CHAPITRE VII
La vie telle que nous la concevons quand nous considérons un organisme supérieur nous apparaît comme un ensemble de phénomènes très compliqués, dont la dissociation et le classement sont fort difficiles. Chez l'animal ou la plante élevés en organisation, tous les éléments sont réunis et associés, tous sont solidaires les uns des autres^ chacun est différencié dans un but déterminé, capable, par conséquent, de jouer un rôle spécial. Ces éléments sont des cellules, c'est-à-dire des amas distincts de matière vivante, de « protoplasma », amas dont le microscope seul a pu révéler l'existence.
Au point de vue chimique, la constitution du protoplasma le fait ranger parmi les matières albuminoïdes, mais, chez l'être vivant, cette matière est constamment en voie d'évolution; elle vit, et sa constitution est donc variable. L'étude de ces variations constitue l'étude de la Vie.
La cellule se retrouve partout, que Ton ait affaire à une plante ou à un animal, et dans un même organisme, quel que soit l'organe considéré.
L'être vivant est donc une association de cellules qui vivent en commun; si Ton considère le plus grand degré de complication, on voit que chaque cellule est destinée à un rôle particulier et la localisation d'une fonction amène nécessairement le perfectionnement de cette fonction.
Chez les êtres inférieurs, au contraire, le nombre de cellules est infiniment plus restreint; la spécialisation existe de moins en moins; chaque cellule effectue davantage, pour son propre compte, tous les phénomènes de la vie.
Il existe enfin des êtres extrêmement rudimentaires, qui ne sont constitués que par une seule masse protoplasmique,par un seul élément, par une seule cellule. Ces êtres unicellulaires : Levures, Amibes, Bactéries, Coccus, représentent évidemment la vie réduite à sa plus simple expression. Parmi eux, un grand nombre ont été spécialement étudiés. Quelques-uns ont acquis une funeste renommée. Le microbe, entrant dans notre vie journalière, vivant invisible autour de nous, causant un grand nombre de maladies, s'est dressé depuis quelques années comme un spectre sans cesse grandissant, spectre de douleur
l48 LA CHIMIE DE LA VIE. LA VIE DE LA CELLULE
et de mort, dont l'influence malheureuse semble s'étendre sur tout et sur tous.
C'est en poursuivant l'étude de la vie de cet être que nous allons pouvoir étudier les phénomènes de la vie dans leur plus grande simplicité. Sa naissance, tout d'abord, puis sa structure, les milieux dans lesquels il vit, l'action de la chaleur et de 1a lumière, enfin, les actions auxquelles il donne naissance.
| I er . — Reproduction des Microbes.
L'origine des infiniment petits a été longuement discutée.
L'antiquité prétendait que tous les animaux dont on ne connaissait pas les parents prenaient naissance par génération spontanée, c'est-àdire par une sorte de transformation subite de la matière inerte.
Aristote attribuait à la fermentation des limons des fleuves la formation des anguilles ; les chenilles auraient été produites par la putréfaction de la terre ou des plantes, sous l'action de la rosée.
Virgile fait naître un essaim d'abeilles des entrailles d'un taureau mort et la Bible des dépouilles d'un lion enputréfaction.L'.Accarfe//wa Del Cimento fit faire un grand pas à la ques-^