COMMERCE ENTRE LA GRANDE-BRETAGNE ET LA CHINE
Les produits du Royaume-Unt importes dans la Chine, ë l'époque de la première guerre , avaient une valeur d'un million à un million et demi de livres sterling. L'ouverture des nouveaux ports (Chang-hai, Ning-po, etc.) n'eut pas pour effet immédiat d'augmenter beaucoup cette importation : elle diminua même pendant l'année 1854, et se soutint seulement dans Tannée suivante. L'o* pinion alors commença à devenir générale qu'on s'était fait illusion en croyant a une grande croissance du commerce par suite de l'ouverture de nouveaux ports. Plusieurs écrits rédigés dans ce sens se trouvent dans des enquêtes officielles, et il y eut même des hommes compétents qui essayèrent de démontrer que, vu le bas prix de la main-d'œuvre en Chine et autres circonstances, l'importation de marchandises européennes, dans cet empire, n'était guère possible.
Ceux qui raisonnaient ainsi ne prenaient pas en considération, d'abord l'état désastreux du pays bouleversé par les révolutions depuis 1850, et puis la différence entre les produits locaux et européens. Les toiles de coton, par
iSO LA. CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
exemple, que fabriquent les Chinois, sont écrues, et, quoique supérieures en solidité aux calicots anglais, sont loin d'être aussi belles que ceux-ci à cause de la blancheur et de l'apprêt. Les calicots ont en même temps l'avantage d'être meilleur marché que les toiles indigènes. Il s'ensuit que les dames ne veulent plus porter que l'étofife étrangère, et les cotonnades fabriquées dans le pays finiront par être reléguées au bas peuple.
Quoi qu'il en soit, malgré les désastres toujours croissants de la guerre civile, l'importation d'articles britanniques s'est développée a partir de 1855, comme on peut le voir par ces chiffres :
Valeur de tous les produits naturels ou manufacturés de la Grande-Bretagne introduits en Chine.