PETIT SAUVE QUI PEUT
Le lendemain matin tous les journaux annonçaient l'imminente catastrophe, Tsang-Tso-lin avait achevé la concentration de ses troupes et lui-même quitté Moukden. Il allait marcher sur Pékin. Wou-Pé-Fou courait à sa rencontre.
Le dragon, fils de la peur, cavalcadait dans le ciel pékinois. Il passait en sifflant, du moins les indigènes le prétendaient-ils. Voyons! leur disaisje f si le dragon sifflait, étant donné que mon tympan est en excellent état, j'entendrais siffler le dragon. Je n'entends rien.
— Châââ! Châââ! glapissaient les boys de l'hôtel. v
— Quoi? Châââ! Châââ! Avez-vous fini ce tapage dans lç couloir? Et pourquoi courez-vous
tous depuis un moment comme si vous aviez reçu un clystère de poil à gratter? Portez-moi plutôt mon café au lait
— Tsang-Tso-Iin ! Tsang-Tso-lin !
— Quoi Tsang-Tso-lin ? Où est-il? Dans rhotel?
aaa! i-haaa!
— Allô le manager! C'est vous qui êtes en bas? Savez-vous que vos boys mènent un sabbat à mon étage?
— Client ! répondit le manager, dès ce moment
tout est perdu. La débandade commence. Sauve
qui peut!