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INTRODUCTION

La multiplicité des traitements préconisés contre l'infection tuberculeuse montre qu'aucune méthode ne s’est vraiment imposée par ses résultats.

Si l'on essaye de classer les différentes thérapeutiques qui ont été successivement mises en œuvre, on voit que les unes sont d'ordre local, les autres d'ordre général, les lésions tuberculeuses sont, en effet, justiciables de traitements locaux.

Ceux-ci sont liés à l’action d'agents mécaniques, physiques ou chimiques.

En premier lieu vient l'extirpation chirurgicale.

Elle n’est possible que lorsque l’ablation de la lésion n'entraîne pas de troubles graves et il apparaît d'emblée que si l'exérèse d’un abcès froid thoracique n'intéressant que les parties molles est une intervention tout à fait logique, l’ablation d'un foyer tuberculeux pulmonaire ou laryngé est à peu près impraticable à priori.

Aussi, l’extirpation est-elle un procédé d'exception et beaucoup plus accessible apparaît la thérapeutique par les agents physiques.

Une méthode qui a fait ses preuves est celle qui consiste à eftre au repos complet la région atteinte bar le processus tuberculeux. C'est celle qu’on emploie lorsqu'on immobilise dans un plâtre une tumeur blanche du genou, une coxalgie, un mal de Pott. C'est encore celle qu'on utilise dans le traitement de la tuberculose pul-

monaire lorsqu'on met le poumon atteint au repos par la création d'un pneumothorax artificiel ou par une intervention chirurgicale, comme la phrénicectomie ou les thoracoplasties.

C’est enfin celle qui joue le plus grand rôle dans le traitement des bacilloses laryngées, sous formes de cures de silence.

Le mécanisme même de l'action utilisée est très difficile à préciser : la mise au repos d'une articulation ou d’un viscère entraîne certainement une diminution de la vascularisation et permet peut-être de ce fait la constitution progressive d'une immunité locale ;: l'immobilité, d'autre part est peut-être indispensable à la génèse du tissu fibreux, élastique ou collagène.

Quoiqu'il en soit, la mise au repos de l'organe malade, lorsqu'elle est possible donne d'excellents résultats.

C'est FINSEN qui a montré /e rôle antibacillaire des rayons lumineux chimiques. W a préconisé l'irradiation des lésions tuberculeuses par les rayons bleu-violet. |

Plus récemment, on a découvert une photothérapie plus efficace en utilisant les radiations ultra-violettes, et en fait, si l’on fait la part d'un engouement qui commence à diminuer, :l est incontestable que la méthode à donné de bons résultats, mais seulement quand la lumière ultraviolette à pu être directement absorbée bar les tissus malades. Si ces tissus sont profonds l'actinothérapie ultra-violette locale est sans action, du fait de la non-pénétration des rayons.

Ce fait a été observé depuis longtemps par les expérimentateurs qui ont utilisé l’héliothérapie en thérapeutique locale.

Les radiations X, dont le pouvoir de pénétration est établi depuis leur découverte, semblaient devoir agir dans tous les cas sur les lésions tuber-

culeuses. En fait, et pour des raisons qui nous échappent, leur action est inconstante. Elles ont donné des résultats admirables dans le traitement d'adénopathies bacillaires, d’abcès froids et ont été inutiles ou nuisibles dans la thérapeutique de lésions viscérales.

A côté des méthodes locales utilisant les radiations, il faut parler de l’action de la chaleur : Il semble que la partie chaude du spectre (rayons rouges et infra-rouges) n'a que peu d'action sur le bacille tuberculeux. Seule la cautérisation ignée par thermo-électro-cautère ou la diathermie est efficace mais elle agit par destruction massive des germes et des tissus malades.

Il en est de même du traitement par le froid et en particulier de celui qui utilise la neige carbonique. Les méthodes de cautérisation ont des indications encore plus restreintes que l'intervention chirurgicale proprement dite.

La thérapeutique locale des lésions tuberculeuses par les agents chimiques se rapproche dans certains cas des méthodes précédentes et c'est ainsi dans un but de cautérisation qu'on a utilisé contre les tuberculoses superficielles et en particulier le lupus, des substances caustiques, les unes acides comme le phénol, les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, chromique, acétique trichloroacétique, lactique ; les autres alcalines comme la soude, la potasse, la chaux ; les autres salines comme le protochlorure d'antimoine, le chlorure de zinc, le sulfate de cuivre, le chromate de potasse, le nitrate d’argent, le nitrate de mercure.

Ces agents caustiques, trop dangereux à manier, ont été souvent remplacés par des substances antiseptiques, mais dépourvues de causticité. C’est par exemple le fait du Goménol, dont la vogue a été grande et qui rend encore des

services, bien que son action sur le bacille tuberculeux soit médiocre.

Beaucoup plus efficaces sont : l’éther, l'iodoforme, et ont sait les bons effets de l'injection de liquide de Calot dans le traitement des abcès froids.

On a même voulu utiliser la médication antiseptique contre des tuberculoses profondes, viscérales. Tels furent les essais malheureux d'injections de substances antiseptiques dans les cavernes tuberculeuses, par thoracentèse. D’autres auteurs ont tenté de faire pénétrer l’antisepsie par injection intra-trachéale.

Enfin, on a songé à utiliser le mode d'’élimination de certaines substances chimiques. C'est ce qui à justifié le traitement par la créosote puis par le carbonate de gaïacol.

Telles sont les principales méthodes thérapeutiques locales de la tuberculose. On a tenté de les appliquer dans le traitement de la tuberculose laryngée.

La Chirurgie, délaissant avec raison la laryngectomie, a utilisé la cautérisation par les agents physiques ou chimiques.

Les radiations ont été utilisées, tant la lumière de FINSEN que les rayons X et les résultats ont été le plus souvent négatifs.

Ces échecs s'expliquent par ce fait que la tuberculose laryngée est rarement primitive. Les traitements locaux ne risquent d'amener la guérison que si la lésion laryngée est isolée, comme c'est le cas du lupus laryngé, ‘par exemple. Mais dans la règle, la tuberculose du larynx est secondaire à la tuberculose pulmonaire, et tardive ; liée à la perte complète des défenses générales et locales, à l’état d’anercie.

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