‹ La chronique d'Enguerran de MonstreletChapitre 67 sur 135 · Du Trect. Maastricht ( Trajcctuin ad Mosam · texte numérisé non relu

Du Trect. Maastricht ( Trajcctuin ad Mosam

vers, les contes de Saint-Pol et de Namur, les seigneurs de Saint-George et de Croy, de par le duc de Bourgongne , avec plusieurs autres en très grant nombre. Pareillement y envoièrent le roy Loys de Cécile et le duc de Berry. Finablement , après qu'il eut assemblé très grant compaignie de gens d'armes de plusieurs pays , il se parti de Brabant avec les nobles du pays et grant foison de communes et de cbarroy et habillement de guerre, et print son chemin vers ladicte ville de Trect. Mais en passant parmy la terre de Liège et ès frontières d'environ , il y eut plusieurs Liégois qui s'assemblèrent en grant nombre et firent plusieurs empeschemens à son ost en dérompant tous les passages, en partie pour l'amour de ce qu'ils sçavoient icellui duc de Brabant estre de affinité audit Jehan de Bavière , leur adversaire. Et tant continuèrent en icelles assemblées, qu'ilz se trouvèrent bien vingt mille hommes armez avec leur nouvel évesque , et se mirent en bataille rengée contre le duc de Brabant, pour garder leurs seigneuries de dommage. Et vouloient à toute fin mener leur dit nouvel évesque en ladicte ville de Trect, à main armée, voulans qu'il entrast avec ledit duc comme vray évesque et qu'il y feust reçeu comme seigneur. Toulesfoiz celle assemblée se départi sans effusion de sang d'une partie ne d'autre. Et ce pendant, ledit duc de Brabant fist traicter secrètement avec ceulx du Trect , tellement qu'ilz furent contens de le recevoir à seigneur, et en fui le receurent et lui promirent et jurèrent à entretenir foy et loyaulté. Et après se parti de là et s'en retourna en son pays; si donna congié à toutes ses gens d'armes. Et quant ce fut venu à la congnoissance desdiz Liégeois , Hz requi-

ikB CHRONIQUE [1406]

rent hastivement à ceulx du Trect que ainsi qu'ilz avoient juré au duc de Brabant , ilz jurassent à leur nouvel évesque qui estoit leur droiturier seigneur. Laquelle requeste ne. leur fut point accordée, mais leur fut respondu qu'ilz avoient autrefoiz fait serement à Jehan de Bavière et lui receu comme seigneur, et que autre serement ne feroient. Pour laquelle response les dessusdiz Liégois, avec leur capitaine et leur nouvel évesque, furent très indignez contre eulx, et se disposèrent à toute puissance pour leur mener guerre et aussi pour les asséger, comme cy-après sera plus à plain déclairé.

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