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en se solidifiant, perd la quantité de chaleur qu'il avait absorbée pour se liquéfier, la température reste encore constante pendant toute la durée du phénomène ; le point de solidification est le même que le point de fusion.
Ainsi donc tous les corps peuvent existersous trois états. Les uns ne fondent, il est vrai, qu'aux hautes températures du four électrique. D'autres, au contraire, restent gazeux à des températures extrêmement basses. Mais il n'y a pour ainsi dire plus de substances réfractaires, c'està-dire de substances solides ne passant pas à l'état liquide quelle que soit la température à laquelle elles sont portées. Il n'y a plus de gaz permanents, c'est-à-dire de gaz que l'on n'ait jamais vus passer à l'état liquide.
L'expérience a vérifié, à peine dans l'espace d'un siècle, cette mémorable prédiction faite par Lavoisier en 1790; prédiction qui, à l'époque où elle était écrite, ne devait passer que pour une simple hypothèse gratuite.
« Supposons que la terre se trouvât transportée tout à coup dans une région beaucoup plus chaude du système solaire, dans une région, par exemple, où la chaleur habituelle serait fort supérieure à celle de l'eau bouillante.
« Bientôt l'eau, tous les liquides susceptibles de se vaporiser à des degrés voisins de l'eau
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bouillante et plusieurs substances métalliques même, entreraient en fusion et se transformeraient en fluides aériformes... On pourrait examiner ce qui arriverait dans cette hypothèse aux pierres, aux sels, à la plus grande partie des substances fusibles qui composent le globe : on conçoit qu'elles se ramolliraient, qu'elles entreraient en fusion et formeraient des liquides... Par un effet contraire, si la terre se trouvait placée tout à coup dans des régions très froides, par exemple de Jupiter ou de Saturne, l'eau qui forme aujourd'hui nos fleuves et nos mers et, probablement, le plus grand nombre des liquides que nous connaissons se transformeraient en montagnes solides, en rochers très durs. L'air, dans cette supposition, ou tout au moins une partie des substances qui le composent, cesserait sans doute d'exister dans l'état de fluide invisible, faute d'un degré de chaleur suffisant, il reviendrait donc à l'état de liquidité et ce changement produirait de nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée.
« Ainsi, solidité, liquidité, fluidité aériforme sont trois états différents de la même matière, trois modifications particulières par lesquelles presque toutes les substances peuvent successivement passer. »
Sous chacun de ces trois états, on peut carac-
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tériser un corps par un ensemble de propriétés spéciales inhérentes précisément à l'état dans lequel il se trouve et cette étude constitue en somme l'histoire des propriétés physiques des molécules et de la matière pondérale.
Sur cette matière, les différentes manifestations de l'énergie vont faire sentir leur influence.
Energie mécanique, Lumière, Chaleur, Electricité, se transformant les unes dans les autres, vont être l'agent général des mouvements, des transformations et des évolutions de la matière.
Les réactions chimiques sont les sources les plus considérables et les plus communes de ces forces. La décomposition d'un corps explosif produira une action mécanique considérable, dégagera de la chaleur, souvent de la lumière. L'action de l'acide sulfurique sur le zinc donnera naissance à un courant électrique. La combustionducharbonest la source laplus commune de l'énergie mécanique industrielle. Fournie à la vapeur, cette énergie se transmet à un piston qu'elle anime d'un mouvement alternatif ; une roue tourne produisant un travail, faisant mouvoir une dynamo, donnant naissance à un courant électrique. Toute l'industrie humaine est fondée entièrement sur l'application immédiate des actions des corps les uns les autres, des actions chimiques.
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Quittons la terre et envisageons l'espace; des réactions gigantesques, dont l'Univers est le creuset, s'effectuent à l'infini, fournissant partout et à tout les forces nécessaires aux astres qui peuplent l'espace.
Autour d'un centre de gravitation, les molécules cosmiques se rassemblent attirées par l'attraction universelle. Un point inhabité du ciel devient le lieu de réunion de ces atomes jusque-là disséminés. Lentement, la masse s'accroît, attirant les vagabonds de l'univers, tournant lentement autour du centre, formant une nébuleuse jusque-là inconnue.
Mais le mouvement circulaire accompli par les atomes constituant cette masse détermine, en s'accroissant,la formation d'anneaux concentriques dont chacun deviendra une planète tournant autour de l'étoile centrale.
La chaleur développée par la chute des atomes cosmiques vers le point central qui les attire, détermine une telle élévation de température qu'ils se volatilisent, deviennent incandescents, et deviennent ainsi un foyer lumineux.
Chaque astre lumineux, chaque soleil n'est qu'un laboratoire où les atomes différents tendent sans cesse à se combiner et où les combinaisons se détruisent toujours par le seul fait de la température extrême. La chaleur produite
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rayonne dans le vide qui entoure l'astre en évolution; il se refroidit, les gaz qui le composent deviennent liquides, puis, la surface s'encroûte, le soleil s'éteint; ce n'est plus qu'un astre obscur emportant dans l'infini le suprême résultat des convulsions qui lui ont donné naissance. Sa vie, pourtant, est loin d'être ralentie. Si les réactions chimiques et mécaniques sont moins violentes et moins brutales, elles n'en sont pas moins actives. Sur la croûte solide et refroidie, va se développer une vie intense dont les manifestations peuvent seulement alors prendre naissance. Quelles qu'elles soient,ce sont toujours des transformations d'une énergie, transformations produites aux dépens des combinaisons chimiques s'effectuant dans l'organisme, après s'être effectuées dans la planète.
La chimie est donc la science de la matière; c'est elle qui régit la vie de l'univers comme la vie de l'individu; c'est elle qui assure le fonctionnement des astres aussi bien que celui de l'animal ou de la plante.
Toutes les sciences concrètes en dépendent; elle se trouve à leur base et leur sert de fondement, elle leur a donné naissance ou leur a servi d'intermédiaire.
Aussi la Science sacrée d'Hermès que les prêtres d'Eçyte cachaient jalousement à tous et ne dévoj-