ACTE III
donne sa hallebarde à son camarade de gauche et sort. Le second solda ( semble éprouver cette même envie de s'en aller, il repasse les deux halle bardes au troisième, qai les repasse au quatrième soldat, en y ajoutant la sienne ; ce jeu s’exécute jusqu’au dernier, qui se trouve alors tenir entre ses bras toutes les hallebardes du peloton. Ce dernier soldat lâche bientôt toutes les hallebardes, et se sauve dans la direction des autres.
migonnet, rentrant avec son casque et l’épée nue.
Me voici !.. Soldats ! garde à vous ! Eh bien, que vois-je ?... ou plutôt que ne vois-je pas?... Comment, personnel Mille trompes d’éléphant ! me prendrait-on ici pour un roi de carreau ? pour un roi de carton ? pour un roi... Allons, bon, j’ai la colique ! Il ne manquait plus que ça !... Les pendards ! abandonner ainsi leur poste !... Jamais la soupe aux choux ne m’avait produit cet effet-là !... Mais je les punirai, malheur à eux ! Je me sens horriblement indisposé... indisposé contre eux d’abord... indisposé de toutes les façons... Je ressens le besoin de courir... après mes soldats... Ah ! ah ! ah ! saprrrristi! que je suis donc mal à mon aise !... Mais la colère doit passer avant mon indisposition...
Air : Amour sacré de la Patrie.
Amour sacré de la vengeance,
Rends-moi l’audace et la santé.
Je punirai tant d'insolence...
[Il s’arrête tout à coup. )
(Parlant.) Impossible de continuer... (il sort vivement par la droite.)