‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 43 sur 59 · COMMERCE GENERAL EXTERIEUR DE LA CHINE · texte numérisé non relu

COMMERCE GENERAL EXTERIEUR DE LA CHINE

Les principaux articles d'exportation sont la soie grégc, moulinée, filée et ouvrée, et le thé; ensuite viennent le camphre, la rhubarbe, la cannelle, la fleur de cannelle, Tanis étoile, le musc, le vermillon, la gomme-gutte, la squine, le curcuma, les tissus du lin appelé ma (grass cloth), et ceux de cotons dits nankin^ le fil d'or faux (fait avec du papier doré), l'alun, l'amome, l'arsenic, cannes

et manches de parapluie, capoor cutchery (racine médicinale), colle forte, confitures, coraux, cubèbe (espèce de poivre), feuilles (clinquant) de laiton et d'étain, éventails, écrans, pièces d'artifice, galanga (racine médicinale), huile essentielle d'anis étoile, de camphre, de cannelle, de bois de sandal et dé clous de girofle, minium, mercure, porcelaines et poteries, tabac, orpiment, papier, verrerie, cristallerie, miroiterie, verroterie, fausses perles, tabletterie de laque, d'ivoire, de bois de sandal, de nacre, d'écaille, d'os et de corne, vannerie (paniers, chapeaux de paille, nattes, etc.), layetterie (malles en cuir ou en bois de senteur), parapluies et ombrelles en soie et en papier vernis, céruse, sucre candi, tablettes de marbre et pierres et carreaux taillés pour construction, meubles, bâtons d'encens, sam-chou (liqueur), chaussures, toiles de coton, vêtements confectionnés, livres, lanternes, etc.

Les derniers articles mentionnés et beaucoup d'autres qu'Userait trop long de nommer, sont envoyés en grandes quantités dans les îles de l'archipel indien, où il y a plusieurs populations composées de Chinois émigrants qui aiment à vivre autant que possible comme s'ils étaient dans leur patrie.

Cependant je veux citer un article digne de remarque. Ce sont des œufs que les Chinois enveloppent d'une espèce de chaux qui sèche sur la coquille et qui en rend l'intérieur ferme et d'une couleur verdâtre foncée. Les œufs ainsi préparés se conservent longtemps et servent aussi de provision à bord des navires. Les Européens ne goûtent jamais ces œufs a cause de leur couleur intérieure noirâtre qui leur donne l'apparence d'œufs pourris, mais j'en ai mangé et je les ai trouvés exquis.

On exporte aussi des caisses de jujubes confîtes <» connues sous le nom de dattes de Nankin. Ces jujubes sont trois fois plus grosses que celles que nous avons dans le midi de l'Europe, Il faut encore mentionner la cire d'insectes et le suif

m LA CHINEE' NES.

végétal, quoiq i i" mportèen

Europe que de ] i c itiUon.

Le suif (Tchou-laHj p I rpe^ frùils d'tm gnaà

arbre; et avec c w ze on fait des bougies qa*oii

ordinair eut dans province de Tche^ang eten lo i Je me I i servi moi-même de cet i qui . j' ' : on m'apportait des boo-

g ] Fai nent h heu mi qui donpaient une belle lumière is aucune odeur.

a L'arbre à suif, crotonsebiferum ou siilUnçia seb\féra^ appartient a la famille des eupborbiacées; ses feuilles sont rbomboïdales, d'un vert tendre, et ses fleurs, groupées en épis terminaux, sont petites et de couleur jaune verdâtre. Les fruits sont enfermés dans une petite drupe . ou écale capsulaire, qui s'ouvre en trois valvules lors de la maturité et montre les noisettes entourées d'une coadie blanche ctreuse^ On retire par expression^ de ces. baies, une huile employée pour l'éclairage, et si l'qn veut obtenir la matière grasse concrète, on met les fruits mûrs dans Feau et on les y soumet a rébullition ; le suif surnage, les parties huileuses se réunissent au-dessous, et, quand l'eau est refroidie, il est facile de recueillir le suif, qui flotte à la surface en croûte blanche.

« Les pains de suif d'arbre obtenus ainsi sont grisâtres et graisseux ; pour leur donner plus de fermeté et de blancheur, on les fait fondre de nouveau, afin de les débarrasser de l'huile qu'ils contiennent encore.

« Quand le tchou-lah est bien préparé, il est plus ferme que le suif animal, n'a point d'odeur désagréable et brûle avec une lumière vive et blanche.

« Le stillingiasebifera est cu\iï\è dans toute la province de Tehé-kiang et dans plusieurs districts du Fo-kien et du Kiang-si (*). »

La cire La-tchong est produite par de petits insectes de

(*) Annales du commerce extérieur, 3* série, n» 415.

DU COMMERCE EXTÉRIEUR. i05

couleur jaune foncé, aplatis, ovales et bordés de franges, qui se fixent par grappes sur les branches de plusieurs espèces d'arbres. Au moment de leur naissance ils sont blancs et de la grosseur d'un grain de millet ou de riz, puis ils croissent considérablement Ils sécrètent des filaments blancç et soyeux qui ressemblent à une laine fine. Cette substance bouillie et clarifiée produit une espèce de stéarine de la plus parfaite blancheur, présentant à la cassure des lamelles brillantes et transparentes : elle ne fond qu'à 81 degrés, ce qui la rend très-propre aux mélanges avec la cire et les huiles dans la fabrication de bougies. M. Stanislas Julien a publié, en 1840, un livre donnant des détails sur cette matière.

Par suite des efforts de l'infatigable et digne consul général de France en Chine, M. de Montigny, de la laine en suint, venue de la Mongolie, a été expédiée de Changhai en Europe. L'opération commerciale n'a pas produit un bon résultat, et il n'est guère probable que la laine devienne un article d'exportation tant qu'on ne saura pas la laver et la presser dans les lieux de production , de manière a en rendre le transport peu coûteux.

Les principales importations en Chine sont: l'opium, les tissus de coton et de laine, le coton en laine et filé, le plomb, le fer en barres, en feuilles et en cercles, clous, zinc, cuivre, riz, dents d'éléphant, noix de bétel, cochenille de Java, ginseng, bois de sandal et bois de construction, écorces pour teinture, sibukao (bois qui teint en rouge), cuirs et peaux, fourrures, pierres à fusil, poudre, armes, savon, guano, poivre, ailerons de requin, tripang oubalate (vers de mer), nids de salangane, rotins, liqueurs (vins, bière, esprit-de-vin, etc.), cornes de buffle, os de toute espèce, coquilles de nacre, écailles de tortue, coutellerie, quincaillerie, horlogerie, papeterie, perles, poudre d'or, salpêtre, mulettes de poisson, feuilles de bétel, noix d'arec, sagou, succin,arrack, agar, gambier, ambjce gris,

i06 LA CHINE ^T LES MISSANCES GHÀÉTIEffNES.

eudbear, cachou (terra japonica), bezaar, gommes et résines, mercerie, cristallerie, sucre, cordes d'abaca, crevettes et poissons salés, fromages, olives et autres articles de bouche européens, tapis et meubles d'Europe, etc.

Quelques articles, comme le mercure et lé sucre, ont été importés ou exportés selon les circonstances.

Il y en a qui sont importés et exportés en intoè temps: tels sont le papier, les toiles do' coton, la porcelaine, les meubles, etc., c'est^-dire des toiles indigènes de coton par exemple, sont eiavoyées dans les îles de Farchipél Indien pour FusagGL des Chinois, tandis que plus de deux millions de pièces de toile 4e coton européennes et américaines viennent en Chine et y sont consommées comme objets de mode et de luxç. -

La houille est très-aboiidante dans plusieurs endroHs de Tempire : ce produit même est un de ses grande élé^ ments de richesse et de pouvoir, mais jusqu'à prés^t il n'est pas devenu un article d'exportation faute d'une convenable exploitation.

A la fin de mai dernier, six mois après l'ouverture du Yang-se-kiang au commerce étranger, douze bateaux à vapeur marchands sillonnaient déjà les eaux de ce fleuve et d'autres étaient commandés en Angleterre et aux États- Unis.

L'exportation d'articles nationaux hors de Chine avait toujours été plus considérable que l'importation, d'où il résulta que d'énormes sommes d'argent passèrent de l'Amérique el de l'Europe dans le royaume de Chine. Au commencement du siècle actuel, par suite du goût introduit dans l'Empire, et toujours croissant, de fumer l'opium, le bilan commença h être contre le pays et l'on vit sortir l'argent par caisses et par chargements. C'est alors que le gouvernement de Pékin voulut détruire le commerce de l'opium, et provoqua la guerre avec les Anglais, en 1840. Elle eut en effet pour résultat d'arrêter la sor-

tîe des métaux précieux et même de les faire rentrer, mais ce desideratum fut atteint par des voies diamétralement opposées à celles que les mandarins avaient en vue. Ainsi ils voulaient mettre toutes les entraves possibles au commerce étranger ; ils firent la guerre dans ce but; étant battus, ils se virent obligés au contraire d'ouvrir de nouveaux ports et d'autoriser le grand développement de trafic qui s'ensuivit; ils se crurent sans doute fuinés et perdus! On vit pourtant alors une chose que personne n'avait prévue. Les étrangers pouvant s'approcher des lieux où se récoltent le thé et la soie, l'acquisition de ces articles devint plus facile et économique : on put connaître dès lors les gigantesques forces de production de l'Empire. L'exportation de 1^ soie qui, avant la guerre, n'avait jamais dépassé le chiffre de 12 ou 15,000 balles, fut en 1856 de 95,000 balles; au lieu de 40 ou 60 millions de livres de thé, il en sort maintenant environ 150 millions. Les importations dès produits de l'Europe et de l'Amérique n'ayant pas augmenté en proportion, il ftillut bientôt envoyer de l'argent annuellement pour solder les comptes. C'est ainsi que depuis 1853 le bilan du commerce extérieur s'est trouvé de nouveau en faveur de la Chine. La valeur des métaux précieux qui y sont entrés n'est pas facile à constater. Dans les tableaux statistiques publiés par le gouvernement anglais, les métaux k destination de rinde et de la Chine sont confondus et ne forment ensemble qu'un seul chiffre : or les sommes introduites par le commerce anglais' sont les plus importantes.

m u< EvmL.

1 iéral0s de tous les paiy$ ^

i V %nt ranîtée i%U (*).

Pollara. Tmm.

Coton DOB tissé. . • . . . . /....'. . 5^000^600

Tissas 4e coton de toutes sorte». ..... S^OOO^OQO J

Tissus, de laine de toutes sortes. . . ^ . . .1,047,000* Métaux de toutes sortes. . . . . . « . . , aoi»050

BLz-. /. . ...•.,. 500,000

Perles, ,,..... . S00,000

Gingembre. , ...,.••.., 65,000

Poudre d'or de Mantlïe ai niimèrîdre. . • i,OOOj|pOO Autres artkleà non énumérés, . , • ; . . 941,730

Opium (évaluation appruxlmalivÊ) 15,794,630

^^^^^^^{^^^ S5,ooo,ooo^ m/Êm^

Valemêes expofiaM0ns générales de Ckme

pour fous les pays étrangers en 1844.

Thé.

Dollars. Francs.

i 40,000,000 de livres pour l'Angleterre, j q^^qqq

(10,000,000 pour les autres pays. . • j ' '

Soie grége 1,700,000

Tissus de soie 1,047,000

Sucre et sucre candi . 570,000

Cassia (cannelle) 240,000

Autres articles non énumérés 558,750

Frais des navires et tonnage. 500,000 ^ ^^ tiRt) 250

15,559,750 7a,aW,«*

Argent 11,160,250 I "^^^^'^

(*) Ce tableau fut rédigé et imprimé en Chine par le regiettikli M. R. Thom.

Valeur des importations générales de tous les pays étrangers en Chine, pendant Vannée 1855 (*).

Francs.

Cotons en laine 8,000,000

Tissas de coton. ... : 41,000,000

Fils de coton 1,000^000

Tissus de laine 7^250^000

« , ,. ( coloniales 8,000,000

l d'Europe et des États-Unis. 6,878,719

Munitions de guerre 2,000,000

Métaux 6,000,000

Opium 191,470,775

Produits de la mer 2,000,000

Riz et grains 15,000,000

Total des importations. . . 286,599,494

Valeur des exportations générales de Chine pour tous les pays étrangers^ en 1855.

Francs.

Thés (noirs et verts) 211,804,751

Soies et soieries 155,576,712

^ Alun. • . . ,

Chinoiseries diverses

Cire végétale

Cannelle (cassia)

Cotonnades (nankins)

Laines / 36,»18,100

Médecines..

Monnaies de cuivre

Porcelaines. ..."

Vermillon

Total des exportations. . . 585,595,542

') Ce tableau fut fait par M. Auguste Heurtier, délégué du ml- 1ère du commerce dans les mers de Chine et Indo-Chine, et publié 18 les Annales du commerce extérieur, 3* série, n» 983.

M U GflDfE ET LES PAUSSANCES GHRfiTIEN!IBl

,j ift »* — «^ œ *^ l-' r- «* »i O r- * - S'* BÎS*^SQ 3EîS^ ■* * f*

3 lat^-^^^t^

— pi «, ^ <lt> -^ M

Page 1