‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 114 sur 135 · Messire Wicart de Bours {Suppl. fr · texte numérisé non relu

Messire Wicart de Bours {Suppl. fr

lement le duc Guillaume et tous les autres princes avecques toute la chevalerie et noblesse d'icelles deux parties , soy portèrent très vaillamment. Et y furent mors de leurs gens en celle journée , environ de cinq à six cens hommes, entre lesquelz furent mors, Jehan de La Chapelle, chevalier, conseiller du duc, messire Florimont de Brimeu , Jehan de La Trimoulle , qui ce jour avoit esté fait chevalier, Hugotin de Nanton, Jehan de Thouenne , viconte Brunequel *, natif d'Acquitaine , Daniel de Lampoule natif de Haynnau , Roland de La Mote et aucuns autres jusques au nombre de cent à six vingts hommes , et le surplus varlets. Et adonc que les dessusdiz ducs furent demourez victorieus , yssirent de la ville de Tongres environ deux mille hommes, pour cuider aider leurs gens. Mais quant ilz les virent de loing ainsi desconfis, ilz se commencèrent à retraire vers leur ville, mais ilz furent poursuivis de la compaignie de cheval, dont est faicte mencion , et de rechef en occirent grant quantité , et puis retournèrent devers lesdiz ducs. Lesquelz , après qu'ilz virent tout à plaiu qu'ilz estoient demourez victorieus sur la place et que leurs ennemis estoient du tout desconfis, s'assemblèrent ensemble, et là , en regraciant humblement leur Créateur de leur glorieuse fortune , firent grant joye les uns avecques les autres. Et tantost se logèrent en leurs tentes auprès du lieu où ladicte bataille avoit esté, et là demourèrent quatre jours et trois nuis s . Duquel lieu les ambaxadeurs du

i . Jehan de Theuenne , visante de Brunequet ( Suppl. fr. 93), lis. BruniqueU

î. Daniel de La Poulie (ibid.).

3. La chronique, Cord. 4G f donne sur celte bataille quelques

Roy dessusnommez, se départirent dudit duc de Bourgongne, et , par Tournay et autres lieux, s en retournèrent à Paris devers le Roy et son grant conseil. Mais paravant leur venue , ledit duc de Bourgongne avoit envoie ung sien chevaucheur portant ses lectres et la nouvelle de sa victoire devers le dessusdit Roy et autres ses bons amis. Pour lesquelles nouvelles plusieurs grans seigneurs et autres ses adversaires, qui estoient à Paris, en entencion de faire poursuite devers le Roy contre ledit duc pour la mort du duc d'Orléans défunct, ne furent point de ce grandement resjouys, mais en eurent grant desplaisir en cuer, et par le contraire , ceulx tenans son party en eurent grant joye.

Or est ainsi que le lundi , lendemain de ladicte bataille, ainsi qu'à xn heures, Jehan de Bavière, évesque de Liège , et avecques luy le damoiseau de Haiiiseberge 1 et plusieurs autres, nobles et non nobles,

détails intéressants que nous reproduisons ici. « Et fu celle ordonnance et bataille le xxin* jour du mois de septembre. Ledit jour, à heure de tierce (neuf heures du matin) se mirent ensemble les deux parties dessusdicteo , et à l'assarobler corn m en cher en t Liégois à traire leurs canons et leurs trebus , mais ilz les avoient si hault assis que ilz passèrent par dessus la bataille de leurs anemis et ne 6rent gaires de maulx. Et après le trait desdiz canons , assamblèrent les deux batailles Tune contre l'autre et coinmenchèrent à combattre main à main. Là y eubt grant estequis et grande occision , et se frappèrent Bourguignons , Flaraens , Piccars et Hennuyers ès Liégois moult raddement. Et ilz se défendirent au mieulx que ilz porrent de leurs planchons à longues pointes. Et ainsi que la bataille estoit en ce point , frappèrent ceulx de cheval ès Liégois, par derière , par tel manière que ilz furent incontinent desconfus. » (Bibl. imp., Cord. i6, fol. 334 v°). Cette chronique porte la perte des Liégeois à vingt-huit mille hommes. i . Le damoisiau de Hinsberch (Suppl. fr. 93).

jusques au nombre de six cens bacinets ou environ , vindrent de la ville de Tract 1 , où ilz avoient esté asségez, en l'ost des deux ducs dessusnommez , lesquelz il remercia très humblement du secours qu'ilz lui avoient fait, et fut d'iceulx et de leur chevalerie receu à très grant joye. Si lui fut à sa venue fait présent de la teste du damoisel de Pierelves*, lequel avoit esté trouvé mort avecques ses deux filz dessusdis. Et fut ladicte teste mise au bout d'une lance pour icelle monstrer à tous ceulx qui la vouldroient veoir. Et le mardi ensuivant, le jour de Saint Fremin martir 8 , la cité de Liège, Huy, Dinant et Tongres, avecques toutes les autres bonnes villes de la terre et de l'évesché de Liège , excepté le chastel de Buillon *, voians et oyans la grande destruction de leurs gens et la puissance de leurs ennemis, actains de paour, non voians espérance de quelque secours , se rendirent en l'obéissance desdiz ducs de Bourgongne et de Hollande, par le rapport de leurs ambaxadeurs , lesquelz à ce faire ilz envoièrent à iceulx , en suppliant aussi très humblement audit Jehan de Bavière , leur seigneur et évesque, qu'il les voulsist recevoir à mercy et miséricorde, requérans très humblement sa grâce. Laquelle chose ledit évesque leur octroya par le moien des deux ducs dessusdiz , pourveu toutesfoiz que tous les coulpables de la sédicion mauvaise et perverse , desquelz plusieurs estoient encorcs vivans, qu'on leur dénommeroit, ilz les rendroient et délivreroient en la main desdiz ducs, pour

L Maëstricht.

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