‹ La chatte blanche feerie en 3 actes et 22 tableauxChapitre 56 sur 145 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

PETITPATAPON.

Dire qu’en grattant quelque peu ces murailles, on pourrait, so faire une grosse fortune... Et il y a des gens qui disent que trop gratter cuit...

Quelle ville éblouissante ! Il n’y a qu’à se baisser pour eu prendre.

PETITPATAPON.

Je voudrais rencontrer une maison en démolition... Les plâtras doivent en être bien bons... Jusqu’aux bornes, qui sont incrustées de pierres précieuses!... Je bornerais mes désirs à posséder celle-ci... je la ferais monter en épingle. (Un rubis descend du palais et se met à en balayer les marches avec un balai d’or.)

FIDÈLE

Silence... voici un habitant... 1

PETITPATAPON.

Je vais l’aborder... Monsieur, j’ai bien l’honneur...

LE RUBIS

Monsieur, je suis le vôtre.

FIDÈLE

Pardonnez à notre curiosité, nous sommes étrangers en ce pays.

LE RUBIS

Ah 1 vous êtes des hommes delà-haut.

PETITPATAPON.

Oui, nous sommes des hommes supérieurs.

FIDÈLE

Voulez-vous bien nous dire quel est ce palais?

t LE RUBIS.

C’est celui du Régent.

Le personnage le plus considérable du pays, sans doute?

LE RUBIS

C’est le chef du royaume, il pèse trois mille carats 1

FIDÈLE

Et vous, monsieur?

LE RUBIS

Je suis son premier valet de chambre, le Rubis-Balais.

pp-titpatapon, indiquant le balai.

Nous aurions dû le deviner à cet ustensile de ménage...

FIDÈLE

Nous ne nous attendions pas à trouver ici les bijoux parlant, agissant...

le rubis, souriant.

Et autrement que vous ne les voyez sur terre, n’est-il pas vrai? Lorsque nous sommes chez nous, au centre de notre pays, nous sommes doués d’intelligence et personnifiés, comme vous. Mais dès que nous quittons la terre natale, nous ne sommes plus alors que des pierres plus ou moins précieuses.., jusqu’au jour où le hasard nous ramène en ces lieux.

J’aurais une grâce à demander à votre souverain, pourriezvous ine présenter à lui? ' ■ v

LE RUBIS

Oh !... il faut d’abord écrire un placet, je le remettrai moimême...

FIDÈLE

Volontiers... (Une table sort de terre, Fidèle écrit, plie la lettre et la présente au Rubis.)

le rubis, sans la prendre.

Pardon, vous n’avez pas apposé le cachet.., mais ici, il n’en manque pas ; mettez votre lettre à terre... A moi, Cachet... (Musique. — Entre un Cachet qui vient sauter sur la lettre etsort.) petitpatàpon, ramassant la lettre.

Merci, Cachet... Voici la lettre de Cachet... (Il la donneau Rubis.)

FIDÈLE

Vous vous chargerez donc de celte supplique ?

•lb rubis, la prenant. .

Vous verrez le Régent à midi.

FIDÈLE

Et quelle heure est-il maintenant?

LE RUBIS

Justement, voici une montre qui passe... ( Musique . — Une montre avec sa chaîne et sa breloque passe.)

le rubis, l’interrompant.

Montre... .montre à ces messieurs i’heure qu’il est à ton cadran. (La Montre se retourne. La musique joue l’air de: Voilà le cadran solaire. La Montre marque onze heures et demie.)

fidèle. .

Nous avons une demi-heure à nous...

le rubis, à la montre.

Tu peux avancer.

PETITPATAPON.

Ou retarder... c’est de son emploi... (La Montre sort Wf* ment.) Et quel est le personnage qui la suit?

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