard affetté Il s’extasie auprès d’uu petit cul-crotté.
On dit -qu’ensorcelé de cette péronelle 11 ne veut de deux mois déguerpir d’auprès d’elle. Partons, partons sans lui; venez, braves guerriers, Allons, courons chercher de l’or et des lauriers ; Laissons-lc idôlàtrcr sa nymphe potagère ;
D’un indigne repos songeons à nous soustraire.
AGATHE