‹ La chatte blanche feerie en 3 actes et 22 tableauxChapitre 73 sur 145 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

MIGONNET

C’est toi, jeune marmouzet? Eh bien, explique-toi... que me veut cet idiot de Malapa?

FIDÈLE

Sire, le roi mon maître n’est point un idiot... ^ •

MlGONNBT.

Ça dépend de la manière de voir...

FIDÈLE

Vous l’avez surpris dans ses Etats, attaque, vaincu...

MIGONNET

Oui, je l’ai atrocement rossé...

FIDÈLE. - '

Et vous retenez encore en esclavage son fils... le prince Pimpondor... Je viens donc, sire, réclamer de votre générosité, et la liberté de ce prince, et la restitution des biens que vous avez enlevés au roi Matapa.

MIGONNET

Et que vas-tu m’offrir pour toutes ces choses?

FIDÈLE

Mon dévouement... et les remercîments du roi, mon maître...

MIGONNET

Ah çà, mais tu es très bouffon, ambassadeur, mais tu me fais rire... Peau de rhinocéros!... il me fait rire ce petit... Mais riez donc, ma sœur... riez donc avec moi.

rosafiera, qui lance des œillades au prince Fidèle.

Ce jeune ambassadeur est charmant...

FIDÈLE

Cette gaieté est d’un bon augure. Sire... si je pouvais, moi ou ceux qui m’accompagnent, entreprendre quelque chose d’extraordinaire pour le service de Votre Majesté... j’aurais l’espoir que, pour prix de nos efforts et de notre dévouement, vous consentiriez enfin...

MIGONNET

A rendre ce que j’ai pris à Matapa... Il faudrait que vous fussiez tous bien malins pour cela, mes petits enfants.

vilipendos, entrant. '

Sire, vos ordres sont exécutés : tous les pains et les comestibles de vos sujets sont déposés sur la place du palais.

MIGONNET

Ah ! trompe d’éléphant!... il me pousse une idée cocasse. ( A Fidèle.) Tu veux faire quelque chose d’extraordinaire pour m’amuser... Eh bien, mon jeune ami, trouve-moi un homme qui

mange tout à l’heure tous les pains et tous les comestibles en question, et, par le diable, mon patron, je t’accorde ce que tu me demandes. [Bouffelaballe fait un mouvement, le prince futile l'arrête du geste.) Je réponds par une extravagance a une proposition extravagante... Eh bien, que dis-tu?...

FIDELE

Sire...

MIGONNET

Ah ! ah! mon chevalier... tu recules déjà. ..je le conçois.

FIDÈLE

Non, Majesté, j’accepte. ( Montrant Bouffelaballe.) Ce serviteur est prêt à manger tout ce qui a été déposé sur la place de votre palais.

MIGONNET

Qu’est-ce à dire? ( A Bouffelaballe.) Sais-tu bien qu’il y a plus de vingt mille pains de quatre livres?

BOUFFELABALLE.

Oh ! ça n’est pas la mer à boire.

MIGONNET

Et des volailles, et des jambons, et des pâtés à l’infini.

BOUFFELABALLE.

Ça se trouve à merveille, j’adore le pâté... Faites-en mettre le plus que vous pourrez, sire.

MIGONNET

Ah ! ah ! tu fais le plaisant, j’imagine, c’est bon... Rendonsnous à la place ; mais je vous avertis que si vous vous êtes moqués de moi, s’il reste seulement une flûte ou même un simple croûton, je vous fais passer à tous le goût du pain.

rosa fiera, à Migonnet, d’une voix émue .

Oh! non... pas à tous!

MIGONNET

Qu’est-ce qui vous prend, vous? * ,

ROSAFIERA.

Avez-vous remarqué ce jeune prince, mon frère?

MIGONNET

Pourquoi ça ?

ROSAFIERA.

Ne le trouvez-vous pas charmant?

MIGONNET;

J’ai la vue basse.

ROSAFIERA.

Ah ! mon frère... il est adorable !

Page 1