PROLOGUE
Croyez à mon langage, i
Aimer, c’est le bonheur.
BLANCHETTE
Pour moi quel doux présage !
Je sens battre mon cœur.
Je crois à son langage,
Aimer, c'est le bonheur.
(Parlant.) Parlez toujours, prince Pimpondor... tout ce que vous me dites me cause un (rouble délicieux.
PIMPONDOR.
Et vous me jurez que jamais un autre...
BI.ANCHETTE.
Puisque vous êtes le premier homme que je vois, et à qui je parle...
- PIMPONDOR.
C’est vrai, je puis être à peu près sûr... Et comment trouvezvous cet échantillon du sexe dont vous ne faites pas partie?...
BLANCHETTE
Moi, je vous trouve très-joli !
PIMPONDOR.
Vous êtes bien bonne.
PLANCHETTE
Seigneur, je ne sais ni feindre ni mentir... et j’ai peut-être tort de vous dire cela...
PIMPONDOR.
Non pas. . j’aime votre brusque franchise... Parlons à cœur ouvert... Votre marraine, la fée Violente, vous tient prisonnière sur ce rivage, d’après ce que j’ai pu comprendre : quel est son but en agissant ainsi?
BLANCHETTE
Dès mon enfance, elle m’a fiancée à un puissant monarque.
PIMPONDOR.
Et le nom de ce monarque?
BLANCHETTE
Le roi Migonnet.
PIMPONDOR.
Migonnet!... ce monstre dont on ne parle qu’avec terreur... BLANCHETTE.
Vous le connaissez?
PIMPONDOR.
De réputation seulement... de mauvaise réputation. C est un
être hideux qui commande, dit-on, à des armées invincibles; on le dit féroce, toujours en colère... Il égorge les gens pour un oui ou pour un non... et l'on assure qu’il brutalise les femmes !
BLANCHETTE
Et c’est là l’époux que ma marraine me destine?
C’est que Migonnet est quelque peu magicien... et les fées protègent assez volontiers les enchanteurs.
BLANCHETTE
O ciel ! que vais-je devenir?... Résister aux volontés de la fée Violente, c’est chose impossible !
PIMPONDOR.
Ei la fuite n’est pas chose facile non plus, n’est-ce pas? mais comme nous n’avons que ce moyen, il faut le prendre.
BLANCHETTE
Mais ils nous poursuivront.
PIMPONDOR.
Bah! l’univers est grand... Blanchette! tant qu’il me restera un souffle... tu n’auras pas d’autre époux que le prince Pimpondor.
Air : Jadis un Sylphe aimait Marie.
Je te préfère à mon royaume,
A tes pieds, je mets ma grandeur.
Cherchons un simple toit de chaume.
Et là, cachons notre bonheur...
BLANCHETTE
, Oui, ta voix a touché mon cœur.
Tous deux fuyous... A toi je m'abandonne;
Sois mou époux, commande, ordonne.
Je veux t’aimer et t’obéir.
Blanchette, on peut anéantir,
L’espoir dont mon âme est ravie.
Mais il faudra m’ôter la vie.
* BLANCHETTE
Mourir ! (Bis.)
(Parlant.) Non pas, cher prince, il faut vivre... et une voix qui vient de mon cœur me dit tout bas :
Suite de l'air.
Il est un dieu pour les amours,
Qui vient toujours