CRETIN VAL
Berger, mon ami, faites-moi le plaisir d’aller au foyer... Il nous est impossible de répéter tant que vous êtes là.
PITOU
Je voulons bien... (a madame Robert.) Dites donc, je vous reconduirai Ce soir. (Nouveau cri de madame Robert et nouveau coup de grosse caisse.) On s’en va. (il quitte l’orchestre des musiciens.)
CRETINVAL.
Corentin, votre entrée?
• CORENTIN
Voilà!
CRETINVAL.
Vous arrivez en jouant du biniou... Je vous en ai fait acheter un. (Le garçon d,e théâtre lui apporte un biniou.)
CORENTIN
Qu’est-ce que c’est que ça?
CRETINVAL.
C’est un biniou... vous n’avez qu’à souffler.
CORENTIN
Permettez, Monsieur... Je suis engagé pour jouer... Or, souffler n’est pas jouer... je ne souffle pas... D’ailleurs, cet instrument-là ne va pas avec mon costume... Je veux une guitare...
CRETINVAL.
Un paysan breton avec une guitare !..
• CORENTIN
Je dirai que c’est le noble Vénitien... qui me l’a léguée en mourant.
CRETINVAL, au garçon de théâtre.
Donne? une guitare à Monsieur. (Le garçon lui apporte line guitare.)
CRETINVAL.
Vous paraissez tout à coup au sommet de la colline.
i CORENTIN.
Où prenez-vous la colline ?
CRETINVAL, lui montrant le desaus de la table.
Là... et vous descendez rapidement par ce sentier escarpé.
(il indique l'échelle.)
CORENTIN
C’est ça... et je me casse un bras ou une jambe!.. Non, Monsieur, non... J’arriverai tout simplement par le fond.
CRETINVAL.
Alors la grotte est inutile, supprimons-la.
CORENTIN
Mais non... j’ai une scène avec Dinorah...
CRETINVAL.
Quelle scène?..
CORENTIN
Celle où elle m’oblige à lui jouer un tas de petits airs...