YUEN
^liiiiîliliiin!
+ jJ6«
liiiiii::;:, :: m
Hiiiiiiiîèîi,:;;;
1 ■ t't'fiefii' siipfrieti ce tutifyi'C If. nnatii c/ nptèjf tf.C. les rhiffrtw
■ Cif< it>st onipte^ <it' o a ^ inh'i'ieurs st fii />fi(itivni
CHRONOLOGIE
Premiers documents. — Preuve astronomique. — Histoire apocryphe. — Anciennes monarciiies.
Ki-yuen-pyen. — Cycles et époques.
« Bien des héros, dit Horace, devancèrent Aganiemnon; mais ils gisent oubliés » dans de sombres profondeurs, car le divin Homère ne les a pas chantés. » L'invention du plus précieux des arts, l'écriture, suppose le développement d'une certaine civilisation. Cette invention n'est pas contemporaine des premières sociétés, puisqu'il existe aujourd'hui sur la terre des peuples qui ne s'y sont point encore élevés. C'est cependant par les monuments écrits, parles livres, cjue les souvenirs des hommes, devenus immortels et transmis d'âge en âge, arrivent à constituer l'histoire.
Le document le plus authenticiue et le plus ancien où puissent être cherchés les commencements de l'histoire chinoise est un livre composé ou recueilli par Confucius, au sixième siècle avant notre ère, et intitulé le UlK-kih (Chou-king).
Ce livre est à peu près contemporain de ceux d'Hérodote; il est postérieur de quatre siècles à l'Iliade et de dix siècles à la Bible. Il n'a ni la méthode, ni la clarté des ouvrages d'Hérodote, et l'on ne saurait le prétendre inspiré comme la Bible : il ne mérite donc qu'une confiance très-limitée, lorsrju'il traite d'événements qu'on regarde comme antérieurs de quinze siècles au temps de sa composition.
Il en mérite moins encore s'il est vrai, comme le disent les historiens chinois, qu'au troisième siècle avant notre ère tous les livres sacrés aient été détruits, à ce point qu'aucun exemplaire intact n'en soit resté ; qu'un exemplaire plus ou moins altéré du m>;-kin ait seul été retrouvé caché dans un mur, et n'ait été complété que par les souvenirs d'un vieillard qui savait ce livre par cœur.
iO CHRONOLOGIE.
Il y a eu Chine une exégèse : les Chinois savent que leurs livres sacrés ont été transcrits, à une certaine époque, cFun caractère dans un autre, et n ont pas dû alors être moins déligurés que le Coran en passant du couflque au caractère luoderne. Ils croient encore que les textes de ces livres ont été souvent altérés. Les lettrés admettent même généralement aujourd'hui que le lUb-kin a été remanié, sous la dynastie des Tsin, par Mei-tsô, qui y a beaucoup ajouté, ainsi qu'au commentaire de Kbn nhankwo. Sur cincjuante-huit parties, ils en regardent vingt-cinq comme altérées ou fausses. De ce nombre serait le passage relatif à une éclipse solaire observée sous le règne de Tmbfi-kan, de la dynastie de Ulya (Hia), et mentionnée dans la chronique Tiiib-uib' (Tchou-chou).
Les Chinois ont certainement des observations astronomiques fort anciennes, bien qu'on n'ait pas admis qu'elles le fussent autant que celles des Chaldéens envoyées de Babylone, d'après Simplicius, à Aristote par Callisthônes, et qui remontaient à l an 2234 avant Jésus-Christ. Les observations chinoises sont nombreuses; mais plusieurs, en raison de la perfection des méthodes et du développement des connaissances qu'elles supposent, méritent peu de confiance, à moins quon ne veuille admettie, avec le père Gauljil. que les Chinois avaient appris de Noé l'astronomie.
L'astronomie peut aider à placer les événements dans le temps et l'histoire, comme les lieux dans l'espace et sur la terre. L'éclipsé de Tiubn-kan pouvait fournir la date de son règne et donner un repère précieux à la chronologie chinoise. On chercha, en conséquence, à en déterminer l'époque. Gaubil ridenlifia. pour s'accorder avec le lUb-kin. avec une éclipse de Tan 2ir)5, et pour s'accorder avec le Tmb-uib', dans le(iuel il supposait une lacune de cent quatre-vingts ans, avec une autre éclipse de l an 2128. Fréret, aidé de Cassini, crut accorder les deux textes en acceptant une aulre éclipse encore qui aurait eu lieu en Tannée 2007.
D autres missionnaires, historiens ou calculateurs, présentèrent d'autres solutions, el je crois (]u"on aurail pu accepter quelque éclipse plus récente, si l'on n'avait été convaincu d'avance qn ïl fallait chercher très-loin de nous la date de celle du lUb-kin.
L'astronomie a fait depuis le dix-huitième siècle ([uelques progrès, c'est-à-dire perdu quehiues illusions. .I.-B. Biot, qui. de nos jours, a repris l'examen de l'éclipsé du ll[b-kin, repousse la solution de Cassini et de Gaubil. « On ne saurait aujourd'hui, )» dit-il. élendn^ avec sûreté les tables de la lune jusiju'à des observations aussi an- » cieiiiics (pic ( ("Iles du lUb-kin : donc, en résumé, dans l'état actuel de la science, » on ne pi'ul pas aniiiiicr lliéoi-i(piemenl ipie celte éclipse est vraie, comme on ne » jieul pas assurer non phis (prcllc est fausse. « Il imporle assurénieni [teu (pi'elle .soit vraie ou fausse, du mouu>nl que la date n'en peut être lixée et que la chronologie chinoise n'en peut liicr aucun secouis.