‹ La ChineChapitre 2 sur 7 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

L'Ejnpire chinois occupe la partie orientale du continent asiatique, la contrée des Seres et des Sinae des Anciens, entre le 18^ et le 43^ de latitude Nord et entre le %° et le 120^ de longitude Est, méridien de Paris.

Noms. — Les habitants de ce vaste Empire le désignent sous le nom de Tchoung Kouo, « TEmpire du Milieu », qui appartenait à la province de Ho Nan, fief de la dynastie des Tcheou qui régnèrent de 1122 à 255 avant J.-C. ; ils se nomment eux-mêmes <( les hommes de TEmpire du Milieu », Tchoung Kouo jen. Toutefois, dans les documents officiels, la Chine portait le nom de la dynastie régnante. Ta Ming Kouo, Ta Ts*ing Kouo, « Grand Empire des Ming », « Grand Elmpire des Ts*ing». Depuis la chute de la dynastie mandchoue, on emploie l'expression Tchoung Houa Min Kouo.

Le nom de « Chine » donné par les étrangers vient très probablement de la djrnastie des Ts*in qui régna au III^ siècle avant notre ère. Les géographes anciens mentionnaient au

b LA CHINE

sud-est de l'Asie un pays de Sinae au SaA de la contrée des Seres, Strica, pays de la soie. Nous trouverons la Chine désignée au Vil* siècle après J.-C. par Theophykctc Simocatta sous le nom de Taagas, tandis qu'au Xlll^ et au XIV* siècles, elle est appela par le* voyageurs européens Cathay dans sa partie sept«:itrionaIe, Manzi dans sa partie ntéridionale.

Limites. — La Chine propremMit dite forme dix-huit provinces ou Che pa Cheng, mais il faut y ajouter la Mandchourie et les colonies, c'esl'i-dire la Mongolie, 'l'Ilî, le Kou kou nor et le Tibet qui la sépare de la Sibérie, du Turkestan russe et de l'Inde. Au sud la frontière est formée par les diverses parties de l'Indo-Chine ; à l'est et au sud-est, la mer baigne ses côtes depuis l'embouchure du Ya Lou, qui la sépare de la Corée, jusqu'il la frontière du Tong King, sur une longueur d'environ 3.500 kilomètres ; cette mer, dépendance de l'Océan Pacifique, est divisée par les Chinois en trois parties : Houang Haï, Mer Jaune, au nord ; Toung Haï, Mtr Orientale, au centre ; et Nan Haï, mer du Sud : le nom de Mer Bleue employé au lieu de Mer Orientale par les Européens est inconnu des Chinois. De nombreuses îles s'étendent le long de la côte, en particulier Tsoung Ming:. l'archipel des Chousan, Formose, les Pescadcrcs, les Ladrones ii l'entrée de la rivière de Canton. Au nord, !a mer creuse le golfc de Pe Tche-!i dont les eaux baignent Ta Kou, embouchure du Pei Ho qui conduit k T'ien Tsin et qui est limité à l'est par la péninsule de Liao Toung et le Chan Toung.

Superficie. — Le CalenjTier Amaiam de Zi-ka-wm (1906), qui est uni' des meilleures sources de rensognements

sur la Chine, donne aux dix-huît provinces une superficie de 3.970.000 kilomètres carrés ainsi répartis : Tche Li, 300.000; Chan Toung, 145.000; Chan Si, 212.000; Ho Nan, mjm; KiangSou, 100.000; Ngan Houei. 142.000; Kiang Si* 180.000; Tche IGang, 95.000; Fou Kiep, 120,000 ; Hou Pe, 185.000 ; Hou Nan, 216.000 ; Kan Sou. 325,000 ; Chen Si, 195.000 ; Se Tch'ouan, 566.000 ; Kouang Toung, 259.000; Kouang Si, 200.000; Kpuei Tcheou, 174.000; Yun Nan, 300.000.

Montagnes. -— Les montagnes qui forment l'ossature de la Chine prolongent en quelque sorte le système orogra-^ phique de TAsie centrale vers le Nord-Est et vers TEst : T*iai Chan, K'ouen Loun entre le Tibet et le désert de Gobi, Himalayas entre le Tibet et Tlnde : ces montagnes sont : 1^ celles au nord du Fleuve Jaune, qui dépendent de l'AIa Chan et du Kan Sou ; 2^ la chaîne centrale, les Tsing Ling, qui séparent le bassin du Fleuve Jaune de celui du Yang Tseu ; et enfin, au sud, les Nan Ling ou Nan Chan entre le bassin du Yang Tseu et celui du Si Kiang^ La partie la plus fertile de l'Empire est la Grande Plaine qui s'étend dqp>uis la Grande. Muraille au N. dePeKing, Jusqu'au lac P'o Yang au Kiang Si, et depuis le Ngan Hbuei jusqu'à Hang Tcheou du Tche Kiang ; elle a une longueur d'environ 1.000 kilomètres et elle est traversée du N. au S. par le Cana) Impérial. Dans le N. de la Chine, en particulier dans le Chan Si, on rencontre une formation tertiaire appelée Lœss par les étrangers, et houang tou, terre jaune, par les Chinois.

Fleuves. — Les deux principaux fleuves de Chine sont le Kiang et le Ho, correspondant au Yang, principe mâle.

et au Yin, principe femelle, dans le système chinois de la création.

Le Kiang, Ta Kiang, Grand Kiang, Yang Tseu, porte différents noms suivant son cours et en particulier celui, de Kin Cha Kiang, dans sa partie supérieure. II prend sa source au Tibet et traverse les provinces de Yun Nan, de Se Tch*ouan, de Hou Pé, qu'il sépare du Hou Nan, de Kiang Si, de Ngan Houei et de Kiang Sou. II reçoit à gauche, à Loko Mi tien, le Va Loung, grossi du Ngan Ning qui borde à Touest la région du Ta Leang Chan (Se Tch*ouan) habitée par les Lx>los, à Soui (ou, le Min qui arrose Tch'eng Tou, capitale du Se Tch'ouan, formé du Fou Ho et du T'oung Ho ou Ta Tou Ho, près de Lou Tcheou, le Tch oung Kiang, à Tch oung K'ing, le Kia Ling Kiang ; il reçoit à droite, à Kiang Pien, le Tso Ling Ho ; puis le Nieou lan Ho, le Houng Kiang, le Siu Young Ho* le Ho Kiang, le Wou Kiang ; il reçoit au sud lés eaux du lac Toung T'ing qui est le déversoir des eaux du Siang Kiang, du Youen Kiang et du Li Chouei ; k Han K'eou, en face de Wou Tch'ang, sur la rive gauche, se jette le Han Kiang. Le lac P o Yang *forme une poche dans le Kiang Si, alimentée par le Kan, rivière de Nan Tch'ang, capitale de la province ; le Kiang est coupé par le Grand Canal à Tchen Kiang ; à son embouchure il reçoit la rivière de Wou Soung, en face de Tîle de Tsoung Ming. Il a une longueur totale d'environ 5.000 kilomètres.

Le Houang Ho a sa source non loin de celle du Kiang au Tibet ; il descend au Kan Sou où il reçoit à droite le Tao Ho, et à gauche le Si Ning Ho ; il franchit la Grande Muraille en remontant vers le Nord, puis après un parcours en ligne droite de 1*0. à l'E. il redescend brusquement vers le sud formant la boucle des Ordos ; avant de se

diriger à nouveau i vers TE., il reçoit le Wei Ho à T'oung Kouan ; il xa se jeter, après avoir coupé le Grand Canal, dans le golfe du Tche Li ; avant 1853, il déversait ses eaux au sud du Chan Toung. Ce fleuve, au cours difficile, est célèbre par ses inondations.

Parmi les autres fleuves, nous citerons le Pei Ho, qui arrose la plaine de Pe King et par T*ien Tsin descend à Ta Kou où il se jette dans le golfe du Tche Li, le Ts*ien Tang Kiang, rivière du Tche Kiang, ainsi que le Young Kiang qui baigne Ningpo ; le Min, rivière du Fou Kien, qui passe à la capitale, Fou Tcheou ; le Si Kiang, venu du Yun Nan, traverse le Kouang Si et arrive au Kouang Toung ; sa branche, le Tchou Kiang, rivière de la Perle, descend de Canton à la mer où elle se jette à Hou Men (Boca Tigris). A ces cours d*eau, il faut ajouter le Yun Ho ou Canal Impérial qui descend de T'ien Tsin du Tche Li, à Hang Tcheou, du Tche Kiang, avec une longueur d'environ 1 .600 kilomètres.

Climat. — Il est impossible de donner en quelques lignes des renseignements sur le climat d*un pays aussi considérable que la Chine. Les conditions climatériques dépendent de la latitude, de la distance des côtes, du voisi* nage des déserts de la Mongolie, et du régime des vents : ceux'^i amènent du nord des froids qui augmentent d'in-^ tensité au fur et à mesure qu'on monte vers le nord et une saison sèche qui dure de novembre à avril et qu'accompagnent des tourbillons d une poussière redoutée à Pe King ; du sud, les vents amènent la chaleur et soufflent pendant la saison pluvieuse. La situation même des villes cause de grands changements dans' la température ; à T'ien Tsin, le thermomètre descend en hiver à 20^ et monte

en été jusqu'à 389, tandis qu*à Omton; îl descend rarement au-dessous de zéro et monte égal<îri!ent jusqu'à 38^. Les cyclones pu sibuen foung originaires de Sibérie ou de. la Chine occidentale, les typhons (ta foung) qui prennent naissance danis le Pacifique causent parfois de grands désastres en Chine.

Ethnographie. *-* En dehors des Chinois, différents suivant la région où ils habitent, et les Mandchoux, îl y a en Chine des races considérées comme .Barbares, dont il est parlé sous le nom de TU de Joung, de Yi, dans les ouvrages de l'antiquité. Aujourd'hui on les désigne sous les noms de Yi, de Fan, de Mon. Les trois groupes les plus importants sont les Miao Tseu, au Kouei Tcheou et au Kouang Si, les Lolos et les Mo^sos,

Les Lolos répandus au Se Tch'ouan, au Kouei Tcheou et au Yun Nan occupent principalement le massif du Ta Leang Chan (grandes montagnes froides) d#ns la première de < ces provinces; ce massif est compris entre la rivière T'oung (ou Ta Tou ho) au nord, la préfecture de Yue Hl et celle de Ning Youen, la capitale, avec la rivière Ya Loung, à l'ouest ; Houei li tcheou au sud ; le Kin Cha Kiang (Haut Yang tseu) et Lei Po ting à l'estp la rivière Min au nord-ouest. D'une façon «générale, on lestdiyîse «n Lolos noirs et Lolos blancs, mais il y en a un grand nombre de variétés. Ils se disent originaires de la région située entre le Tibet et la Birmanie. Le nom de Lolo est d'origine chinoise inconnue et est considéré conune une injure. Dans un rapport du Gouverneur Général Lo Ping^tchang, les Lolos sont appelés Yi, terme de mépris usité par les Chinois pour les Européens; dans certains endroits, ils se nomment eux-mêmes. Ngo Sou, Ils ont une écriture ;

leur langue comporte un certain nombre de dialectes.

Les Mo-^os (Mo'sié) habitait le territoire des préfectures de Li-'kiuig et de Ho King dans la province du Yun Nan ; ils se désignent eux-mêmes sous le -nom de Na ehi ; on les nomme aussi Mocha et Moii ; les Tibétains les appellent Djiungl lÀ Kiang est leur ancienne capitale. Subjugués d*abord par le roi de Nan Tcliao, Yi-^meou-tsin, ils furent définitivement conquis en 1255, par le général mongol Ouriangkadai. Ils ont une écriture figurative.

Les provinces de Kouang Toung et de Yun Nan ren" ferment en particulier de nombreuses tribus non chinoises. Au Kouang Toung, dans la préfecture dé Lien Tcheou, on note les Yao et les Tchouang. Les Yao émigrèrent du Hou Nan et se soumirent complètement à la Chine en 1 703 ; ils sont extrêmement violents ; ils font de leurs cheveux un chignon et ils s'entourent la tête d*un morcieau d'étoffe rouge ; suivant la légende, ils descendent de P*an hou qui après avoir tué le chef des barbares faisant des incursions dans TEmpire épousa la fille de l'empereur Ti Kou qui régna de 2436 à 2366 av. J.-C. et devint Tancêtre non seulement des Yao, mais aussi des Tchouang, des Miao Tseu et des Tchouang Kia. Les Tchouang, jadis- des Long Ping (soldats-loups), passèrent du Kouang Toung au- Kouang Si ; on les désigne aussi sous le nom de Chan Jèn (montagnards) ; ces chasseurs seraient venus au Kouang Si du Hou Nan et du Kouei Tcheou à Tépoque des Mongols (xïlï^-XIV® siècles). Dans la préfecture de T aï Ping fou on rencontre les Tqu ou Thô descendant de soldats qi^i avaient jadis combattu contre les Barbares méridionaux et qu*en récompense de leurs services on avait établis dans le paya.

Au yvn Nan nous trouvons led Po-yi ou P*o Yi qui

SOUS les Han formaient la principauté de P'o Tseou et sous les Tang les tribus de Pou Hioung et de Si-Ngo; voisins de la Birmanie, ils se donnèrent aux Mongols Youen ; ils s'entourent la tête d'une étoffe noire ; ils ont une langue et une écriture spéciales, dont on possède le vocabulaire emprunté probablement au tibétain. Les Cha Jen descendent de chefs du Ngan Nan. Les Notmg descendent de Noung TcKe-kao ; leur territoire qui sous les Soung (960-1278) s'appelait T*e mo tao a été, sous les Ming, transformé en préfecture de Kouang nan fou ; ils sont comme les Cha J^ querelleurs. Les Toa Lao ou Chan Tseu (montagnards) seraient de la race des Kieou Lao, eux-mêmes de la race des IVou Mon, 1>arbares noirs méridionaux du Yun Nan venus des. tjerritoires du Se Tch'ouan, du Kouei Tcheou et du Kouang Si ; ils sont peut-être les Thô-lô-man de Marco Polo^ Les P La, P'o Si, jadis P'ou Na, furent annexés à la Chine sous K'oublai (xill^ siècle) ; ils étaient de la race de -Kieou Loung, fondateur du royaume de Aï Lao, et fondaient une tribu du Nan Tchao. Les Miao Lolos, désignés aussi sous le nom de Hou teou ying tchang, d'aspect repoussant, descendent de Barbares Mon autochthones et diffè|[ent des Lolos blancs et des.Lolos noirs. Les Mou ki* qui appartenaient jadis à la tribu des Tsouan orientaux, se soumirent aux Mongols. Les Pe Jen ou Min^kUi tseu, de même race que les Pa-Yi, près de Ta Li à l'origine, appartenaient à la tribu des Kin Tche (Dents d'or) dont nous parle Marco Polo sous le nom de Zardandan. Les P'ou tcha, d'origine tonkinoise, ont eu leur territoire transformé en 1 667 en préfecture de K'aï Houa ; ils sont cultivateurs et pêcheurs. Les //o-nAi, qui habitent les montagnes, ont formé sous les Ming la préfecture de Youen Kiang. Les Lolos blancs « occupent le dernier degré de l'échelle parmi

les barbares étrangers tandis que les Lolos noirs forment la classe la plus estimable des étrangers qui habitent sur le sol yunnanais ». (Devéria.) Les tCou Tsùung sont des Tsouan soun^is depuis la d3mastie mongole, de même que les TcKt sou. Les P^ou Jen ou P'ou Mon (Barbares du Sud) annexés par les Mongols descendent des Pe Pou ou Pa Pe, habitant Xieng Mai au Laos. Les Mang, qui formaient partie des tribus de Mien (Birmanie), ont été réunis à la Chine par les Ming au XVI® siècle. On compte encore un grand nombre de tribus dont on trouvera Ténumération dans La Frontière Sino^Annamite de Devéria (Paris, 1886) à laquelle nous avons fait de nombreux emprunts.

Population. — En 1919, la population de la Chine était de 439.405.000 habitants ainsi répartis :

Mandchourie : 19.290.000 ; Tche U : 29.400.000 ; Chan Toung : 38.000.000 ; Se Tch'ouan : 72.190.000 ; Hou l^an : 22.040.000 ; Hou Pe ; 24.770.000 ; Kiang Si : 24.534:000 ; Ngan Houei ; 37.000.000; Kiahg Sou : 26.920.000 ; Tche Kiang : 22.690.000; Fou Kien : 20.000.000; Kouang Toung : 32.000.000 ; Kouang Si : 8.000.000 ; Yun Nan : 7.571.000; Chan Si, Chen Si, Kan Sou, HoNan, Kouei Tcheou : 55.000.000.

La population chinoise dans les ports ouverts au com^ merce étranger est de 9.762.500 ; les ports les plus peuplés sont : Han K*eou, 1 .459.5(X) (avec Wou Tch ang et Han Yang) ; Chang Haï, 1 .000.000 ; Canton, 900.000 ; T'ien Tsin. 800.000 ; Hang Tcheou, 689200 ; Ning Po, 674.000 ; Fou Tcheou, 624.000; Sou Tcheou, 500.000; Tch'oung K'ing. 495.800; Tch'ang Cha, 535.800; Nan King. 392.000 ; Harbin, 115.700; Tchen Kiang, 101.900. etc.

En 1919, la population étrangère en Chine comprenait

350.991 individu! et possédait 8.0f5 tnaiforu : Les Ji^kiluis, 171.485 perscmiMs, 4.878 maisons; les Ruum, 148,170 personnes, 1.760 maisons; les Ang^s, I3J34 et 644 maisons ; les Américains, 6.660 personnes et 314 maisons; les Français, 4.409 (dont 918 protégés) et 171 maisons; les Portugais, 2.390 personnes et 93 maisoneï les Allemands, 1335 personnes et 2 maisons; les Suédois,' 632 personnes et 4 maisons ; les Belges, 391 per~ sonnes et 20 nuisons ; les Italiens, 276 personnes et 19 maisons; les Danois, 546 personnes, 27 maisons i les HoHandais, 367 personnes, 25 maisons ; Hongrois, 1 1 personnes ; Mexicain, 1 ; Norvégiens, 249 personnes, 12 maisons ; Espagnols, 272 personnes, 8 maisons ; sujets de pays sans traité, 536, 33 maisons.

Religion. — II y a, en Chine, trois religi<»is officielIcB : 1° ]ou Kiao, religion des Lettrés ; 2f* Tao Kiao, rdigion des Taoïstes ; 3*^ Fù Kiao, religion de Fo, c'est-A-dire du 'Buddha.

Le ]ou Kiao compr«id trois degrés de sacrifices :

a) Les grands sacrifices qui s'adressent au Gel (Tien); à la Terre (Ti), aux grands temples dee ancêtres fT'oî Miao) . ail sont placées les tablettes des empereurs défunts de la dynastie régnante, aux Chie'tsi, dieux de la terrç et des grains,

b) Les sacrifices moyens ont neuf objets : le soleil, la lune, les mibies des empereurs et rois des dynasties préc:édentes. Confucius, les anciens patrons de l'Agriculture et de la Soie, les dieux du Gel et de la Terre et l'Année du Cycle.

c) Les sacrifices inférieurs, ^loun se, s'adressent aoît à des bienfaiteurs défunts, à des hommes d'Ëtat célèbres.

soit au vent, à la pluie, au tonnerre, aux montagnes, aux fleuves» etc.

C'est au solstice d*hiver qu*a lieu la grande fcte de la religion d*£tat, c'est le jour où TEmpereur, Fils du Gel, se rend officiellement au Tien tan. Temple du Gel, à Pe King.

Le Tao kiao est la doctrine de Lao Tseu, transformée en un mélange de recherches alchimiques, de pratiques de sorcellerie, de superstitions bouddhiques au premier siècle de notre ère par Tchang Tao^ling et ses successeurs.

Les doctrines de Lao Tseu se sont répandues moins peut-être par les propres ouvrages du philosophe que par ceux de ses disciples, en particulier de Tchouang Tseu, l'auteur du classique Non Hoaa, adversaire de Mencius, vivant au iv^ siècle, un des héros du conte connu sous le nom de la Matrone du Pay& de Soung, dont la Matrone d^Ephise est le pendant européen* Tchouang Tseu avait été précédé par le sceptique Li Tseu ; après lui, l'école taoïste ancienne compte Han Fei-tseu, qui se suicida en 223 av. J.-^C., et Houai nan tseu ou Lieou ngan, mort en 122 av. Jt-C* pour ne cit^ que les plus célèbres.

Tchang Tao-'Iing descendait à la huitième génération de Tchang Leang, le célèbre conseiller de Leou Pang, fondateur de la dynastie daè Hah. Il naquit la dixième année de l'empereur Kouang Wou (34 ap. J.-C.) dans une pauvre chaumière d'un petit village de la province de Tche Kiang» situé au pied du T'ien mou'chan» dans la préfecture de Hang Tcheou. De bonne heure, Tchang se livra à Tétude des ouvrages de Lao Tseu à laquellejl ajouta des recherches Sur l'alchimie, science qui avait poul but « de prolonger la vie au delà des bornes de la nature ». Déjà la doctrine pure de Lao Tseu s'était transformée et avait été remplacée par

des pratiques de magie et de sorcellerie, et les taoïstes abandonnant les hautes spéculations philosophiques de leur Maitre se livraient à la recherche du tan et du ^Vi tan à l'aide duquel ils pourraient fabriquer de Tor et obtenir Timmorr talité : dans le but de poursuivre ses recherches, Tchang se retira au Pei-in-chan, au nord de Ho Nan fou, et tout en continuant ses méditations sur le Tao avec les disciples qu'il avait réunis autour de lui, il cherchait, d'après les diagrammes du Yi King, à découvrir les principes de la vie étemelle. Il transféra son domicile dans le pays de Chou (Se Tch'ouan) et c'est là qu'il découvrit l'élixir de longue vie. Il eut une entrevue avec son maitre Lao Tseu et il disparut dans les cieux (157 ap. J.-C). .

Voici le portrait de Tao Ling, dont le fils Tchang Heng continua la tradition : « Son corps avait neuf pieds deux pouces de long ; ses sourcils étaient hirsutes ; son front, large ; son crâne rouge comme le vermillon ; ses prunelles, vertes. Il avait un gros nez et des joues anguleuses ; ses yeux étaient triangulaires; des cornes étaient cachées sous son cfane ; ses mains pendantes dépassaient le genou. Il s'asseyait avec la majesté du dragon et marchait avec la dignité du tigre. Tous ceux qui le regardaient le trouvaient plein de noblesse. »

La religion du Tao comprend un immense Panthéon, embrassant une quantité de génies. Le Directeur général de la secte du taoïsme est le Tcheng i se ki^o tchen jen qui est par privilège héréditaire le premier né par descendance en ligne directe ae Tchang Tao-ling ; dans la capitale le culte a à sa tête deux Supérieurs, Tao lou se; en province» des Tao kf se Tau kf*

Le Fo kjiao ou Bouddhisme, quoique d'origine étrangère, n'en est pas moins devenu une des trois religions officielles

de la Chine. II est probable qu*elle fut introduite en Chine par rintermédiâire des Yue Tche sous l'empereur Ngai (2 av. J.-C.) ; la vision de Ming Ti (61 ap. J.-C.) dans laquelle cet Empereur aurait vu le Buddha paraît apocryphe. La protection accordée en Chine à la religion de Çakya Muni par lempereur Houan, au. Tibet par Srong Btsan Gampo, en amena la rapide extension. Ce fut dans le but de recher^ cher I^ écritures saintes du bouddhisme que des religieux chinois» dont les plus célèbres furent Fa Hian (v® siècle), Soung Yun (vi® siècle) et surtout Hiouen Tsang (f 664), entreprirent la longue route qui devait les conduire aux sanctuaires sacrés de Tlnde, particulièrement dans les pays de Gandhâra et de Udhyana.

Fa Hian est le nom en religion d'un pèlerin dont les ancêtres étaient originaires de Ping Yang au Chan-Si. Il se mit en route de Tch*ang Ngan (Si Ngan) en 399 avec plusieurs compagnons ; par Touen Houang, Chen Chen (Leou Lan), Kao Tch ang, Yu T'ien (Khotan), les monts Ts'oung Ling, le Ladakh, il gagna Tlndus (Sin T eou) qu'il traversa deux fois, arriva dans lés royaumes de Udhyana et de Kian to wei (Gandhâra) et suivit les bords du Gange jusqu'à son embouchure ; il avait mis six ans pour atteindre l'Inde centrale où il séjourna pendant six ans ; il s'embarqua pour le Tchampa, puis pour le pays des Lions (Ceylan) oii il resta deux ans ; il aborda ensuite à Che P'o, le Jabadiou de Ptolémée, Yava Dvipa, Sumatra pu Java en 412 et y demeura pendant cinq mois. De Java, Fa Hian se dirigea vers Kouang Tcheou, mais une tempête l'obligea à se rendre à Tch'ang Kouang, département de Ts'ing Tcheou ; il y passa un hiver et un été, puis après s'être arrêté à Nan king, il rentra à Tch'ang Ngan en 414 ; il avait mis trois ans pour son voyage de retour ; son absence avait duré quinze

ans. La relation de Fa Hian, r^tligée deux ans plus tard, eit intitulée Fo hona ki. Relation des Royaumei Bouddhiques ; elle a été traduite en français par Abel Rémusat et en anglais par Samuel fieal et Jamet Leggc-

Hiouen Tseng était le nom d'enfance du Maître de la Loi qui portait dans le monde U nom de famille de Tchin. En 622, ayant accompli ses vingt ans, il reçut le complément dea règles monastiques h Tch'eng Tou ; il se mit alors à voyager dans les différentes parties de l'empire pour visiter les Moitiés et s'établit enfin A Tch'ang Ngan dans un monastère où il eut bientôt épuisé le savoir de ses maîtres et constaté les norgbreusea différences dans leur enseignement. 11 résolut donc d'aller a la source même de la Loi, i l'Inde, i pour consulter les docteurs sur les points de la Doctrine qui 1 lui paraissaient douteux.

Hiouen Tsang se mit en route en 629 ; il traverse Lan I Tcheou. Liang Tcheou, Yu men kouan et, sur sonin vitation, se rend cboi K'io wen t'ai, roi de Kao Tch'ang, qui aurait voulu le relenir près de lui, passe à Karachahr, traverse tes Ts'oiuig Llii!>. atteint le lac Issik koul dont il suit les bords vers le nord tt arrive à U ville de Sou Che où il rencontre le Khan des Turks, Che Hou, qui chassait et . l'invita à venir à sa résidence. Hiouen Tsang visite Samarkande et Boukhars. franchit l'Oxus, arrive au royaume de Kapiça. iravtrse l'Hindou Kouch et entre aux Indes ; le Candhara, l'UdKyana. Benares, Kapilavastu au Népal, te 1 Magadha soni visités par lui ; il se rend au Tchampa et à l'Assam et enfin il revient en Chine par l'indus, l'Oxus. le Pamir, Kachgar, Khotan, Pimo. Il fait une entrée triom- -phele à Si Ngan. après seize années d'absence en 645. C'est dans le couvent de Houng fo seu que Hiouen Tsang traduit cinq sutras et castras et achève la téAaCâon du Si Yu Ki,

Mémoires sur les contrées de TOuest, dans lequel il traite des 128 royaumes qu'il a visités lui^mênne ou dont il a entendu parler (648), Reçu par l'Empereur à Lo Yang, Hiouen Tsang obtient du souverain qu'il écrive une préface qui contient 781 caractères. Le grand voyageur ne voulut accepter aucune fonction publique et passa sa vie entière à traduire les livres sacrés qu'il avait rapportés de l'Inde ; il mourut en 664, âgé de 68 ans. C'est grâce au récit des voyages de Hiouen Tsang que l'on a pu reconstituer la géographie de l'Asie centrale et celle du nord de l'Inde. Ses voyages ont été tra* duits par Stanislas Julien.

Les prêtres ou bonzes ont à leur tête ; à Pe King, deux Seng lou se, ou Supérieurs, puis deux « bonzes bienfaiteurs », Chan Che ; deux « bonzes prédicateurs », TcKan kiao ; deux « bonzes lecteurs », Kiang king et deux « bonzes instructeurs », Kio^i ; dans les provinces : des Seng-okang-se Fou tou kongf *^ Vice-Supérieur des Bonzes d'un Fou », des SengAdheng, << Supérieur d'un tçhcou ou d'un fir^ », des Seng houei, ^< Supérieur des bonzes dans un hien ». (( Les supérieurs des bonzes, dit le P. Hoang, sont nommés par le Vice-Roi ou le Gouverneur, sur la proposition du Préfet ou du Sous-Préfet. Leur office consiste à veiller sur les bonzes de leur district et à les convoqua, sur l'ordre du Préfet ou du Sous-Préfet, pour réciter des prières afin de pacifier les âmes des condamnés morts en prison, pour demander la pluie ou le beau temps et pour frapper le tam'^tam pendant les éclipses du soleil ou de la lune. »

A l'origine, les Empereurs offraient des sacrifices à TEtre Suprême Chang Ti sur un seul tertre ; plus tard le nombre des tertres sur lesquels étaient offerts les sacrifices furent Augmentés, et sous les Ts'in. il y en eut quatre, représ^rtant kr vm^^ régions da l'Empire, ^u Centre,

au Sud, à TEst et à TOuest, et Chang Ti fut désigné sous le nom de Souverain rouge pour le Sud, Souverain jaune pour le Centre, Souverain vert pour l'Est, Souverain blanc pour rOuest/Le fondateur de la dynastie des Han, Lieou Pang, créa au Nord un cinquième Souverain, le Souverain noir. L'Empereur Wou érigea un temple spécial aux Cinq Souverains au nord de la Wei, transformant l'ancien monothéisme des Chinois en un polythéisme.

D'une façon générale, en Chine, les temples sont désignés sous le nom de A/iao ; les étrangers les nomment souvent pagodes, nom d'origine hindoue ; le mot chinois fa est l'expression correcte et s'applique plus particulièrement aux temples bouddhistes que l'on dénomme aussi seu ; ngan est un couvent de nonnes. Les monastères taoïstes sont nommés kotian. Les prêtres bouddhistes, les bonzes, sont des ho chang ; les prêtres taoïstes sont des tao che.

Les étrangers qui emploient dans leurs relations avec les Chinois des ports une langue spéciale appelée pidginenglish, composée de chinois, de malais, de portugais et surtout de mauvais anglais, désignent les temples, Miao, sous le nom de Joss House, Joss étant une corruption du portugais Deos, Dieu ; comme conséquence, les missionnaires sont des Joss House Men, les papiers dorés ou argentés sous forme de souliers de sycee, brûlés par les Chinois aux enterrements, deviennent des Joss paper, les cérémonies religieuses forment un Joss Pidgin, enfin les bâtonnets d'encens, che tcKen hiang, qu'on brûle dans les temples sont des Joss sticks.

Le templie le plus important du culte d'Etat est certainement le Temple du Ciel ou Tien tan àPeKing. Il est le principal monument de la ville chinoise ; construit par l'empereur Ming, Young Lo, il fut réparé par K'ien Loung.

au XVIII® siècle; Il est compris. dans un enclos de 5,750 mètres de pourtour, entouré d'une muraille continue, semi-circulaire, sans ouverture au nord, parallèle au rempart au sud, avec trois portes ; à Test et à louest, le mur est percé d'une porte.

Les temples de C>nfucius, Wen Miao, doivent être construits dans chaque préfecture, sous-préfecture, district, ville de marché, dans tout l'Empire ; le temple doit faire fiace au sud et il se compose de trois cours qui se suivent en général du Sud au Nord ; le temple proprement dit est appelé la salle de là Grande Perfection, Ta Tch*eng tien ; une des cours renferme la salle des ancêtres, Tsotmg Cheng tsai.

Ce qui caractérise les temples de G>nfucius, ce sont les tablettes en l'honneur du Sage lui-même, de ses associés ou de ses discipleis. La tablette de G>nfucius est placée à l'extrémité nord du Temple, regardant le Sud et portant l'inscription : Tcke Cheng Sien-che K!oung-iseu^ le Sage parfait, l'ancien Maître, le Philosophe Koung, titre donné à celui-ci en 1530 et qui, changé en 1645 par le premier empereur mandchou, Chouen Tche, fut définitivement rétabli en 1657.

En 1331, quatre associés ^5e Pe) de G>nfucius reçurent par décret impérial les noms honorifiques sous lesquels ils sont connus encore aujourd'hui : Yen Tseu, qui mourut en 488 à 32 ans, reçut le titre de Fou Cheng ; en face de sa tablette dans le temple se trouve celle de Tseng Tseu, né en 506, avec le titre de Tsoung Cheng ; Tseu Seu, petitfils de G>nfucius, avec le titre de Chou Cheng ; enfin Meng Tseu, avec le titre de Ya Cheng, Mais bien d'autres disciples ont des places réservées dans les temples de G)nfucius.

Les G)nfucîanîstes reconnaissent toutefois un grand nombre d'autres divinités pour lesquelles les sectateurs des autres religions témoignent également de la plus haute vénération. Nous citerons tout d*abord le Dieu de la Littérature.

Le Dieu de la Littérature est Wen Tch'ang; né sous la dynastie des T*ang, dans le royaume de Yué, au Tche Kiang, il s appelait Tchang Ya. S'étant établi à Tseu T'oung, au Se Tch'ouan, il se fit ranarquer par son amour de la science et devint Président du Li Pou (Ministère des Rites). Suivant une autre tradition, il aurait vécu sous les Tsin (265-313 ap. J.-C.) et aurait été tué dans une bataille. Son nom a été donné à une constellation composée de six étoiles voisine de TEtoile polaire. Il n'avait pas subi moins de dix-sept réincarnations. Sa pagode se trouve dans toutes les préfectures et les sous-préfectures, sans compter certains villages, et les candidats vont y faire leurs dévotions à la veille de leurs examens. K'ouei Sing fut adoré d'abord comme une étoile résidence de Wen Tch'ang ; c'est lui qui est le' distributeur des grades littéraires. Outre Wen Tch'ang et K'ouei Sing, sont comptés comme Dieux de la Littérature, Kouan Koung et Tchou Hi.

Le Dieu de la Guerre, Kouan Ti, désigné aussi sôus les noms de Kouan Vu, Kouan Koung, etc. est un héros de la période connue sous celle des Trois Royaumes (m® siècle ap. J.-C«). Kouan Vu dont le surnom primitif était Tch*ang Chang, et le surnom Yun Tch'ang, avait été obligé de fuir sa patrie Kie Tcheou (Chan Si) à cause d'un meurtre et de se retirer à Tchouo Tcheou dans le Tche Li, où il devint avec le géant Tchang Fei, qui devait être assassiné quelques

années plus tard, l'un des principaux lieutenants de Lieou Pei, remplissant l'Empire de la terreur de ses armes. La légende raconte que les trois hommes s'étaient liés en 189 par un serment solennel dans le jardin des Pêchei's situé à Tarrière de la ferme de Tchang Fei de se considérer comme trois frères et d'unir leurs forces pour stfvir le paya. Ce serment est connu sous le nom de Tao youen son ki^ j/iw Le dévouement de Kouan Yu à Lieou Pei était absolu. Ts'ao Ts'ao qui avait fait prisonnières les deux fenunes de Lieou Pei renommées pour leur beauté enferma Kouan Yu avec elles ; celui-ci respecta la vertu des deux prisonnières. Il était le type du Chevalier sans peur et sans reproche.

Après avoir occupé des postes importants, Kouaii^ Yu défait à Lin Tsin (Hou Pe, 219), fut décapité à 42 ans avec son fils P'ing. Lieou Pei, devenu empereur sous le nom de Tchao LieTi, essaya de le venger, mais mourut avant d'avoir accompli son projet ; son successeur, Heou Tchou, donna au fidèle serviteur de son père le titre posthume de Marquis (Tchouang Mieoù heùu) ; la renommée de Kouan Yu, grandissant avec les siècles, l'empereur Soung, Houei Tsoung, à deux reprises, en 1 102 et en 1 109, lui conféra le titre de duc et de prince ; les Mongols imitèrent les Chinois et enfin, en 1590, l'empereur Ming, Chen Tsoung* faisait de l'ancien officier de fortune adopté par la légende un Dieu (Ti) de la Guerre dont les temples sont répanduâ dui8 tout l'Empire. Il est le Dieu Mars de la Chine.

Bouddhisme. — La religion du Buddha» Fo Kim^ apporta avec son monde de Buddhas, de Bodhisattvas, un nombre de personnages nouveaux qui prirent, souvent avec l'adap* tation dés prêtres taoïstes, les TaojChe, une place impor**

tante dans TOlympe chinois, composé hétéroclite des trois religions de la Chine, comprenant les Chen, esprits invisibles, immatériels, intelligents, se transportant dans Tespace, tels les Buddhas, les Bodhisattvas, etc. ; les Sien ou Immortels, qui vieillissent et ne meurent pas ; les Chang ou Saints, enfin les Dieux proprement dits.

La Trinité bouddhique, San tsouen ta Fou, les trois grands vénérables Buddhas, est, d*une manière populaire, désignée comme les San Pao, Trois Trésors.

Les noms des trois divinités varient suivant les époques et les localités. D*après le Si yeou kU ^es Buddhas sont Che kio. fou ou Fou Pao, Ngan^wou ngo-'Hii^fouafou ou Fa Pao, Jou-Iai-'fou ou Seng Pao, c'est-à-dire Dharma, Buddha, Samgha. A Kinchan, Tîle d*Or, près de Tchen Kiang, dans le Yang Tseu, à l'autel on vénère Çakya Muni, Che Kia fou, Baishajyaguru, Yo che fou, Maitreya, Mi lei fou ; au revers de l'autel, sont représentés Avalokiteçvara, Kouan Yin, Manjuçri, IVen Chou, et Samantabhadra, P*ou Hien. On pourrait multiplier ces exemples.

En tête des Saints Bouddhistes vient JanTeng fou, « la lampe brillante », ou Ting kpuong fou, qui est Dipamkara Buddha, le premier des 24 Buddha qui apparurent avant Çakya Muni ou Che Kia fou ; les Tao Che ont essayé de l'accaparer avec le buddha Ti Tsang Wang dont ils ont fait une incarnation de King Chan Tseu. C'est à Jan Teng fou que remonte l'origine des pagodes aux « Mille Buddhas >\ Tsien Fo Toung, dont les plus célèbres sont peut-être celles de Touen Houang, d'où M. Paul Pelliot et Sir Aurel Stein ont rapporté de si précieux manuscrits.

Les trois derniers buddhas du précédent kolpa : Vipasyin (P'i pouo che) , Sikhin (Che k*i) ♦ Visva-bhu (P'i che fou) et les quatre du présent k^lpa : Kracucanda (Kiu lieou

soaen), Kanaka Muni (Kiu nache meou gni), Kasyapa (Kia yé) et Qikya Muni (Che kiafou)* considérés comme les ancêtres du bouddhisme, sont désignés comme les Tsi Fou^ les Sept Buddhas.

Çakya Muni, le dernier Buddha incarné, doit être suc^ cédé par le Buddha futur Maitreya (Mi leifou), représenté par un personnage obèse tenant « dans sa main un chapelet, dont cliacun des grains représente una période de mille années, qu'il passa dans les exercices de toutes sortes de bonnes œuvres, pendant ses existences précédentes k (H. Doré, Superstitions, VI, p. 78.)

Maitreya apparaîtra après les trois périodes d'établisse^ ment (Tcheng fa), de progrès (Siang, fa) et de déclin (Heoufa), qui ont suivi la mort de Çakya Muni ayant une durée de 500, 1 .000 et 3.000 ans.

Amida (Amitabha) (0-mi-t ouo fou) est le Buddha du paradis de l'Ouest, Si t*ien, dont le culte fut introduit en Chine au II® siècle de notre ère ; on célèbre l'anniversaire de sa naissance le 17® jour du 1 1® mois.

Kouan Yin (Avaloldteçvara), personnage complexe, le plus important du Tibet, qui aurait été le premier ancêtre maie de la nation tibétaine, appelé Padmapani dans le bouddhisme local qui le considère comme une incarnation d'Avalokiteçvara. Suivant les Chinois, c'était une déesse, troisième fille de Subbavyuha, le Tchouang Wang de la dynastie des Tcheou (6% av. J.-C.) qui malgré son père embrassa la vie religieuse ; ce n'est d'ailleurs que depuis les Soung et les Youen que Kouan Yin est représenté par une figure féminine ; elle est vénérée plus particulièrement le 19® jour du 2® mois, du 6® mois et du 9® mois chinois ; dans l'île de P'ou Tou, une des îles Chousan, elle est l'objet d'un culte spécial.

On désigne sous le nom de Che pa Louo han, Arhân ou Arhatf (18 Louo Han), de fameux disciples de Çalcya Muni, dont le nombre varie d'ailleurs beaucoup et dont le nom s'applique plus particulièrement aux 500 arhat qui doivent réapparaître sur la terre comme des Buddhas et portent le titre de Samantha pnbhasa. Les Louo Han représentent des Tcheng Jen,.des héros» quand dans le peuple ils ne sont pas considérés comme des brigands. On leur attribue des hauts faits ou des vertus» par exemple l'un d'eux I-sing fit jaillir une source saline au Se Tch'ouan. « Le Louo Han, dit le P. Doré, est un homme arrivé à la perfection, et qui sera bouddhifié à la fin de son existence actuelle ; il ne rentrera plus dans l'engrenage de la transmigration des âmes. » ^

Dans les temples, autour de l'autel central,- d'un côté sont rangés les douze statues dorées des Louo han, de l'autre les douze grands Maîtres divins, Ta Tien che, en tête desquels est placé Wen chou yen K'oung (Manjuçri) et dont le cinquième est Mi-lei cheng tche (Maitreya).

Manjuçri, disciple de Çakya Muni, est un bodhisattva devenu un buddha, vénéré particulièrement au Chan Si, au Wou T'ai Chan, par les bouddhistes suivant le Mahayana; il aurait vécu 250 ans après la mort de Çakya Muni. D'autre part. Je fameux pèlerin Hiouen Tsang aurait vu une stupa à Mathura, avec les reliques de Manjuçri qui aurait introduit le bouddhisme au Népal.

Le Wou Toi chan. Montagne des Cinq Pics, s'élève à 3.600 mètres dans la province du Chan Si, près d'un dea tontreforts de la Grande Muraille. De nombreux temples consacrés au culte de Manjuçri, le buddha d'origine chinois, couvrent le plateau. M. Pelliot a trouvé dans les grottes de Touen Houang un plan de ces anciens monas-

tères, tans doute reconstruits. Au printemps de 1908, le treizième Dalaî Lama qui, à l'approche des Anglais, avait fui de Lha-'Sa, avait quitté le monastère de Koumboun, avec ses deux cent cinquante fidèles et s*ètait rendu au Wou T*ai chan, le Riwotsè^na des Tibétains, où il s'installa dans le principal temple appelé P'ou-sa ting. Le Dalaï Lama y reçut la visite de M. Rockhill, ministre des Ëtats- Unis à Pe King et du commandant d'OUone ; il quitta le Wou T'ai chan pour Pe King le 23 septembre.

Nous citerons deux autres pèlerinages célèbres parmi left bouddhistes chinois.

Le mont Omei ou Ngo Mei Chan, est situé à l'ouest de Kia Ting fou, dans l'angle formé par le confluent de la rivière de Ya Tcheou et du T'oung Ho, dans la province du Se Tch'ouan ; Baber, le voyageur anglais qui le premier l'a visité, lui donne une altitude de 3.374 ou 3.222 mètres, réduite à 3.030 mètres par les membres de la Mission lyonnaise ; il est un lieu de pèlerinage pour les bouddhistes chinois, les lamaïstes tibétains et les tribus barbares du Leang Chan. Le pays est boisé, pittoresque ; on y rencontre à profusion l'arbre à cire ; les principaux temples de cette montagne sont le Wan-Fo tang avec une cloche de bronze d'environ 15.000 kilogrammes, le Pao-'ling Seu, le Fou hou Seu, le temple du « Tigre de l'Été )> ; plus haut la pagode centrale et la plus intéressante, \eWan Men5eu,« Temple de dix mille ans », date des Tsin occidentaux (2^5-313 ap. J.oC.) et reçut son nom de l'empereur Ming, Wan Li ; détruit par un incendie, il a été rétabli au XVII® siècle par l'empereur K'ang Hi ; il renferme une tour quadrangulaire en briques recouvrant im éléphant de grandeur naturelle entièrement fondu en cuivre blanc. La pagode du sommet de Ja montagne est couronnée d'un globe doré d'où le nom

ée Sommet d'Or ; près de ce temple se trouve une petite terrasse surploinI>ant un précipice de 2.000 mètres de profondeur ; c'est au-dessus de ce gou^e, au milieu du brouillard, que se produit le phénomène de réfraction désigné par les Chinois sous le nom de Foa /CouOTiî, «■ Gloire de Buddha >>.

Le Dokerla avec ses trois pics, — près de 6.000 mètres, — est situé près d'A-ten-tseu dans la province du Yun Nan ; c'est un lieu fameux de pèlerinage pour les Tibétains ; ce pèlerinage comprend environ 18 jours de voyage circulaire : a en venant de Lha sa, écrit M. Jacques Bacot, notre compatriote, qui a parcouru le pays depuis la Salouen jusqu'à A-ten-tseu, on est sur le circuit du pèlerinage. On retraverse ensuite le Mdcong plus bas à Latza, on passe au sud de la montagne sainte et on longe la Salolien jusqu'à Tchrana. » Les pèlerins orthodoxes marchent avec le [)okerla à droite, la secte des Bonpos et les magiciens noirs marchent avec le Dokerla à gauche. « Quand l'air est pur. on peut voir le grand pic blanc enfoncer dans le ciel sa pâleur lumineuse, dressé comme un cierge sur le long autel des Himalayas. » (Bacot.)

Les bouddhistes sont les plus nombreux parmi les sectateurs (les trois religions; leurs temples sont aujourd'hui répandus dans toute la Chine.

Les anciens Chinois n'ont eu aucune conception des Enfers ; ce furent les bouddhistes, non pas les premiers pélerinR venus de l'Inde, mais ceux d'une époque un peu plus lardive, des T'ang et surtout des Soung qui en introduisirent la notion en Chine, notion singulièrement transformée et développée par les lao c/ie ou prêtres taoïstes. Ces enfers désignés sous l'appellation générale de Ti Yu, prisons terrestres, sont situés au Se Tch'ouan et sont dis-

tîngués d après la sous-préfecture dans laquelle est situé Foung Tou tch'eng. Leur entrée est marquée par les puits de pétrole qui s'y trouvent. A leur tête est placé le Che Tien Yen Wang, le roi Yama des dix demeures ou le Tien Lo Wang, le roi de la Porte des Enfers qui sont au nombre de dix. :

1° Le Tsing Kouang Wang, appelé Tsiang, né le premier jour du second mois ; « c'est lui qui régit la distribution du bien et du mal entre les hommes, de la vie courte ou pro« longée, de la vie et de la mort. »

2® Le TcKou Kiang Wang, roi du Fleuve de Tch'ou, appelé Li, né le premier Jour du troisième mois ; son enfer glacé Houo ta ti yu avec 1 6 petites prisons sont « réservés à ceux qui ont tué d'autres hommes, leur ont nui ou à leur propre corps, aux impudiques, aux voleurs, à ceux qui ont tué des êtres vivants ».

3^ Le Soung Ti Wang (roi impérial de Soung), appelé Yu ; son enfer Ta Ching est un purgatoire ; il reçoit « celui qui a nui au monde en résistant aux supérieurs, en.ensei" gnant de fausses doctrines, en suscitant des procès et des querelles » qui passe ensuite dans le quatrième enfer.

4^ Le Wou Kou Wang, qiii s'appelle Liu ; son anniversaire est le 18 du 2^ mois ; son enfer Ho Ta ti yu ou Po Liao reçoit « tous les gens du monde qui ont refusé de payer les taxes et dénié leurs dettes, qui ont usé de tromperies et d'astuces ».

5° Le Yen Louo Wang (Yama, le fils dii Ciel) appelé Pao, dont l'anniversaire est le 8 du I®' mois ; il est destiné à « ceux qui se sont exposés à la mort par compassion, qui ont rendu le mal fait et se sont vengés ».

6*^ Le Picn TcKen Wang, Pi, dont l'anniversaire est le 8® jour du 3® mois ; dans son enfer Ta Kiao Houan Ti

entrent « les gens du siècle qui ont murmuré contre le Ciel, qui ont nui h la terre ou qui, tournés vers le noid, se sont laissés aller à des pleurs et à des lamentations excessives ».

7^ Le Toi Chou Wang» Toung, dont l'anniversaire est le 27^ jour du 3^ mois. Dans son enfer Je Nao sont conduits « ceux qui ont nui au monde, qui ont composé des remèdes avec des os et des plantes, qui ont abandonné leurs plus proches parents ».

8*^ Le Tou Ti Wang^ Houang, dont l'anniversaire est le 1®^ jour du 4® mois ; son enfer Ta Yin Nao Ta ti est celui de << tous les gens du monde qui ont manqué de piété filiale, qui ont chagriné, tourmenté leurs pères et mères, leurs grands-parents, des gens âgés et vénérables ».

9° Le P'ing Teng Wang^ La, dont l'anniversaire est le 8 du 4^ mois ; son enfer Foung Tou Ti reçoit « ceux qui ont nui dans le monde, ou commis un homicide, les incendiaires, les 'violateurs des lois légitimes qui, renvoyés à l'enfer initial, ont vidé leur cœur, se sont exercés à la mortification des pieds et des mains unis, ont brûlé du feu de la pénî^ tence, puis apaisé leur cœur et leur foie réduits en cendres, qui après avoir subi leur peine, parviendront à ce dernier lieu de douleur, renaîtront à la vie ».

10° Le Tchouan Louen Wang, Sié, dont Tanniverçaîre est le 17 du 4^ mois qui « préside aux différents esprits et âmes humaines qui ont été lâchés des diverses demeures infernales. Distinguant le bien et le mal, jugeant et fixant les rangs et classes, il envoie pour renaître dans les quatre grandes régions (qui distinguent) hommes et femmes, vie longue et mort prématurée, richesse et pauvreté, grandeur et bassesse ^ ».

t. Mmu*

Derrière les salles qui composent les enfers formant 138 prisons, s'étend à gauche une mare de ssn% et de boue. Ce sont moins des enfers que des purgatoires ; lorsque les. coupables reviennent au monde, on les conduit dans les montagnes chez la dame Meng, qui fit construire la Tour de rOubli, où elle leur verse un breuvage qui leur fait oublier tous les événements de leur vie antérieure.

Dans certains temples taoïstes, il y a des représentations de ces enfers, avec les terribles supplices infligés aux coupables. J'en ai visité un remarquable situé k quelque distance de Wou Tch'ang. ^

Taoïsme. — * Pour les taoïstes, l'air Ta loua fien s'est divisé en trois ciels San Tsing, les Trois Purs : Yu Tiing^ Chang Tsing et Tai Tsing où habitent les trois personnages de la Trinité ou triade taoïste. Le premier ciel Yu Tsing est habité par la première personne de la triade, Yauen ehe t'im tsouen ou Yu Hauang, désigné aussi sous le nom de Chen Pao, « Trésor du Gel », sous les ordres duquel sont placés les Saints, Cheng Jen ; le second ciel Chang Tsing est habité par la seconde personne de la triade, Tao Kiun ou Yu Tcheng Tao Kiun, désigné aussi sous le nom de Ling Pao {ien isouen, qui règle les relations des deux principes primitifs, le Yin et le Yang, sous les ordres duquel sont placés les Tchen /en, ou Héros; enfin le troisième ciel, . T*ai Ts^ing, est habité par la troisième personne de la triade qui n'est autre que Lao Tseu lui-même, Lao Kiun ou encore Chen Pao, auquel ressortissent les 5ien /en, génies ou immortels.

Les Tao Che, prêtres taoïstes, au second siècle de notre ère, sous l'empereur Han Ling Ti, ont inventé un système de Trois agents, San Kowm : le Qel, la Terre et l'Eau.

T*ien Ti Chouei, dont le premier donne le bonheur» le second pardonne les péchés, et le troisième délivre du .malheur. A l'époque des premiers Wei, 407 ap. J.-C, Tao che keou Iden-tche créa ou développa, sous le nom de San Youait les Trois Principes, un nouveau système par lequel l'année était divisée en trois trimestres inégaux : le Patron Principe du premier, Chm^ Youen dm kçuan, c'est-à-dire le Ciel Agent, fut honoré le 15 de la première lune ; le Patron Principe du second, Tchoung Youen Ti kouan, c'est-à-dire la Terre Agent, fut honoré le 15 de la 7® lune ; le Patron Principe du troisième, Hia Youen Chouei kouan, c'est-à-dire l'agent de l'Eau, fut honoré le 15 de la 10® lune. Pour simplifier ces detix systèmes on les réduisit au culte des San Kouan, c'est-à-dire trois Agents-Hommes, fils de Tcheng Tseu-chouen qui les engendra de son union avec les trois filles de Loung Waiig,* Dieu des Eaux ; ces trois fils représentèrent le Principe supérieur, le Principe moyen et le Principe inférieur qui remplissent ^e même rôle que le Ciel, la Terre et l'Eau et qu'on désignera comme le Tien kouan, le Ti k<man et le Chouei kfman. Pour rem-* placer le système des San Youen \m peu compliqué, les. TVzo Che ont substitué aux trois Patrons les grands Empereurs, Yao, Chouen et Yu.

Chez les Taoïstes, le Premier Principe, Youen che t*ien isouen, est considéré conune une divinité ; il est la première personne de la trinité dont Tao Kiun et Lao Tseu sont les deux autres ; jadis il résidait au-dessus des trois cieux, à l'abri de toutes les vicissitudes qui bouleversent le monde. La véritable divinité taoïste est l'empereur de jadis, Yu Houang, dont le culte a été établi au XI® siècle.

Léfe étoiles et les planètes ont naturellement leurs divinités : le roi du Soleil est Je-kpung Tdie-tsiang ou Taï

Yafig Ti-'kiun qui fut intendant des constructions de Hien Youen Houang Ti ; la reine de la Lune est Yué-Fou TcKang" ngo ou Tca Yin Houang k.iun. Les 28 constellations chi^ noises, mUche pa sieou, sont réparties en quatre groupes renfermant chacun 7 constellations dont je ne crois pas utile de donner les noms aujourd'hui. Les cinq planètes sont : 1° Kin Sing, Vénus, l'étoile du matin ; 2° Mou Sing, qui correspondrait à Jupiter ; 3° Chouà Sing, Mercure ; 4° Houo Sing, Mars ; et 5° Tou Sing, Saturne.

Deux étoiles ont une influence néfaste ; ce sont Louo heou sing et Ki tou sing, dont la présence amène des malheurs sur l'année entière ; je ne ferai que mentionner l'étoile Tse Wei dont l'esprit est Pe-yi-k'ao, fils aîné de Wen Wang ; les Wou TeoUf les esprits des cinq directions JVou Fang, c'est-à-dire des quatre points cardinaux et du centre ; les titulaires des 1 15 palais stellaires ; les 36 étoiles T'ten Kong qui évoluent autour du palais du gond de la Grande Ourse habité par la déesse Teou Mou ; les 72 mauvaises étoiles Tsi^eul-che Ticha qui causent les maladies, les accidents, la mort, etc. Nous n'en finirions pas si nous voulions donner une simple liste des divinités stellaires.

Le tonnerre, /ei, a son bureau, son ministère, lei pou, composé de 24 dignitaires dont cinq esprits principaux, ux}U Ici chen, dont le président est Lei Tsou qui fut sous le nom de Wen Tchoung ministre du dernier empereur Chang ; il a trois yeux dont l'un est au milieu du front d'où jaillit un faisceau de lumière blanche ; l'esprit du tonnerre, Lei Koung, avec deux cornes, des ailes de chauvesouris, des jambes et des serres d'oiseau de proie, la main armée d'un marteau comme le Thor des Scandinaves ; la mère des éclairs. Tien Mou, représentée par une femme tenant dans ses mains deux miroirs projetant deux fais-

ceaux lumineux ; Foung Pe est le Dieu des vents figuré « sous la figure d*un vieillard à barbe blanche ; sous son bras gauche il presse une poche à vent, de sa main droite il serre ou l&cher à volonté la bouche de sa poche dirigée sur les nuages environnants ; l'air comprimé sort en jets continus et fom^e le vent » (Doré); enfin le Dieu de la Pluie, Yu .Œe, est figuré avec un arrosoir dont il déverse le contenu sur la terre.

Il y a un Ministère des Eaux, Chouei fou, à la tête duquel se trouvent les dragoiis des Quatre Mers et ceux des Quatre Fleuves (Kiang, Ho, Houai et Tsi). Non seulement ces grands cours d*eau ont leurs quatre esprits, 5e Tou Chen, mais encore leurs esprits adjoints, sans compter les esprits du Lô, Mi fei ; du Han, Ho Kou, des lacs et des étangs.

Le Ministère du Feu (Houo Pou) a comme président un ancien tao che nommé Lou Siuen aidé par cinq esprits dont quatre stellaires qui représentent des officiers tués à la fin des Chang ; le Dieu souverain du feu est Tchou Young Ta Ti, le grand empereur Tchou Young assisté à gauche par Tchao Ming Ti, le grand empereur de la lumière, à droite par Houe Te sing kiun où Lou Siuen.

Notons encore le Ministère des Epidémies, Wen Pou ; le Ministère du Temps à la tête duquel est placé Ts'ao souei, esprit céleste qui préside à Tannée ,* dans sa main droite il tient les Koaa ; son culte remonte au XI® siècle ; le Ministère des Gnq Monts Sacrés, Wqu Yo.

Le Vai Chan est la plus célèbre des cinq montagnes considérées comme des divjnités, « puissances naturistes, écrit Chavannes, qui agissent d*ime manière consciente et qui peuvent, par conséquent, être rendues favorables par des sacrifices et touchées par des prières ». Ces cinq montagnes sont : le Song Kao, ou pic du Centre, le T'ai chan^

OU pic de l'Est, le Heng chàn, ou pic du Sud, le Houa chan, ou pic de rOuest, le Heng chan, ou pic du Nord. Le Toi chan, qui n*a qu'une altitude de 1 .545 mètres, est cependant la plus haute montagne de la Chine orientale ; elle est au Nord de la ville de T'ai ngan fou, dans la province de Chan toung. Le T'ai chan étant le pic de l'Est ^( préside en cette qualité, à l'Orient,, c'est-à-dire à l'origine de toute vie. De même que le soleil, ainsi toute existence commence du côté de l'Est... en même temps qu'il porte dans son flanc toutes les existences futures, il est, par une conséquence assez logique, le réceptacle où se rendent les vies qui ont pris fin... il suscite les naissances et recueille les morts » (Chavannes). C'est au sommet et au pied de cette montagne que s'adressaient suivant la tradition depuis la plus haute antiquité les sacrifices foung et chan au Ciel et à la Terre ; en réalité ces sacrifices remontent à l'année 110 avant J.-C. ; le culte de cette montagne est un des plus répandus de la Chine. Dans toutes les villes de quelque importance, on trouve un temple du T'ai chan qui est appelé, soit temple du pic de l'Est (toung yo miao), soit temple de Celui qui égale le Ciel (t'ien ts^i miço) , soit enfin « palais du voyage du T'ai chan (Tai chan hing Kong) ».

Puis vient le Kiu sié youen, inventé par les Tao Che ; il a pour objet l'expulsion des mauvais esprits.

La Médecine a son bureau céleste, Tien yi youen, et ses temples Yo Wang Miao qui renferment les trois ancêtres divins de la médecine, les empereurs Fou Hi, Chen Noung et Houang Ti, mais le dieu actuel Yo Wang est Souen Se Miao ; plusieurs autres divinités sont également vénérées comme rois des remèdes, ainsi que les Che Ming yi, les dix médecins célèbres, assesseurs du Dieu, rangés sur deux lignes devant l'autel principal, cinq à droite et cinq à gauche.

D'aptres personnages, Houa fouo^ représente la chirurgie ; Yen kpuang P^ou sah est la déesse de la lumière oculaire ; Tsoud Cheng niang niang est la matrone qui hâte l'accouchement ; Ko Kou est une sage-femme ; Teou Chen est la spécialiste pour la variole et Pan Chen le spécialiste pour la petite vérole noire ; Tchen chen opère contre la rougeole, Cha Chen, contre la scarlatine.*

Les patrons sont légion : Patronne des Navigateurs, Tien fei ; Protecteurs des Navigateurs, Ngan Koung ; Protecteur des Fleuves, Siao Koung ; Protecteur contre les sauterelles, Lieou moung tsiang ^lun ; Protecteur des Porcheries, Tchou Kiouen chen ; Patron des Commo'çants, Houo ho eul sien, sans compter les Dieux des bouchers. Fan Koaei et Tchang Fei, des orfèvres, la déesse des tisserands, Tche Niu, le patron des menuisiers, Lou pan, des marchands de bougies, des pêcheurs, des marchands d'en-* cens, des marchands de vin, des marchands de lunettes, des vanniers, des pharmaciens, des meuniers, des tailleurs, des joailliers, etc.

On voit souvent sur les portes des maisons comme sur celles des temples deux figures grimaçantes, la tête ornée d'un casque, le corps couvert par une cuirasse, ce sont les Men Chen, les esprits des portes qui en défendent l'entrée aux mauvais esprits ; ils représentent deux généraux de l'époque des T'ang, qui au vil® siècle délivrèrent le grand einpereur, T'ai Tsoung, des démons qui l'obsédaient dans son sommeil. Antérieurement à ces Men Chen, l'eippereur Houang Ti avait déjà confié la garde des portes à deux autres génies, les frères Tou et Yu Lia,

Le Foung Chouei traduit littéralement vent et eau est une superstition générale en Chine qui a pour base des notions d'astrologie puisées dans les ouvrages du philosophe

Tchou Hi ; elle sert de guide au Chinois dans les actes de sa vie. L*esprit du Foung Chouei doit pouvoir circuler librement, aussi fut-il le principal obstacle à l'établissement des chemins de fer et è l'installation des lignes télégraphiques aériennes. Il est une grande ressource pour. les sorciers que Ton vient consulter.

Christianisme. — Outre les trois religions officielles, il faut compter les religions étrangères. Le Christianisme en Chine pénétra sous forme nestorienneetl'on possède encore à Si Ngan-fou (Tch'ang Ngan) une stèle élevée en 781 commémorative de l'entrée de la religion chrétienne en 635 avec Olopen. Sous les Mogols, il y eut à Khanbaliq (Pe King) un archevêché créé par Rome en faveur de Jean de Monte Corvino, et un évêché à Zaitoun (Ts'iouen Tcheou) ; ces chrétientés disparurent avec les Mongols. Saint François Xavier mourut en 1552 au seuil de la Chine dont les missions dans les temps modernes ont eu pour véritable fondateur le célèbre jésuite de Macerata, Matteo Ricci, mort à Pe King, en 1610.

L'arrivée (1633) du Dominicain Moralez et du Franciscain Santa Maria marque le début de la fameuse querelle entre les Jésuites et les autres ordres religieux connus sous le nom de question des Rites chinois : les nouveaux venus considérant le culte rendu aux Morts et à Confucius toléré par les Jésuites comme idolâtrique. La question fut définitivement réglée par la bulle de Benoît XIV, Ex quo singtdari (1 1 juillet 1 742) qui donnait tort aux Jésuites.

L'arrivée à Pe King de cinq jésuites français envoyés en 1685 par Louis XIV : Jean de Fontaney, Joachim Bouvet, Louis Le Comte, Jean-François Gerbillon et Claude de Visdelou, marque le commencement de la célèbre mission

française dans la capitale de la Chine qui dura jusqu'à la suppression de la Compagnie de Jésus dont la nouvelle parvint à Pe King en septembre 1774. Les Jésuites ne rentrèrent en Chine qu'en 1842.

Le tableau suivant fait voir l'énorme développement des Missions catholiques sur toute la surface de l'Empire du Milieu :

Les Missions catholiques sont divisées (1918) en cinq régions :

Première région : vicariats apostoliques de Tche Lî Nord, Ouest, Est, Central, Sud, aux Lazaristes ; Tche Li S.-E., aux Jésuites ; Ho Nan N., aux Missions étrangères de Milan ; Mandchourie S. et N., aux Missions étrangères de Paris ; Mongolie E., Cent, et 0., Missions belges de Scheut,

Deuxième région : Ili (Sin Kiang), Kan Sou N. et S., aux Missions de Scheut ; Chen Si N. et Cent., aux Franciscains ; Chen Si S., aux Missions étrangères de Rome ; Chan Si N. et S., aux Franciscains ; Chan Toimg N. et E., aux Franciscains ; Chan Toung S., aux Missions allemandes de Steyl.

Troisième région : Ho Nan 0., aux Missions étrangères de Parme ; Ho Nan E. et S., aux Missions étrangères de Milan ; Hou Pe E., N.-O. et S.-O., aux Franciscains ; Hou Nan N,, aux Augustiniens ; Hou Nan S., aux Franciscains ; Kiang Si N.-E. et S., Tche Kiang E. et O., aux Lazaristes ; Kiang Nan, aux Jésuites.

Quatrième région : Kouei Tcheou, Se Tch'ouan N.-O., E. et S., Kien Tch'ang, Yun Nan, Tibet, aux Missions étrangères de Paris.

Cinquième région : Fou Tcheou, Amoy, aux Domlnicems espagnols ; Hong Kong, aux Missions étrangères de

Milan ; Kouang Toung, Swatow» Kouang Si, aux Missions étrangères de Paris ; Diocèse de Macao.

En tout : I Diocèse de Macao ; 47 vicariats apostoliques ; I préfecture apostolique (Kan Sou N*) ; Mission d'Ui, avec 51 évêques, 1.401 prêtres européens; 906 prêtres indigènes (^.361 prêtres) pour 1 .956.205 chrétiens.

Missions protestantes. — Les premières missions protestantes parmi les Chinois furent créées au Bengale par Marshman et Girey, mais ce fut Robert Morrison, de la London Missionary Society, qui les établit en Chine en 1807 à Canton ; il mourut dans cette ville le 1®^ août 1832. Un grand nombre de sociétés anglaises comme la Church of England Missionary Society, la China Inland Mission, etc., américaines, suédoises, etc. ont suivi l'exemple de la London Missionary Society.

Mission russe. — A la suite du premier siège d*Albasine (1684), 31 habitants de cette ville furent transférés à Pe King avec le pope Maxime Leontiev. En 1715, l'archidiacre Hilarion Lejaisldi arriva dans la capitale pour assiver le culte orthodoxe : ce fut Torigine de la mission ecclésiastique russe dont l'existence, fut reconnue par le traité de 1 727 négocié par Vladislavitch. Le chef de cette mission est l'aumônier de la légation de Russie dans la^capitale.

Judaïsme. — Une colonie juive existe à K'ai Foung, capitale du Ho Nan où elle a une synagogue.

Les Juifs semblent avoir été mentionnés pour la première fois dans le Yoaen Che^ en 1329, sôus le nom de Tchou hou ; ils appellent leur religion Tiao Kin Kiao^ « la religion qui extirpe les nerfs ».

Au commencement du XVII® siècle, Matteo Rîccî reçut à Pe King la visite d'un jeune Juif qui lui déclara qu'il n'adorait qu'un seul Dieu, prit à la mission des jésuites l'image de la Vierge avec l'Enfant Jésus pour celle de Rébecca avec Esaii ou Jacob, dit qu'il venait de K'aï Foung fou, dans la province du Ho Nan, où séjournaient dix ou douze familles de sa religion, ayant leur synagogue, dans laquelle étaient renfermés des livres écrits dans une langue semblable à celle d'une Bible que lui montra Ricci : c'était de l'hébreu. Ricci, retenu à Pe King par l'âge et les besoins de sa mission, ne put se rendre à K'aï Foung, mais il y envoya à sa place un Jésuite chinois ; dans le manuscrit du Pentateuque en possession de la colonie juive toutes les sections furent trouvées, après l'examen du commencement et de la fin « parfaitement conformes à la Bible hébraïque de Plantin, excepté qu'il n'y avait pas de points voyelles dans l'exemplaire chinois ».

Suivant leur tradition ces Juifs arrivèrent en Chine par la Perse, après la prise de Jérusalem par Titus, au I®' siècle de notre ère, sous la dynastie des Han et sous l'empereur Ming Ti. Toutefois, il semblerait d'après une inscription de 1489 conservée dans leur synagogue ou Li pai seu^ qu'ils seraient arrivés par mer à la Cour des Soung, alors à Lin Ngan ou Hang Tcheou.

Islam. — Pendant longtemps, l'inscription de la mosquée de Canton A. H. 751 (sept. 1350) était considérée comme la plus ancienne de la Chine. En 758, une colonie nombreuse de mahométans établis à Canton se révolta ; ces rebelles, peut-être des pirates, mirent à sac et brûlèrent la villç, et massacrèrent 5.000 négociants étrangers : la grande mosquée du Saint-Souvenir, Houei Cheng Seu, bâtie sous

la dynastie des T'ang, fut détruite par le feu en 1343 et reconstruite en 1349-51 ; seules les ruines d'une tour marquent remplacement de la première construction. A la fin du IX® siècle, les Musulmans transférèrent leur principal comptoir dans rExtrême-Orient dans la presqu'île de Malacca, à Kalah, qui hérita de l'importance commerciale de Ceylan. Nous avons la relation du voyage accompli en Chine au IX® siècle par le marchand Soleyman et le récit d'Abou Zeyd.

L'inscription de la mosquée de Ts'iouen Tcheou dans le Fou Kien est la plus connue en Chine (I310-I3II). Cette inscription marque que la mosquée a été construite l'année 400 de l'hégire du Prophète (I009-I0I0) et qu'elle fut remise en état, à la date de l'année 710 de l'hégire (1310- 131 1) par « Ahmad, fils de Muhammad, originaire de Jérusalem, surnommé le pèlerin Ruku (al-din) de Chiraz ». Mais actuellement le plus ancien document arabe trouvé en Chine a été découvert au Japon où il avait été envoyé de Ts'iouen Tcheou en 1217 par un bonze japonais.

Pendant la période mongole les colonies musulmanes furent nombreuses sur la côte de Chine au témoignage du voyageur maghrébin, Ibn Batouta (xiv® siècle). Le géographe arabe Aboulfeda mentionne (xiv® siècle) les villes suivantes de la Chine (Sîn) : Khanfou (Hang Tcheou), Khândjou, Yandjou (Yang Tcheou), Zaitoun (Ts'iouen Tcheou), Khânqou, Sila (la Corée), Khâdjou, Sandkjou (Sou Tcheou) ; il connaît le lac Sikhou (Si Hou) de Hang Tcheou. Ibn Batouta remarque que dans toutes les villes de Chine il y a toujours un Cheikh ul islam et un cadi pour faire fonction de juges parmi les musulmans. Les Arabes appelaient l'Empereur chinois Faghfour, altération du per$an Bagh" pour (Fils de Dieu) équivalent de Tien Tseu, « Fils du

Gei » ; la Chine était le Chin ou le Maha Tchin, parfois le Toang fou, « Terre d'Orient ».

Quel peut être le chiffre de la population musulmane en Chine ? Il n'existe aucune statistique, même approxi" mative, du nombre des Musulmans en Chine. Suivant Dabry, il y a en Chine entre 20 et 22 millions de Musul* mans dont 8350.000 dans le Kan Sou, 6.500.000 dans le Chen Si, 3.500.000 à 4.000.000 dans le Yun Nan. Seyyid Suleiman, fonctionnaire musulman du Yun Nan, déclarait au Caire eix 1894 que la Chine renfermait 70.000.000 de ses coreligionnaires ; Sara Chandra Das ramène ce chiffre à 50.000.000 et A. H. Keane à 30.000.000. A. Happer l'abaisse à 3.000.000, ce qui est certainement un chiffre trop faible quoiqu'il se rapproche de celui de 3 à 4.000.000 donné par Palladius, savant exact. M. Broomhall me parait plus raisonnable en estimant la population musulitiane de la Chine entre 5 et 10 millions.

Gouvernement. — L'Empereur. — Sous l'ancien régime, le gouvernement était autocratique, dirigé par l'empereur, qui était désigné par le titre de Houang Ti ; son pouvoir était absolu ; on lui donnait encore les appellations de Houang Change Won Sùud, Tien Tsea (Fils du Gel), Tien Wang, qui correspond au Tenno des Japonais. L'impémtrice est appelée Houang Heou, ou Tchoung Koung; quand il y a deux impératrices, ce qui fut le cas avec Ts'eu Ngan et Ts'eu Hi, on les distingue en impératrice de l'Est (Toung Koung) et en impératrice de l'Ouest (Si Koung) ; on la nomme aussi Mère de l'Empire, Koao Mou, Tien Hia Mou. Allégoriquement l'empereur est le dragon (loung) et l'impératrice le phénix (foung houang), et le mariage împériâ est l'union du Dragon et du Phénix. L*empefeur

père, c'est-à-dire qui survit quand son (ils est empereur, ce 4ui fut le cas de K'ien Loung, père et prédécesseur de Kia K'ing, est le Tai chang Houang Tu

Le souverain porte trois noms : t^ son nom personnel, son petit nom ; 2^ son nom de règne (nien hao) ; 3^ son nom dynastique ou de temple, nom posthume (miao hao). Par exemple, le prince célèbre que nous appelons K'ang Hi, portait le petit nom de Hioaen Ve' (Etincelle bleue) ; il prit en montant sur le trône le nien hao de K*ang Hi et reçut le nom posthume de Cheng Tsoa (Saint Aïeul). Ces noms posthumes se retrouvent dans les différentes dynasties : on a plusieurs Tai Tsou (Grand Aïeul), Tai Tsotmg^ Che Tsoa^ Cheng Tsou^ Che Tsotmg, Kao Tsoung^ et on les distingue en faisant précéder leur nom de celui de la dynastie. Ainsi Houng Wou, le fondateur de la dynastie des Ming, est désigné sous le nom de Mii^ Tai Tsou^ ce qui le distingue dç Gengis Khan qui est Youen Tai Tsoa, de Kai Pao qui est Sotmg Tai Tsou, etc. En fait, le nien-hao est plutôt une période qu*un nom, car si les empereurs de la dynastie actuelle et de la dynastie précédente (Ming) n'ont eu qu'un nien hao, quelques-uns de leurs prédécesseurs en ont jusqu'à huit sous les Soung. Ainsi donc il serait plus exact, pour désigner un règne, de dire « la période » K'ang Hi que « l'empereur Kang Hi ». Au XVIII® siècle, l'empereur K'ien Loung avait décidé que les générations de ses descendants seraient distinguées successivement par les caractères Young, Mien, Yi et Tsai; en 1826, l'empereur Tao Kouang choisit quatre autres caractères pour les générations suivantes : P*ou, Yû, Heng et ICi ; enfin l'empereur Hien Foung(9 juin 1854) ajouta à la liste les quatre caractères, Tao, ICai, Tseng eA ICi. Le dernier empereur mandchou était P'ou Yî, fils de Tsai Foung (prince Tch'oun), né le 1 1 fé-

vrier 1906, qui a remplacé sur le trône son oncle Kouang Siu, le 14 novembre 1908, sous le nom de Siouen T'oung.

Dana les temps anciens, l'Empereur portait une couronne à douze rangs de perles ; de nos jours, il portait un bonnet de cour. Deux fois par an, en été et en automne, bn change le chapeau officiel.

Les concubines de l'Empereur sont de cinq classes : Hoaatig Koua fei, Koua /ri, Fà, Pin, Koud Jen ; le harem impérial est desservi par des servantes Koang Nni et par des eunuques. T'ai Kiai, doht le chef est le Tsoung Kouan Toi Kien.

Le prince héritier du trône est le Hoaang Tcâ txa ; les princes sont répartis en quatre classes : Ts'in Wang, Kian W(ms, Pd-lé et Pd tsea ; puis viennent les Ducs, kpang, de quatre classes. En dehors de ces princes de la famille impériale, il y a huit chefs de familles princières : les princes de Li, de Joui, de Yu, de Sou, de Tcheng, de Tchouang, de Choun Tch'eng, de K'e K'in qui descendent de T ai Tsouet de T'ai Tsoung. fondateurs de la dynastie ; il y a un neuvième prince, le prince de Yi, qui descend du treizième (ils de l'ehipereur K'ang Hi.

Les affaires de la famille impériale étaient administrées par le Tsoung Jen fou. Cour suprême des affaires de la famille impériale dont le Président est le Tsoung Ling, le Vice-Président, le Tsoung Tck'eng et l'assistant le Tsoang Tch'eng. Au Nei woa foa appartient de diriger le service domestique de l'Empereur dont le chef est le Nei woa fou Tsoung k^off fu l<Ji'en ; la garde du corps de l'Empereur, Che u-ei, a à sa tète un général, Ling Cht wei Nà ta tch'en.

Administration métropolitaine. — L'administration centrale comprMiait : 1" le Kioan Ki tch'ou. Grand Conseil

OU G)nseîl cl*Etat, « G)ur Suprême des Secrets de l'Empe^ reur », créée par Young Tcheng en avril 1732 pour remplacer les dignitaires mandchoux, Yi tcheng ta tch*en, « conseillers d*Etat », qu*on consultait sur les affaires importantes ; le nouveau conseil était composé en nombre indéterminé de Kiottn Ki ta tch*en, choisis parmi les présidents et vice-présidents des ministères et autres hauts fonctionnaires ; tous les matins, à 4 heures, ils se rendaient à tour de rôle à leur G)ur située dans la Ville Impériale prohibée, Tseu kjt^cKeng^ à Touest du Pao houo //en, pour s'occuper des affaires de l'Empire et recevoir les ordres de l'Empereur. Ce conseil n'employait pas moins de soixante secrétaires, Tchang King ou Siao Koun Ki,

2P Le Net Ko, Grand Secrétariat ou Chancellerie impériale, « Salle intérieure », qui comprenait quatre Grands Secrétaires, Ta Hio Che ou Tchotwg T*ang, dont deux mahdchoux et deu^a chinois ; on les distingue d'après un des palais, tien, ou une salle du trône, kq, qui sont : le Pao houo tien, « le Palais de la Conservation de la Paix » ; le Wen houa tien, « le Palais de la Littérature florissante » ; le IVou ying tien, « le Palais de l'Excellente milice » ; le Wen youen kp^ « la Salle de la Science profonde » ; le Ti Jen kp, « la salle de la Bienfaisance » ; et le Totmg kp, « la salle orientale ».. Sôus les Ming, ces Tchoung T*ang étaient appelés Ko lao ; au-dessous venaient les Assistants Grands Secrétaires, Hiep pan Ta Hio die,

3^ Liou Pou, les Six Ministères ou Tribunaux suprêmes, créés en 1373 par l'Empereur Houng Wou au lieu des quatre Ministères des Mongols (Youen), finances, rites, justice et guerre ; les ministères qui avaient à leur tête deux Présidents, Chang Chou, l'un mandchou, l'autre chinois, étaient : le Li Pou, Ministère des Offices civils ; le Hou

Pou^ Ministère des Finances, chargé de l'impôt, du recen^ sèment de la population, du cadastre, etc. ; le Li Pou, Ministère des Rites ou des Cérémonies, auquel il faut ajouter le Yo Pou, bureau de la musique officielle qui en est une dépendance ,* le Pir^f Pou, Ministère de la Guerre, chargé également de la Marine; le Hing Pou, Ministère de la Justice, ou des Châtiments ; enfin le Koung Pou, Ministère des Travaux Publics. A. ces ministères il fallait ajouter le LiFan Youen, Bureau des Pajrs vassaux, ou Bureau colonial, qui avait dans ses attributions non seulement les affaires de Mongolie et du Tibet, mais aussi celles de Russie. Après la guerre de 1860, dans le but de traiter d'affaires avec les nations étrangères, on créa le 20 janvier 1861, avec le Prince Koung, Kouei, Grand Chancelier du Conseil Privé, et Wen, Vice-Président du Ministère des Finances, le Tsoung li Ko kpuo Che Wou Yamen, ou plus simplement le Tsoung'li Yamen ; à la suite des événements de 1900, il a été transformé le 24 juillet 1901, en Wai Wou pou, et a préséance sur les six autres ministères. Le même jour que le Tsoung-'li Yamen étaient créés les postes de^Surintendant du commerce des Trois Ports du Nord et des Cinq Ports du Sud.

Depuis 1900, de grands changements ont été opérés dans l'administration ; des ministères ont été transfomriés, d'autres ont été créés.

Ces Ministères comprenaient outre le Wai Wou Pou, le Là Pou, Ministère des Offices civils, le Min Tcheng Pou, Ministère de l'Intérieur, créé en 1906, le Tou Tcfd Pou, ancien Hou Pou. Ministère des Finances, le Hio Pou, Ministère de l'Education ou de l'Instruction publique, créé en 1903 ; le Fa Pou, Ministère de la Justice ; le Lou Kioun Pou, Ministère de la Guerre, créé en 1907 ; le Hai

Kioun Pou, Ministère de la Marine; le Noung Kotmg chang Pou, Ministère de TAgriculture, des Travaux et du Commerce, créé en 1903 ; le Yu tcKouan Pou, Ministère des Postes et des G)mmunications, comprenant la navigation à vapeur, les postes et les télégraphes, créé en 1906 ; le Li Pau, remplacé par le Tien li Youen, Ministère des Rites ; le Li Fan Pou, transformation du Li Fan Youen ; le Sioun King Pou, Ministère de la Sûreté publique ; les Ministères n'ont plus qu'un Président et deux Vice-Présidents.

Théoriquement l'administration chinoise devrait être honnête, car elle est contrôlée par une G)ur des Censeurs Ton Tdia youen, qui comprenait deux Présidents, lun mandchou, l'autre chinois, 4 vice-présidents, 24 officiers, mandchoux et chinois, distribués en six « Cours partielles » et 38 censeurs Chevxm tao hien idia Yu che répartis dans quinze « Cours provinciales ».

Ces fonctionnaires de divers rangs sont légion ; les^ étran** gers ont l'habitude de les désigner sous le nom de manda" rin, ignoré des Chinois, qui vient de l'espagnol mandar, commander. Leur véritable nom est kou<'n ; il y a neuf degrés de fonctionnaires qui se distinguent par la couleur de la boule ou bouton porté sur le chapeau officiel ; en commençant par le rang le plus élevé : pierre rouge transparente ou rubis, corail, saphir, lapis-lazuli, cristal, pierre de lune, or uni, or ciselé, argent ; par la broderie pectorale (celle des fonctionnaires civils représente un oiseau : grue, faisan doré, faisan, oie sauvage, faisan argenté, héron, canard mandarin, caille, geai à longue queue ; celle des fonctionnaires militaires représente un mammifère : licorne, lion, léopard, tigre, ours noir, chat-tigre, ours tacheté, phoque, rhinocéros) ; et enfin par la boucle de la ceinture G^de et

rubis, or et rubis, or ciselé, or ciselé avec bouttm d'argent, or uni et bouton d'argent, nacre, argent, corne, corne de buffle). Les fonctionnaires jusqu'au grade de lao l'td inclusivement sont appelés Ta Jtn (grand homme), ce qui correspond à Excellence ; de Tche fou à Tdte hiai. Ta Lao ye (grand vieux père), très honoré ; les autres Lao ye (vieux père), honoré.

Le recrutement des fonctionnaires civils se faisait dans la classe des lettrés ; ceux-ci pouvaient passer les trois degrés d'examen ; si'eou ts'ai (bachelier), dans les villes préfectorales ; de kajen (licencié), dans la capitale de la province ; de Uin cbe (docteur), seulement dans un concours triennal à Pe King ; les' premiers de ces candidats portent les titres de Tchouang Youen, Touan houa, Pang Yen, Tck'otton lou ; les plus heureux deviennent Htm Lin (académiciens), c'està-dire membres du Han Lin Youen (Collège des Académiciens), présidé par le Tchang Youax hto che.

Diverses sorles de distinctions sont accordées pour les services publics : la principale est le ling Iche (plume), dont il y a trois grades correspondant à des degrés de distinction ; la plume de paon à trois yeux (San Yen Hoaa Ling) , k Aeuii yeux (Chouang Yen Houa Lingj, à un œil (Tan Yen Houa Ling), enhn la plume de corbeau ou plume bleue (Lan Ling ou Lao Koua Ling) ; la principale distinction pour les raihtaircs est le Hing koua ou Houang Ma Koim (jaquette jaune).

II y a neuf degrés de noblesse héréditaire : Koung, Heou.

>(. Tseu, Nau. K'ing Tch'e Tou Yu, K'i Toa Va. Yun fCi

Ya, Ngan K'i Yu ; on traduit parfois en Europe les premiers

titres par Duc. Marquis, Comte, Vicomte, Baron. Le des-

t de Confucius porte le premier titre de noblesse ;

-,c peut être personnelle, peut ne durer qu'une

OU deux générations ; peut être au contraire ascendante, c*est-à-aire que 1 on anoblit un certain nombre d*ancêtres directs du fonctionnaire qui mérite des honneurs.

Cette administration est aujourd'hui profondément modifiée : Le Kiôtin Ki icKou^ le Nei kp et le Tcheng Wou tcfiou, composé de membres et des Présidents des Minis" tères, ont été supprimés par un décret du 8 mai 1911 et ont été remplacés par un Cabinet et un Conseil Privé ; les Présidents des Ministères prenaient le titre de Ministres. Le Cabinet (Kouo Wou Youen) comprend un Premier Ministre responsable (Kouo Wou Tsoung Li) et les neuf Ministères (Pou) des Affaires étrangères (Wai Kiao), de l'Intérieur (Nei Wou), des Finances (Tsfai Tcheng), de la Guerre (Lou Kiun), de la Marine (Hai Kiun), de la Justice (Se Fa), de TÉducation (Kiao Yu), de TAgri- \ culture et du Commerce (Noung Chang), et des Commu-* nications (Kiao Toung)» Chaque ministère a un Ministre (Tsoung Tchang), un pu plusieurs Vice-Ministres (Ts*e Tchang), des Conseillers (Tsan Che) au nombre de quatre ou de trois, puis des Directeurs des Départements (Se Tchang). Les Ministres sont choisis par le Président dont les choix doivent être approuvés par l'Assemblée Natio-* nalé.

Une loi du 3 octobre 1914a institué une Cour des Comptes (Chen Ki Youen) qui doit contrôler les dépenses de l'admis nistration.

A la tête de l'Empire, transformé en République, est placé un Président élu suivant la loi du 3 octobre 1913 ; il doit être Chinois, âgé de plus de 40 ans et avoir vécu dans le pays plus de dix ans ; il est élu pour cinq ans (rééligible) par les deux Chambres de^l'Assemblée Nationale réunie en Congrès. Il est le pouvoir exécutif. Commandant en

chef de l'Armée et de la Marine, nomme tous les fonction" naires ; toutefois, pour les Ambassadeurs et les Ministres, la sanction de TAssemblée Nationale est nécessaire. Il a un droit de veto qui peut être annulé par le vote des deux tiers de TAssemblée. La Présidence (Ta Tsoung Toung) est accompagnée d'une Vice^Présidence (Fou Tsoung Toung) . L'Assemblée Nationale comprend, suivant la loi du II août 1912, un Sénat (T&an Yi Youen) qui représente principalement les provinces avec des membres pour la Mongolie, le Tibet, etc. et délégués des Chinois résidant à l'étranger et une Chambre des Représentants (Tchoung Yi Youen) nommés par les provinces suivant leur population à raison d'un par 800.000 habitants. Ces derniers sont nommés pour trois ans ; les sénateurs pour six ans, renou^ velables par tiers tous les deux ans.

Administration provinciale. — Suivant les époques, les divisions territoriales de la Chine ont grandement varié en nombre, et les capitales ont été fréquemment déplacées. Sous les Hia, il y avait neuf provinces ou Tcheou. L'empereur Ts'in Che Houang-Ti divisa la Chine en 36 provinces ou Kiun avec Hien Yang, comme capitale. Sous les Han, il y eut 103 principautés, 241 marquisats, 32 tao ou provinces et 1314 hien ou districts ; sous les T'ang, il y eut dix tao ou provinces ; il y eut douze cheng sous les McmgicJs. Les Ming divisèrent la Chine en quinze provinces et la capitale d'abord à Nan King (Kiang Ning) fut sous Young Lo transférée à Pe King. Sous les Mandchoux on dédoubla la province de Kiang Nan en Ngan Houei et en Kiang Sou ; celle du Hou Kouang forma le Hou Pe et le Hou Nan, et on créa la province de Kan Sou, aux dépens du Chen Si.

La Chine propranent dite se divise, depuis la période K'ien Lining (xvillP siècle), en dix-huit provinces, diêng^ à savoir : au Nord : I . Tche li, capitale Pao Ting ; 2. Chan Toung, cap. Tsi Nan ; 3. Chan Si, cap. T aï Youen ; 4. Ijo Nan, cap. K*aï Foung ; à TEst : 3. Kiang Sou, cap. Sou Tcheou ; 6. Ngan Houei, cap. Ngan King ; 7. Kiang Si, cap. Nan Tch*ang ; 8. Tche Kiang, cap. Hang Tcheou ; 9. Fou Kien, cap. Fou Tcheou : au Centre : 10. Hou Pc, cap. Wou Tch*ang ; 1 1 . Hou Nan, cap. Tch'ang Cha ; au Sud : 12. Kouang Toung, cap. Kouang Tcheou ; 13. Kouang Si, cap. Kouei Lin ; 14. Yun Nan, cap. Yun Nan ; 1 3. Kouei Tcheou, cap. Kouei Yang ; à TOuest : 16. Chen Si, cap. Si Ngan ; I7« Kan Sou, cap. Lan Tcheou ; 18. Se Tch'ouan, cap, Tch'eng Tou.

Le gouvernement des provinces était confié à des Tsotmg Toa, vice-roi, gouverneur général, et à des Fou t^ca, gouverneur. On comptait huit Tsoung Tou, placés à la tête des provinces suivantes : I*^ le Tsoung Tou du Tche Li ; 2° le Liang (deux) Kiang Tsoung Tou pour le Kiang Sou, le Ngan Houei et le Kiang Si ; 3^ le Min Tche Tsoung Tou , pour le Fou Kien et le Tche Kiang ; 4^ le Liang Hou Tsoung Tou pour le Hou Pe et le Hou Nan ; 5*^ le Liang Kouang Tsoung Tou pour le Kouang Toung «et le Kouang Si ; 6^ le Yun Kottà Tsoung Tou pour le Yim Nan et le Kouei Tcheou ; 7^ le Chat Kan Tsoung Tou pour le Chen Si et le Kan Sou ; 8® le Tsoung Tou du Se Tch'ouan.

Sauf le Tche Li, le Kan Sou et le Se Tch'ouan, il y avak un Fou £m dans chaque province; il y avait donc 13 Fou fat dans la Chine proprement dite. Les Fou (dû à l'exception de ceux du Chan Toung, du Chan Si et du Ho Nan à peu près indépendants, étaient sous les ordres des Tsoung Tou,

Au-dessous des Fou (ca venaient les Tao (<â (intendants), dont le nombre variait suivant les provinces. Les provinces étant divisées en fou, t'ing, tcheou et hien, chacune de ces divisions territoriales était administrée par un Tche fou, un Toung tche, un Tche tcheou ou un Tche hien (du n^otjche^ savoir, celui qui connaît) ; le Tche fou reçoit les rapports des autres officiers pour les faire parvenir au gouvernement provincial ou plutôt au Tao fat.

Cependant les administrateurs de quelques ting.eX tcheou étaient indépendants, c'est-à-dire qu'ils ne dépendaient pas d'un tche fou, mais qu'ils relevaient directement tl'un tao (m ou du gouverneur provincial. On fait précéder les noms de leurs titres par les mots Tche Li (qui indiquent qu'ils en sont pas subordonnés à un tche fou) ; ces officiers indépendants sont par conséquent appelés TcheAi Toung-' tche et TchcAi Tchcrtcheou,

Puis venaient, au-dessous du Toung tche : le Totmg p*an ; du Tche tcheou : le Tcheou foung et le Tcheou p^an ; du Tche hien : le Hien tch*eng, eiX

De même qu'il y avait des Téhe^li Toung-tche et des TcheM Tche-'tcheou, il y avait des TcheAi Toung pan, des Tche-li Tcheou-foung et des TcheAi Tcheou-'pan, officiers indépendants des Toung tche et des Tche'tcheou.

Lors de la fondation de la République, les Tsoung tou furent remplacés par des tou tou, à raison d'un par province ; en 1913, les gouverneurs civils résidant dans la capitale de la province furent désignés comme des Siun ngan se et les chefs militaires comme tsiang kUm demeurant dans une autre ville. Par un décret du 6 juillet 1916, Dp gouverneur civil porte le titre de Cheng Tchang ; il est nbmmé directement par le Président de la République et \l est chargé d'une seule province divisée en un certain nombre de tao

à la tête desquels sont placés des Tao Yin qui ont sous eux les Hien Tche cht dirigeant les districts hien.

Capitales. — Les Soung eurent pour capitales Pien Uang (960) (Kai Foung), puis Un Ngan (1129) (Hang Tcheou) ; les T'ang résidèrent à Tch'ang Ngan (Si Ngan), puis à Lo Yang ; d'autres villes comme Pou Tcheou (Tchang Te, au Ho Nan) sous les Wei, Wou Tch'ang (au Hou Pe) sous les Wou, Hien Yang (Si Ngan) sous les Ts*in au IV^ s. av. J.-C. furent aussi capitales de la Chine.

La ville moderne de Pe King, capitale actuelle, était désignée par les Chinois à Vépoque de la dynastie mand" choue sous le nom de Kii^ Tdieng ou de King Tou (la capitale). Pe King qui veut dire (< Cour du Nord » est la désignation qui fut donnée à cette ville lorsqu'on y transféra au commencement du XV^ siècle, sous Young Lo, le siège de TEmpire de Kiang Ning, Nan King, 1^ « Cour du Sud », qui avait remplacé la capitale mongolç» Khan Baliq. Ces désignations de Cour du Nord et de Cour du Sud ont varié suivant leurs positions respectives sous les différentes dynasties. En effet, le Pe King d'aujourd'hui fut,. après Lo Yang, au Ho Nan, le Tchoung King ou Cour du Milieu des Tartares Kin ; il avait été le Nan King, Cour du Midi, des Leao qui n^eurent pas moins de cinq King ou Cours. Lo Yang fut tour à tour le Totmg King, Cour orientale, de la dynastie des seconds Tcheou, le Si King, Cour occidentale, de la dynastie des Soung dont la capitale était K'aï Foung, et le Tchoung King, Cour du Milieu, des Kin. On retrouve ces appellations dans les autres pays d'Extrême-Orient : en Annam, Hanoï est la Cour de l'Est, Totmg King^ tandis que Hue est la Cour de l'Ouest, Si King ; au Japon, Tokyo est l'équivalent de Toung King et ce nom fut donné après la

restauration de 1868 à Yedo pour le distin^er de Kyoto. Administrativement, Pe King s'appelle Chouen T*ien et forme l'un des onze fou ou préfectures de la province de Tche Lt \ il est construit au nord-ouest d'une plaine sablonneuse à l'attitude de 37 m. par 39^54' de lat. N, et 114^ de long. E., à une distance à peu près égale* 18 kil. et 1 4 kil. du Pei Ho et de son affluent le Houen Ho, au pied des collines du Tche Li, premiers; contreforts des montagnes du Chan Si. Pe King orienté d'une manière générale du Nord au Sud, se compose de deux villes principales : au nord, la Ville Tartare, ou Nd Tch'eng; au sud, la Ville Chinoise ou Wei TcKeng. Dans l'intérieur de la Ville Tartare est enclavée la Ville Impériale ou Houang Tdieng qui renferme elle-même la Ville réservée ou interdite, Tsm Kin TcKmg, La capitale comprend donc quatre parties.

Jurisprudence. -^ Sous l'ancien régime, les lois étaient renfermées dans le recueil Ta Tsing L\u Li formé au commencement de la dynastie mandchoue, révisé ou augmenté en 1 670, en 1 723, en 1 740, en 1 829 ; l'ouvrage était divisé en deux parties : liu contenant les lois fondamentales et invariables ; li contenant les lois secondaires, seules sujettes à des modifications. Depuis la chute de l'Empire en 1912, le Gouvernement en Chine, comme auparavant le Gouvernement au Japon, s'est efforcé de mettre les lois du pays en rapport avec la situation nouvelle ; il s'est occupé en particulier de la modification du Code pénal.

La Constitution provisoire républicaine du 10 mars 1912 prévoit en son article 6 qu'aucun citoyen ne peut être arrêté, empriÈomié, jugé ni pttm si ce nest conformément à la loi. Une commission de codification avait été créée, puis son statut fut définitivement fixé par un mandat présidentiel

du 13 juillet 1918; un nouveau projet de Gxle pénal a été élaboré et enfin imprimé en février 1919 ; il en a été donné une version anglaise (1919) et ime version française (fév. 1920). Ce nouveau Gxle a fait de nombreux emprunts aux codes pénals étrangers, le texte du Gxle pénal du Japon de 1907 ayant servi de base à la rédaction du texte primitif.

Armée et Marine. — L*ancienne armée était divisée en armée des Huit Bannières, Pa ICù <]ui se reconnaissaient à leurs couleurs : I . Jaune à bordure ; 2. Jaune ; 3. Blanc, formant les trois Bannières supérieures ; 4. Blanc à bordure ; 5. Rouge ; 6. Rouge à bordure ; 7. Bleu ; 8. Bleu à bordure, formant les cinq Bannières inférieures.

Cette armée comprenait trois Kou sai (Kou Chan) formés de Mandchoux, de Mongols et de Chinois (Han ICïun) descendant de ceux qui au XVII^ siècle avaient aidé les conquérants à s*emparer du trône.

Les Huit Bannières, Pa ICi, étaient divisées en /Ci (bannière), en k^u chan (tiers de bannière) commandé par un tou 'fong, en ^la-Za, régiment, et tso ling, compagnie. Le caporal était le ling tsoud^ le soldat ma kia (4® classe) et ngao eul pou (2® classe). Il y avait donc 24 ^'i en tout.

C'était en réalité l'armée métropolitaine.

L'armée provinciale chinoise formait l'autre portion de l'ancienne armée.

L'armée provinciale, de race chinoise, était appelée Lou k'i Wngf camp des étendards verts, ou par abréviation Lou ying, jcamp vert. Elle était divisée en t'i piao, division (une par province), commandée par un fi tou, en tchen, brigade, par un t^ong ping, en hié, régiment, par im fou tsiang, colonelO^ lieutenant-'Colonel était le ts*an tsiang), en ying, bataillon de 500 hommes, par un yeou kU commap^

dant, en chao, compagnie, par un tou seu^ capitaine de r^® classe 0e capitaine de 2® classe était un cheou pd), en seu, section, par un ^s*ien tong, lieutenant (le sous^lieutenant était un pa'tsong). Le sergent était un wcd wei tsien isong et le caporal un wai wei pa tsong.

En 1903, le Gouvernement mandchou décida de réor-* ganiser l'armée de terre, Lou ki^n, en cinq ans. On forma des corps d*armée qui furent nommés Che fouan^ corps d'armée, composés de tchen, division, constituée de piao^ régiments, de compagnies, touei, et de sections, p'ai, qui remplacèrent les hiê, chao et seu, du Lou Ying. Les officiers formaient neuf degrés de trois catégories chacun (son teng kieou ki) • officiers généraux (général de corps d'armée, tcheng tou (ong ; général de division, fou tou (ong ; général de brigade, hie tou fong) ; officiers supérieurs (colonel, tcheng tsan ling ; lieutenant-colonel, fou tsan ling ; chef de bataillon, hié tsan ling) ; officiers subalternes (capitaines, tcheng kian hiao ; lieutenants, /ou kô^n hiao ; sous-lieutenants, hié kiun hiao). Pendant cette période les Huit Bannières continuaient d'exister.

En 191 2- 191 3, l'armée de terre, Lou kiun, fut répartie en ^lun, armée,^ commandée par un chang tsiûng, général d'armée, en che, division, par un tchoung siang, en lu, brigade, par un chao tsiang, en (ouan, régiment, par un chang hiao, en ying, par un chao hiao, en lien, compagnie, par un chca^ wei, capitaine, en pai, section, par un tchoung wd, lieutenant ; puis viennent le sous-lieutenant chao wd, les sous-officiers chang che, tchoung che, hia che ; les soldats sont de* la classe supérieure, chang teng ping, de la l'^ classe, yi teng ping, et de la 2® classe, eul teng ping ^.

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