‹ La chatte blanche feerie en 3 actes et 22 tableauxChapitre 39 sur 145 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, FORTE-ECHINE, portant sur son épaule un arbre quatre fois gros comme lui, et de vingt pieds de longueur, V orchestre joue l'air : Aussitôt que la lumière. Forte-Echine a le patois provençal.

forte-éciune, déposant l’arbre.

Et d’une... je croyais ce tronc-ci... plus lourd que cela... il ne pè 36 rien cette bagasse... c’est un vrai bouchon de liège...

petiïpatapon.

Prince, l’entendez-vous? ( A Forte-Echine.) Il paraît, mon brave, que nous avons des reins un tantinet solides... foute-écihne, se préparant à allumer sa pipe.

Serait-ce à cause de cette badine que vous dites ça?..,

PETITPATAPON.

Cet énorme tronc d’arbre, une badine!... vous badinez...

forte-échinb, battant le briquet.

Voilà une belle pesée !... ce bativeau n’est qu’une allumette avec quoi que j’allumerais ma pipe... si je n’avais point du l’amadou... Mais j’ai pas le temps de causer. Savez-vous que j’en ai trois cents à abattre comme celui-là... d’arbres... afin d’avoir une charge raisonnable pour l’emporter, ce soir, à la ville?

PETITPATAPON.

Vous ôtes de force à porter trois cents arbres de cette taillelà?....

FIDÈLE

Ne plaisantez-vous pas?

FORTE-ÉCHINB.

Seigneur, on me nomme Forte-Échine, né natif des gorges d’Ollioule ; et si l’on pouvait me charger toute la forêt sur les épaules... tron de l’air!... je me ferais fort de la transporter n’importe où... qu’on me le commanderait, et donc!

ùü LA CHATTE BLANCHE.

FIDÈLE, ô part.

Cet homme doit être un de ceux dont m’a parlé la fée.

PETITPATAPON.

Eh bien, monsieur Forte-Echine... il faudrait que vous me dissiez pas mal de gros mots, pour que je vous cherchasse dispute... Ça va bien?

forte-échine, lui tendant la main.

Rondément... et vous? j

petitpatapon, lu* donnant la main.

Ne serrons pas trop fort... Oht... aïe!... Quel étau ! fidèle, à Forle-Echine.

Dites-moi, mon brave, gagnez-vous beaucoup dans votre état de bûcheron ?

FORTE-ÉCHINE

Ça n'est point lourd... mais quand on est seul...

’ PETITPATAPON.

Vous n’êtes pas marié?

FORTE-ÉCHINE

Allons !... c’est assez de porter du bois sur mon dos... je n’en veux point avoir par-dessus la tête.

Ah 1 ah ! c’est assez méchant ce que nous disons là !

FIDÈLE

Eh bien, si vous voulez me suivre, entrer à mon service, je vous donnerai tous les mois une bourse semblable à celle-ci ? forte échine, prenant la bourse et la pesant.

Tronde l’air!... mais c’est plus que je ne gagne en deuians! Oui, que j’y entre à votre service, mon jeune seigneur... mais j’en ferai jamais assez pour votre argent donc!... Qu’est-ce que vous voulez que je fasse, diies?... Voulez-vous que je déracine toute la forêt?... Voulez-vous que j’emporte sur mon dos la première maison que nous rencontrerons?

PETITPATAPON.

Ah! oui... ah ! oui!...

' FORTE-ÉCHINE

Voulez-vous que je joue avec votre écuyer, comme avec un volant ou une balle élastique ?

petitpatapon.

Ah! non, par exemple, ah ! non!...

FORTE-ÉCHINE

Et que je le lance par-aessus ce gros chêne?

prtitpatapon va s'asseoir sur le banc qui est au pied de l’arbre e I

s’y cramponne.

Pas de plaisanterie comme ça, s’il vous plaît!...

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