SCENE I
LA FÉE VIOLENTE, BLANCHETTE, Fnni kuw.
La fée Violente est étendue sur des coussins recoure.-!* de petux de tigre ; Iilancbcltf est h see pieds, et de jeunes esclave* dansent devant leur maîtresse. Après la danse, la fée Violente semble donner plusieurs ordres, et reste seule avec BUncbetle.
violente, à BlanehtUt qui est absorbée dans ses réflexions.
A quoi pcnses-tu donc, Blanchelie?
A rien, ma marraino; je m’ennuie.
VIOLENTE
Il faut filer ta quenouille, petite, el le travail chassera ton ennui.
BUNCnETTE.
Filer, toujours Gler... ce n'est pas amusant... et puis fr quoi bon, puisque mon fil ne sert à aucun usage?
tlOLCVTB.
Blanchelie, depuis quelque temps je te trouve bien raisonneuse...
BUSSCUETTE.
Ecoutât donc, marraine, je ne nuis plus une enfant... élevée par u>« soins, dansée château où jamais un homme n’a pénétré; ayant pour toute société un jwioquci <]tii me n-pètu toujours : Baise/, vite! et des esclaves dont jn sais les danses par cœur... je me d* mande souvent si, pour moi, le monde doit se borner b ce rivage qui n'est pas gai, et & eu ciel clouielleujeut charge de nuages.
VIOLENTE
Uassurc-toi, petite, te voilé en âge d'être mariée, et si je t’ai élevée dans celte solitude, r'e«l que, dès ta naissance, tu fus destinée à être la femme d’un roi. et que j'avais promis de te remettre aux bijtt do ton époux, pure do lou|« action et de toute
pensée.
blancuettk, muirniraf.
Je serais rpjne !,.. Tiens I c'est gentil !... et mon futur?...
violbntb.
Se nom qui le roi Migonnet.
Migonnet !... phi le vilain nom !... Et lui, est-il jeune, grand, bien fait, boat| de visage?
VIOLENTE
Je le trouve asüvi beau pour en faire votre époux, cela doit vous suffire...
. BLANCIIfcTTB.
Bon ! je fjering... ij est vilain...
VIOLENTE
Il est coqtptp tqqi les hommes.
Tous les hunirqes *pnt donc laids?
VIQpgJUTP-
Plus ou moins... Au surplus, le roi Migonnet va venir, car tu as aujourd'hui diX'Snpi ans... tu le verras. .. Fais en sorte do le bien recevoir, ou po nds garde. Manchoue!... Je |*ai trouvée Abandonnée pur un chemin... |it allais fiiqurj; dévoré • jSf l e - : loups... j’ai eu pitié de ton sort, et je |*ai elovée jk.|JI (aire do toi une puissante reine : si tu te rendais Indigne de mes bienfaits... moi, la lec Violente, je 'u repousserais pour te rendre 1» la misérable condition qui l'attendait sans moi.
Ne vous fâchez pas ma marraine, le roi Migonnet un? conviendra «ans dont**, I) alrnrd il m'enlèvera de ce vilain château, et jo lui en serai reconnaissante... et puis, je spjs bien curieqsi de voir un homme...
VlOl.ENTK.
Bien têt il sera ici... Je le quille, mon enfant, pour r. nplir une mission auprès de la reine des génies... Va te couvrir dpq habits que j’ai fait déposer dans ta chambre, alin d’être bien belle, lorsque Migonnet viendra.
J'y cours, ma marraine... vous voyez que jo suis obéissante... ( La fée f-'vAtnle, après aroir embrassé Manchette, monte sur un dragon ailé qui la transporte au milieu des airs.)