ACTE PREMIER
LA BAUDIÈRE
En outre, ils divorcent pour des histoires dont je vous épargne le récit. Cette propriété de Sauveterre est tout ce qui reste à Thérèse. Si on la vend aux enchères, c'est la détresse pour elle. Mais si elle vendait convenablement elle pourrait peut-être se tirer de ce désastre tant bien que mal. Voilà. Et je suis convaincu que non seulement vous n'abuserez pas de la situation, mais qu'elle vous rendra au contraire plus conciliant.
JOSSAN, vivement.
Mais n'ayez pas peur, mon cher ami...
Tenez, je ne trouve rien de plus profondément pitoyablequ'unefemme jeune, jolie, élégante, qui se débat dans des embarras d'argent. . . Oh ! les pauvres femmes!... Elles savent si peu ce que c'est... Elles y sont si maladroites, si ahuries... C'est un si brusque réveil... Oui, je vais plus loin, c'est une injustice; et tous les hommes qui, même sans les avoir appro-
88 i. (:h.\ti:i..\i.\e
rliées, ont cependant par la vue ou par l'esprit joui (le leur élégance, de leur jeunesse et de leur beauté, devraient en être rendus lesponsables.
LA BALDIÉRE
11 faudra que je vous fasse redire ça devant Madame de La Baudière.
JOSSAN
Ce sont des rétlexions pour iiommes... Et elle divorce?...
LA lîAlDIÈllE
Le plus tôt possible.
.iOSSAN
Ijui est-ce, son mari?... Quel genre?
LA BAUDIÈBE
C'est mon neveu. C'est un garçon pas méchant et très dangereux à Ja fois.
Oui...