‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 3 sur 135 · Reg. ik du Conseil, fol. 267 v · texte numérisé non relu

Reg. ik du Conseil, fol. 267 v

î. Elles se trouvent dans le registre du Trésor des chartes.

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est rendu entre les mêmes parties , mais les rôles sont intervertis ; c'est Thomas de Rosière qui est le demandeur contre Enguerrand de Fieffés , défendeur, lequel est condamné à cinq cents livres parisis d'amende envers Thomas de Rosière C'est dans ce second arrêt qu'il est question de la mort de cet Enguerrand de Monstrelet, lequel, si nos conjectures étaient fondées , pourrait être le père du chroniqueur. Mais cette longue digression sur la lettre de 1422 nous a déjà entraîné trop loin. 11 est temps de revenir à notre sujet.

Les éditions de Monstrelet sont nombreuses. 11 y a d'abord les éditions gothiques au nombre de trois : celle de Vérard (sans date), celle de Jean Petit et Michel Lenoir, 1512, et celle de 1518. Viennent ensuite les éditions de Chaudière et Luillier, 1572, de Pierre Mestayer, 1 595, et d'Orry en 1 603 , qui est la dernière avant celle de Buchon. Enfin Th. Johnes a traduit Monstrelet en anglais , comme il avait déjà traduit Froissait. De toutes ces éditions celle de Vérard (sans date) et celle de 1572 ont toujours été les plus estimées.

Quant aux manuscrits de Monstrelet, on peut les ranger tous sous trois classes : ceux qui ne contiennent

coté 148, pièce 79. Elles sont datées de Paris, du mois d'août 439». L'Enguerrand de Monstrelet qu elles concernent y est qualifié d'écuyer.

1. Reg. 44 du Conseil, f. 273. Dans ce même registre, f. 67* se trouve un ajournement du 8 août 1395 dans le procès il' Enguerrand de Fieffés contre Enguerrand de Monstrelet.

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que le premier livre de la chronique, ceux qui comprennent les deux premiers livres, enfin ceux qui comprennent les trois livres tels qu'ils se trouvent dans les premières éditions gothiques. On peut encore former une quatrième catégorie, celle des manuscrits qui ne sont que des abrégés de Monstrelet. Enfin il faut dis* tinguer les uns et les autres en manuscrits français et en manuscrits picards.

Nous avons trouvé à la Bibliothèque impériale sept manuscrits de Monstrelet, et deux à la bibliothèque de F Arsenal. Nous allons les examiner dans Tordre qui vient d'être indiqué.

Les manuscrits de la première classe, c'est-à-dire ceux qui ne contiennent que le premier livre de Monstrelet, sont au nombre de deux, tous deux appartenant à la Bibliothèque impériale. Le premier porte le numéro 8347-5.5., olim Colbert 3186. C'est un beau manuscrit grand in-folio vélin, relié en veau bleu, de 227 feuillets, y compris la table qui est à la fin, et incomplète , car elle s'arrête au 243° chapitre , tandis qu'elle devrait aller jusqu'au 258* chapitre, qui est le nombre donné par le texte. Aussi, après le 227* feuillet trouve-t-on la trace d'un autre qui à été coupé et qui suffisait évidemment à contenir le reste de la table. Il est écrit à longues lignes avec les titres des chapitres en rouge et les initiales ornées; celles qui commencent les années sont plus travaillées et de plus, dorées. Le premier feuillet a un encadrement colorié et disposé, en chevrons des deux côtés, en losanges dans le haut et en girons au bas. Sur cette dernière partie

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de l'encadrement ou frontispice on voit un arbre, enlevé sur fond blanc, qui surmontait peut-être un blason. Ce qu'il y a de certain , c'est que sur ie travail primitif effacé, on voit, très-grossièrement dessiné à l'encre , un écu penché, portant une face chargée de trois croiseltes, accompagnée en chef d'un croissant, et en pointe d'un lion issant, avec la devise : Cœur qui désire n'a repos. Au-dessous de l'encadrement se lit en lettres noires sur une banderole à fond d'or, la devise : Fax mentis honeste gloria. Enfin, pour ne rien omettre de ce qui concerne ce premier feuillet ou frontispice, il faut ajouter qu'on lit à côté de la banderole dont on vient de parler le nom de Bourthevin, et sur la marge de droite celui de A Bonelles. Quant au corps du manuscrit, il est écrit d'un bout à l'autre de la même main, et de cette petite cursive, basse, très-nette et carrée qui appartient à la première moitié du xv* siècle. Certainement ce n'est pas là l'original de la chronique de Monstrelet, original que personne, que nous sachions, n'a connu, mais c'en est, du moins à notre avis, l'une des premières et des meilleures copies. Nous avons été frappé , à première vue , du caractère contemporain qu'il présentait, et rien depuis, dans l'examen attentif que nous avons fait des autres manuscrits, ne nous a fait revenir sur l'idée favorable que nous avions conçue de celui-ci. En conséquence, c'est lui que nous avons choisi pour notre édition.

Le second des deux manuscrits de la première classe^ c'est-à-dire de ceux qui ne comprennent que le premier livre de Monstrelet, appartient aussi à la Biblio-

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thèque impériale, sous la cote Suppl. Fr. 93. C'est un volume in-fol., pap. de 343 feuillets écrits à deux colonnes. 11 commence brustjuement et sans aucun titre par les mots : Selon ce que dist Saluste, etc., qui sont les premiers mots du prologue. Vient ensuite, au fol. 2, la table des chapitres qui va jusqu'au fol. 10, lequel est suivi de deux feuillets blancs. C'est au folio 13 que commencent les chapitres, qui sont au nombre de 268. Ce manuscrit porte la date de 1 459 sur le verso du dernier feuillet, où on lit : « Je Olivet du Quesne, natif de Lille lez Flandres, accomplis de coppier ce présent livre, le xii e jour de may, l'an mil iiii c lix. Scriptor qui sert psit cum Chris to vivere possit.» C'est un fort bon manuscrit, dont le texte est pour le fond tout aussi sûr que celui du n° 8347. Cependant , sans être précisément en dialecte picard , il en a quelques formes, et par exemple le ch pour le c, comme comme ncheme nt , pour commencement; bachinès , pour bacinès , etc. Ce manuscrit présente une particularité assez remarquable et que nous n'avons rencontrée que là. 11 donne en entier un assez grand nombre de pièces officielles dont le n w 8347 ne donne que la substance. Le cas a lieu principalement pour les années 1 41 3 et 1 41 4. Quant à la chose en elle-même, il est assez facile, ce nous semble, de se l'expliquer. Il est évident qu'il y a entre le livre et le manuscrit une différence capitale. Le livre, par sa nature même, est immuable. Le manuscrit, au contraire, est susceptible de toutes sortes de variations et de différences, car celui qui faisait exécuter un manuscrit avait toujours la

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faculté de le faire accommodera son usage. La preuve en est bien dans la question qui nous occupe. Quand on copiait un Monstrelet pour l'Ile-de-France, par exemple, on le copiait avec les formes grammaticales de l' Ile-de-France ; quand c'était pour la Picardie, avec des formes picardes. De là des différences très-notables de style dans les divers manuscrits d'un même ouvrage. Mais ce n'étaient pas seulement les formes grammaticales qui pouvaient changer, c'était encore, quand on le voulait, le fond, auquel on pouvait toujours ajouter ou retrancher à son gré. Et ici encore nous citerons ce qui nous arrive pour Monstrelet. Nous parlerons tout à l'heure d'un manuscrit de Monstrelet qui a appartenu à Charles IX. C'est un de ces manuscrits abrégés que nous avons signalés. Ici par exemple, le récit interminable du défi de l'écuyer arragonais est résumé en deux mots, tandis qu'au contraire les défis réciproques du duc d'Orléans et du roi d'Angleterre, qui sont aussi fort longs, se trouvent tout entiers dans le manuscrit en question. C'est que le royal possesseur du manuscrit prenait tout naturellement grand intérêt à l'un des récits, et non pas à l'autre.

Passons maintenant à la seconde classe des manuscrits de Monstrelet, ceux qui contiennent les livres

I et 1J. Nous n'en avons qu'un de ce genre à signaler.

II se trouve à la Bibliothèque impériale. 11 est en deux volumes, cotés 8345 et 8346, in-fol. pap. à deux colonnes et à rubriques, reliés en maroquin rouge, aux armes de France sur les plats. Le premier, ou le n° 8345, a 395 feuillets écrits, plus 6 restés en blanc,

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2 au commencement et 4 à la fin. 11 est à remarquer qu'il a un intitulé, tandis que les deux manuscrits que nous venons de décrire n'en ont pas. Le voici : « Chi commenche le premier livre de Engherant de Monstrelet, parlant espécialement des fais et advenues des royaumes de France et d'Engleterre, et entredeux, d'autres mat ères. Et commenche au roy Charles de France, VI e de che nom, lequel est dit Charles le Bel et Charles le Bien Amé. » On lit au dernier feuillet : «Explicit le premier volume de Engherand de Monstrelet. » C'est une version picarde, comme on a pu s'en apercevoir, rien qu'à l'intitulé que nous venons de transcrire. Mais en dehors des formes grammaticales, il est pour le fond du texte et pour la distribution entièrement semblable au n° 8347. Comme lui, il a seulement 258 chapitres, tandis que tous les autres manuscrits et tous les imprimés en comptent 268. Différence, au reste, qui ne porte que sur la coupure du texte, lequel reste le même au fond, dans les uns et les autres. Le second volume, c'est-à-dire le n° 8346, a 261 feuillets numérotés. Au haut du premier feuillet se lit l'invocation : In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. Amen» Puis au-dessous la rubrique : « Cbest chi le second volume des histoires Engherant de Monstrelet. » Au verso du feuillet se trouve la petite pièce connue sous le nom du Recouvrement de la duché de Normandie et de Guienne, par le hérault Berry.

Nous voici arrivé à la troisième classe de nos manuscrits, ceux qui contiennent les trois livres. Ces derniers, inférieurs aux précédents par rapport au texte,

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leur sont infiniment supérieurs par l'exécution. La Bibliothèque impériale en possède deux. L'un, sous les n" 8299-5 et 8299-6, anciennement Colbert 19 et 20, est formé de deux magnifiques volumes grand iu-fol. vél., dorés sur tranche, et reliés en maroquin fauve au chiffre du roi Louis- Philippe. Le premier volume a d'abord onze feuillets préliminaires, qui sont numérotés. On ht en tête du premier de ces onze feuillets : w Le premier volume de Enguerran de Monstrellet, ensuyvant Froissait, des cronicques de France, d'Angleterre, d'Escoce, d'Espaigne, de Bretaigne, de Gascongne, de Flandres et lieux circon voisins. » Vient ensuite le prologue, puis la table des chapitres, au nombre de 268. Au commencement du texte la pagination recommence de 1 à 389, ce qui donne pour le tout 400 feuillets. Ce volume contient vingt-deux miniatures, de grande proportion et fort bien exécutées. Le second volume est comme le premier, un très-bel in-folio de 471 feuillets. Le premier commence par ces mois : « Ung très noble philosophe nommé Végèce, » qui sont ceux du prologue du second livre. Vient ensuite la table qui s'arrête au bas du recto du folio 1 0, dont le verso est en blanc. Au folio 1 1 s'ouvre, par une magnifique miniature à double sujet, la suite des chapitres au nombre de 280, puis on lit au recto du folio 287 : « Cy finist le second volume des croniques de messire Enguerrand de Monstrelet. Pour monseigneur le Légat. » La table du troisième livre se trouve au folio 288, et au folio 296, le texte. Là il reste un blanc qui attend encore sa miniature. Au dernier feuillet ou

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lit : « Cv finist le tiers volume d'Anguerran de Monstrellet, des cronicques de France et d'Angleterre et de Bourgoingne et autres pays circonvoisins, etc. » Ce livre a 440 chapitres. Le volume a cinquante-deux miniatures. A l'indication de la fin du second livre, on a remarqué les mots : Pour monseigneur le Légat. Si, comme il nous semble, ils s'appliquent au cardinal d'Amboise, légat en France en 1499 et mort en 1516, c'est entre ces années qu'il faut chercher la date de ce beau manuscrit.

Le second des deux manuscrits de Monstrelet contenant les trois livres, appartient encore à la Bibliothèque impériale, où il est conservé sous la cote La Vallière 32. C'est un fort beau manuscrit en trois volumes in-folio, répondant chacun à l'un des trois livres de la chronique. Au dernier feuillet du troisième volume on lit : « Cy finist le tiers volume d'Anguerran de Monstrelet, des croniques de France, d'Angleterre, de Bourgongne et autres pays circonvoisins, suyvant celles de Froissait. Escriptes par moy Anthoine Bardin, serviteur de monseigneur messire Françoys de Rochechouart, chevalier, seigneur de Champdenier, seneschal de Tholouze, gouverneur et lieutenant général à Gennes pour le roy Loys, douziesme de ce nom, son conseiller et chambellan ordinaire. Et fut achevé au palays dudit Gennes, la vigille de Nostre Dame d'aousl , l'an mil cinq cens et dix. » Ce manuscrit contient un très-grand nombre de dessins à la plume exécutés en façon de camaïeux et dont la plupart sont enrichis d'or et de vives couleurs. Comme ces dessins sont dus i b

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très- vraisemblablement à des artistes italiens, le manuscrit en est d'autant plus curieux à étudier sous le rapport de l'art. On y rencontre à chaque page l'écu des Rochechouart {fascé ondé d argent et de gueules de six pièces).

Nous avons parlé de manuscrits où la chronique de Monstrelet se trouve plus ou moins abrégée. La Bibliothèque impériale en possède deux. L'un, portant le n° 8344, est un beau volume in-folio, vélin, relié en maroquin rouge. 11 est écrit à deux colonnes et contient 407 feuillets, y compris la table des chapitres qui est en tête, U est orné de petites miniatures assez bien traitées, l'une surtout (folio 52) qui représente le meurtre du duc d'Orléans; avec les détails de la main coupée et du page allemand couché sur son maître. Il commence : « Premièrement, dit Enguerran de Monstrelet pour donner congnoissance aux lisans dont vindrent les haynes et divisions qui furent en France durant le règne d'iceUuy roy Charles VI, dont sy grans maulx vindrent en son royaume que c'est pitié du recorder. » Il s'arrête à la descente du comte de Salisbury en France, l'an 1428. L'écriture nous parait être de la fin du xv 6 siècle.

L'autre Monstrelet abrégé est un volume in«4, dont le papier est au filigrane d'un écu de France, et relié aux armes et au chiffre de Charles IX. Il a 387 feuillets numérotés à l'encre rouge, non compris 1 4 autres non numérotés, en tête, contenant la table des chapitres. Au premier feuillet on lit la rubrique : « Cy commence le premier livre de la cronique que fist Enguerran de

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Monstrelet, qui traicte des guerres et divisions de France et d'Angleterre, depuis Fan mil quatre cens jusques à Fan mil cinq cens vingt deux, c'est à sçavoir jusques au trespas du roy Charles de France. » puis les mots : « Prohème dudit livre. » Et enfin le texte commence par ces mots : « Extrait des histoires et croniques faites et compilées par noble homme Enguerran de Monstrelet demourant à Cambray. Commençans icelles croniques, etc. » Au verso du folio 384 on lit la rubrique : « Cy fine le premier livre que fist en son temps Enguerran de Monstrelet. » Le folio 385 est en blanc, le folio 386 manque. Enfin au folio 387 et dernier, on lit , d'une main de la fin du xvi* siècle :

« Ce présant livre appartient à moy Crestophe Hesselin demourant en la rue des Bourdonnoys à Paris. Qui le trouvera, si luy rende, et il paira voluntiers le vin à la St.-Martin.

Qui me trouvera, soit gueux ou mille, Je luy supplie de cuer enclin Me rendre à une belle fille, Son nom Marguerite Hesselin.

Nous n'avons reproduit ceci que pour montrer la bizarre destinée de ce livre, qui, des mains de Charles IX tombe dans celles d'un bourgeois de la rue des Bourdonnais. Ce manuscrit n'est, comme on le voit, qu'un abrégé de Monstrelet, et encore du premier livre seulement.

Quant aux deux manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal, nous n'en dirons que peu de chose, leur im-

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portance disparaissant tout à fait devant la plupart de ceux dont il vient d'être question. Le premier, qui porte la cote Hist, 147, est un volume in-folio , papier à deux colonnes et à rubriques, de 387 feuillets. C'est un abrégé des deux premiers livres de la chronique de Monstrelet. L'écriture peut remonter au temps de Henri II. Il a appartenu à la famille de Saint- Gelais , comme le prouve la mention de la naissance de plusieurs personnes de cette famille, qui se trouve au dernier feuillet. L'autre manuscrit de l'Arsenal, Hist. 146, est encore un abrégé, mais qui n'embrasse pas même tout le premier volume, puisqu'il s'arrête au traité de Pouilly-le-Fort du 18 juillet 1419. C'est un in-folio, papier à deux colonnes et à rubriques, d'une écriture de la fin du xv* siècle.

Toutes les éditions de Monstrelet, à l'exception de la dernière, celle de Buchon* s'accordent à donner trois livres à la chronique de Monstrelet. On a vu que les manuscrits complets donnaient également ces trois livres. Cependant Ducange f , et après lui Dacier, avaient conçu des doutes sur l'authenticité de ce troisième livre. Comme il s'étend de l'année 1 444, où finit le second, jusqu'à l'année 1467, il y avait, rien que dans cette dernière date, une objection invincible, Monstrelet étant mort en 1453. Aussi Buchon, lorsqu'il donna son édition de Monstrelet en 1 826, prit, par d'excellentes raisons, assez mal présentées au reste dans

4 . Notes et observations sur Monstrelet. C'est une plaquette de 40 p. conservée à la Bibl. irap. Ms. Ducange 1248. Nous la citons sous la rubrique Notes de Ducange,

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sa première préface, le parti de n'admettre comme appartenant en propre à notre chroniqueur que les deux premiers des trois qui avaient jusqii'al<>i> } o sr sous son nom, restituant ce troisième livre ;« M.iilii* u de Coucy. Et, en effet, ce dernier dit positivement qu'il commence sa chronique là où finit celle de Monstrelet, c'est-à-dire en 1444. Aussi la difficulté n'estelle pas de savoir s'il faut, oui ou non, retrancher de la véritable et authentique chronique de Monstrelet ce troisième livre, mais bien d'expliquer comment toutes les éditions et tous les manuscrits complets l'y ont fait entrer. Voici, suivant nous, comment on pourrait expliquer le fait. Les manuscrits de Monstrelet, qui contiennent seulement les deux livres, arrêtent le récit par ces mots : ce Comme il sera dit dans mon tiers livre, m phrase qui, à la vérité, démontre bien le projet qu'avait Monstrelet de donner un troisième livre, mais qui n'implique pas nécessairement qu'il ait écrit ce troisième livre, ni surtout qu'il l'ait publié. Un autre argument dont Buchon ne s'est pas servi, et qui pourtant nous semble assez fort, c'est que dans toutes les éditions et dans tous les manuscrits, chacun des deux premiers livres est précédé d'une préface , tandis que le troisième n'en a pas. On ne voit pas bien pourquoi Monstrelet aurait ainsi abandonné une méthode bonne en soi, et que d'ailleurs il semblait affectionner. Disons donc qu'il n'a vraiment fait, ou du moins mis au jour, que ses deux premiers livres. Quant au troisième, voici, selon nos conjectures, ce qui a pu arriver. Les premiers éditeurs se seront servis de manuscrits n'ayant

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que les deux premiers livres, et ils auront mis, au lieu du troisième qu'ils y trouvaient annoncé et qu'ils n'avaient pas , le premier manuscrit traitant des mêmes matières et pouvant servir de continuation , qu'ils auront eu sous la main. Si l'on nous objecte l'existence des manuscrits aux trois livres, nous répondrons qu'on bien pu faire là ce qu'on avait fait pour les imprimés, et qu'en copiant un manuscrit à deux livres ayant le renvoi au troisième, on aura suppléé, de la même mamère que pour les imprimés, à l'absence de ce troisième livre. En résumé, nous ne regardons comme parfaitement authentiques que les deux premiers livres de Monstrelet, c'est-à-dire celui qui commence à 1400 et qui finit à 1422, et celui qui, reprenant à Tavénement de Charles VII, s'arrête assez brusquement à Tannée 1444. Ce sont donc ces deux livres seuls que comprendra notre édition, comme celle de Buchon.

Pour le premier livre, qui s'étend de 1 400 à 1 422, notre texte est la reproduction littérale du manuscrit 8347. Nous n'y avons absolument rien changé, si ce n'est que nous écrivons les chiffres en toutes lettres, et aussi que nous avons cru nécessaire de suivre dans le numérotage des chapitres Tordre des imprimés , qui en donnent 268 pour ce premier livre, tandis que notre manuscrit n'en donne que 258. Comme nous l'avons déjà dit , c'est toujours la même quantité de texte, seulement différemment coupé. A ce texte de notre manuscrit 8347 nous joindrons, à leur place voulue, à la fin de chaque volume,

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les additions fournies par le manuscrit Suppl. fr. 93, dont il a déjà été parlé.

Quant au second livre, qui s'étend de Tan 1422 à Tan 1444, nous n'avions plus là, comme dans le premier cas, un excellent manuscrit à suivre en toute confiance. Il est vrai que le manuscrit 8346 est fort bon, mais, si Ton veut bien se le rappeler, c'est une version picarde, laquelle aurait trop juré avec notre texte du premier livre. Après tout, c'est encore l'édition Vérard (sans date) qui s'en rapproche le plus. Aussi , après mûr examen, est-ce ce texte-là que nous adopterons pour le second livre, mais en le revoyant soigneusement, pour le fond, sur le n° 8346.

Notre texte ainsi établi se suivra sans interruption de volume en volume jusqu'à complète terminaison. Après le texte de la chronique viendront les pièces justificatives, puis des notes et des éclaircissements, et enfin des tables étendues.

TABLEAD CHRONOLOGIQUE

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