SCENE V
Les Mêmes, LE ROI MIGONNET et sa suite.
Le Roi est précédé d'une troupe de pelits arbalétriers à grosses tètes. — Viennent ensuite des pages et le Roi porté dans une riche chaise à porteurs. — De chaque côté de la chaise, deux valets de pied portant chacun une énorme lanterne, et derrière, une autre troupe d’arbalétriers et de pages. — Sur un signe delà fée Violente, plusieurs femmes esclaves sont venues se ranger au fond et sur le côté gauche du théâtre.
migonnet, qui est sorti de son cabinet.
Ouf! je n’en puis plus!. . Violpnle, je vous salue... Vousvoyez un roi meurtri, éreinté par les cahots de la roule... Je voudrais bien m’asseoir sur quelque chose de moelleux.
violente, indiquant un quartier de rocher.
Assieds-toi là.
migonnet.
Sur ce roc? merci !... je trouve la proposition joviale.
VIOLENTE
Assieds-toi, te dis-je... ( Elle fait un geste, et le morceau de roc se transforme en un sofa élégant.)
MIGONNET
Comme cela, à la bonne heure. Maintenant, ouest ce morceau friand dont vous m’avez si souvent parlé?
violente, présentant Blanchette.
Ta fiancée ?... Regarde.
migonnet, avec admiration.
Oh! charmante !... Des yeux, un nez, une bouche... Viens çà, petite.
blanchette, retirant vivement la main que Migonnet lui a prise. Seigneur !
migonnet, riant.
De la timidité... Voyons, tâche d’oublier que je suis une têle couronnée.