COMMERCE EIVTRE LA CHINE ET LE PORTUGAL
11 s'effectue par l'emploi de deux ou trois navires qui font directement le trajet entre Lisbonne et Macao; ils y portent principalement des vins rouges et exportent des thés.
Macao possède 12 ou 15 navires et plus de 100 lorchas qui s'emploient au commerce de cabotage entre Canton, Ilong-kong, Amoy et les autres ports de la Chine : ils vont aussi à Siam, en Gochinchine et dans les détroits de Malacca.
Macao fut un entrepôt florissant tant qu'il conserva le monopole des échanges entre la Chine et les pays étrangers; mais a mesure que l'Empire s'est ouvert, cet établissement portugais a perdu de son importance. Dans ces dernières années, il s'est un peu relevé par suite des guerres et des troubles régnant a Canton. Si pourtant la paix se consolide et que le commerce puisse être exercé librement au nord et dans l'intérieur de l'Empire, Macao n'a plus d'espoir de revivre; son histoire est l'histoire de Venise : cette reine des lagunes vécut dans une grande prospérité tant qu'elle conserva le monopole du commerce entre l'Orient et l'Occident : le cap de Bonne-Espérance fut découvert, et Venise périt. Ainsi Macao, ville très-opulente quand elle était la seule pour faire le commerce entre la Chine et les nations étrangères, n'aura plus de raison d'exister comme entrepôt dès que l'Empire Céleste sera réellement ouvert aux pays commerçants.