De l'an
t. Lequel fès à prendre, fardeau , comme plus loin fais.
choses merveilleuses, ce fais sur noz espaules meismes, non mie de nostre vertu , mais de la vertu de Dieu , duquel la chose est faicte nous sommes confiez. Nous donques , l'office pastoral receu, non mie pour nostre prouffit mais pour l'onneur de Dieu et utilité publique, à ce , devant toutes choses , tournons nostre courage à lin que ceste briseure venimeuse, laquelle par si long temps le peuple chrestien a failli , à vivre et à réintégration nous le ramenions. Sur laquelle chose et grande grâce à nous de là hault nous espérons estre donnée, que ce que nous désirons et convoitons à eflfect sera démené. Et soit à tous notoire, que le courage de nostre propos à ce si est incliné , non mie à nostre droit , lequel est très bel à ensuir toute affection et aussi fait de droit, tant qu'en nous raisonnablement estre pourra, que l'union des chrestiens, très agréable, en nulle manière du monde empescher, afin que la sacrée saincte Église, qui tant a de misère, ne soit submise. Et de tant que noz drois sont plus fermes et plus certains, moins nous doublons, et tant plus joieusement pour le paix des chrestiens le voulons oster. Car au droit il ne loist pas toujours soy incliner, mais on doit tousjours avoir raiion du temps et de l'utilité. Et pour ce, toute contention ostée , à nostre adversaire jà avons escript, afin que à paix et à union il nous ensuive , en nous offrant estre appareillé à cession de droit et à la renonciation de la papalité du tout par nous estre faicte, moiennant que nostre adversaire , ou son successeur quel qu'il soit , face pareillement : c'estassavoir qu'il renonce à la papalité. Et aussi que ceulx qui à nostredit adversaire, pour estre cardinaulx, se sont ingérez, vueillent convenir et
concorder avec nostre collège, afin que de ce que ung pape rommain seul, une élection canonique, s'ensuive, laquelle offre, afin quelle feust et soit faicte plus seure, nous avons juré, promis et voué devant nostre élection par ce mesmes lien estre de fait acomplie avec tous noz vénérables frères cardinaulx de ceste mesme Église, ou cas que aucun de nous à pape seroit esleu. Et puis après ceste assumpcion, et à lui, à Constance, plus ferme avons juré , voué et promis , et ratifié noz orateurs aussi , hastivement de nous envoier qui de lieu ydoine et secret avec eulx doivent disposer pour ceste union faire. Vous donques, tresamé filz, à ce de toute vostre force vous veuillez exposer et nous aider à ceste œuvre parfumir, afin que l'Église de ceste maladie langoreuse ne soit plus traveillée, lui faisons par affection aide salutaire. Donné à Romme , à Saint- Pierre, le xi e jour de décembre , l'an mil quatre cens et six. m
En oultre, après ce que lesdizambaxadeurs du pape Grégoire eurent bien et à point remonstré tout Testât de leur ambaxade, et offert que ledit pape estoit prest de céder, comme dit est dessus, et qu'ilz eurent à Paris esté receuz bonorablement , et aussi qu'on leur eut promis d'envoier devers le pape Rénédict , ilz se départirent et retournèrent devers leur maistre et seigneur. Et environ la Chandeleur ensuivant , le roy de France et l'Université de Paris, par la délibéracion des prélats , du clergié et du conseil , envoièrent certains ambaxadeurs devers le pape Rénédict, c'estassavoir le patriarche d'Alixandre *, qui lors estoit oudit