C::.:"r ^s, IWz-ii'iiî-rre £p:re, comme toujours
^u rrcm-^r r:::^i: ivec cr^ c^^ir^ de 86 millions: la
Chine en i:::i:ne nJ^. je jcpc^n 41, la République
Argentine .;"•, ,:: Bel^icue 17 (:), Il y a reprise
(:) Voir f':S.f>!'Jj':^\- 5 -V: iu i-- novembre 1900.
aussi entre la France et les puissances qui ont signé des pactes commerciaux avec elle depuis 1892 : la Suisse, qui progresse de 12 millions, et Tltalie, qui se majore de 21. Par contre, les Etats-Unis perdent 196 millions, l'Espagne 87, la Russie 103. A la sortie, la France triomphe sur toute la ligne. Ses ventes à l'Angleterre atteignent le total énorme de 1.239 millions, en avance de '217 sur l'exercice précédent (le trafic total des deux Etats monte ainsi à 1.830 millions). En Belgique, elle progresse de 57; de 63 en Allemagne; de 14 en Suisse; de 45 aux Etats-Unis; de 49 en Italie; de 66 en Espagne.
Aux entrées, il y a eu en 1899, énorme majoration (491 millions) sur les matières nécessaires à l'industrie, puis sur les produits fabriqués (iio millions). Un recul de 555 millions sur les matières d'alimentation s'explique par l'abondance des récoltes : cette réduction porte presque entièrement sur les céréales dont la France achetait 632 millions en 1898 et 143 seulement en 1899. L'augmentation à la sortie porte pour une faible fraction (13 millions) sur les matières d'alimentation, pour un contingent notable sur les matières premières de l'industrie et pour beaucoup plus de
la mcirié ■''' ' r rziZicns iur Les :rrciiÏ3 fibriiiuiés- Ceci imciicie ér^jîsirnrzeszz :zi regirn (îe Tactivîté rr;fr::T?i:rir:ers:. Ce ictir Les èc^îS» <£e soie et de Liine vT:!! parisserx en xrctr Le pL^is bénéâdé. Aizsi le r:s5«ige si: Li scie cz£ fgiir^îc pour 223 zû3.:c3 ieulerzemen r^'^4T 2jo en 1898 remonte i 27S ; jcs icîcs elLcs-mernses passent de 118 à 179 içrès être L::zirées i S9 en 1894; les tissus de liine^de 241 i 204 iprès 222 ; Li tiïHettcrie,de 154 à rSj ^çrès 140; ks vêtements, de loi à 142, après 91: Les pea::x, de 149 à 216 après 109. La reprise est a pei: près générale, sauf pour les vins qui ne gagnent que quelques millions.
Ces résultats seraient assez satis£iisants,si le tableau de la navigation pour 1898, précédemment paru, n'accusait une diminution Êcheuse de notre marine marchande. Les échanges français ont atteint en poids 38.450.000 tonnes, soit 1.450.000 de plus qu'en 1897 et 5.150.000 de plus qu'en 1890 ; les entrées et les sorties, par mer, sont montées en 1898 à 26.776.000 tonnes contre 24,230.000 en 1891. Mais dans ce total, la fraction couverte par le pavillon français est des plus faibles et ce qui est pire, elle va en déclinant malgré que le tonnage des marchandises transportées
aille en augmentant. En 189 1, le pavillon français couvrait 9 millions de tonnes, et les pavillons étrangers, lé. 086. 000. En 1898, les chiffres correspondants sont respectivement 8. yéo.oooet 18.022.000. A l'entrée, l'effectif des couleurs nationales n'est que de 28 pour 100 et de 39,6 pour 100 à la sortie. Au contraire, celui de l'Angleterre atteint 47,3 et 37,6 pour 100; il croît sans cesse et il en est de même pour la Hollande et l'Allemagne, quoique en moindre proportion. La marine marchande française a atteint en 1891 son tonnage maximum: 948.000, maximum bien inférieur à ce qu'il devrait être; en 1895 ^^^^ ^^^^^ tombée à 887.000 tonnes pour remonter en 1896 et atteindre en 1897, 920.000 tonnes : en 1898 elle perd de nouveau 20.000 tonnes c'est-à- dire plus de 2 pour cent de son effectif et cela malgré le système des « primes » qui figurent au budget pour encourager la marine marchande. On conçoit que ce système ait été, cette année, déclaré détestable par le rapporteur du budget, mais on ne peut l'accuser pourtant d'accélérer la décadence de la marine marchande; il ne peut évidemment que la ralentir.
Ce qui concerne les ports n'est pas beaucoup
plus satisfaisant bien qu'il y ait eu partout progrès dans la circulation et parfois progrès assez sensible. En 1879-1880, par exemple, 7.000 balles de laine de la Plata entraient à Dunkerque alors qu'Anvers en recevait 136.643. En 1 898-1 899 la proportion se trouve renversée. Anvers n'en reçoit plus que 86.167 et Dunkerque s'élève au chiffre de 250.955. L'avance générale de Dunkerque n'est pourtant en 1898 que de 538.000 tonnes sur l'année précédente ; celle de Boulogne de 337.000, celle de Bordeaux de 108.000. Rouen et Nantes demeurent stationnaires ; Saint-Nazaire progresse peu. Le Havre, après de très mauvaises années, retrouve à peu près les mêmes chiffres qu'il y a huit ans. Marseille est seule à réaliser une forte augmentation de 1. 184. 000 tonnes. Si donc il y a progrès commercial notable, quoiqu'encore insuffisant, ce progrès est contrebalancé par la stagnation relative du trafic maritime national et la diminution de la marine marchande.
D'autre part, il est bon de noter que pour les onze premiers mois de 1900, les importations sont en diminution de 102 millions sur la période correspondante de 1899 et les exportations, en diminution de 19 millions : totaux sur lesquels
évidempient TExposition n'est pas sans avoir exercé une répercussion sensible.
La question sucrière.
Une nouvelle conférence des sucres, mais limitée aux mandataires de quelques Etats — s'est tenue à Paris cet automne. Elle n'était pas appelée à trancher définitivement le grave problème que soulèvent les différences de législation et les allocations de primes directes et indirectes. Mais elle avait pour mission de rechercher une solution qui serait ensuite soumise à une conférence générale, après avoir reçu les adhésions de la France, de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, les trois pays les plus intéressés dans la question puisqu'ils sont les plus grands exportateurs de sucre.
Le plus grand consommateur est l'Angleterre.
Pour développer sa production, la France promulgua, en 1884, ^"^ lo^ V^^ accorde une détaxe à tous les fabricants qui dépasseraient un certain taux de rendement ; ce taux minimum a été plusieurs fois augmenté, mais les sucres français conservent néanmoins un boni très notable. Ce système, aux yeux des allemands et des autri-
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Ici inter.'ient T Angleterre. En principe, elle avait avantage à assister, les bras croisés, à ce tournoi économique puisque, grâce au jeu des primes, elle avait le sucre à des prix modiques. Seulement SCS colonies se plaignirent. L'Inde et les Antilles accusèrent la métropole de les sacrifier à l'étranger. La Jamaïque et la Trinité menacèrent même, diton, de se donner à l'Amérique. Il fallut bien que le cabinet anglais s'occupât de l'affaire et fit mine d'étudier les tarifs différentiels. La Belgique préconisa à son tour la réunion d'une conférence qui se tint à Bruxelles. Trois propositions de conciliation y furent faites. L'une invitait la France à supprimer peu à peu sa prime indirecte ; l'autre engageait le môme pays à frapper les sucres expor-
(ï) /«.V/v«./<m«v H^*» octobre 1900.
tés d'un droit égal à la prime indirecte moyenne ; la troisième concluait à la suppression de la prime de sortie française et à la réduction des primes allemandes et autrichiennes au taux de 1891. On n'aboutit pas, la France, l'Allemagne et l'Autriche combattant le troisième projet et la France repoussant les deux premiers, qui touchaient à sa législation intérieure.
Or, depuis que cette conférence a pris fin sans résultat, des faits nouveaux ont surgi. L'Inde a frappé les sucres d'Europe de droits différentiels correspondant au montant respectif des primes directes et indirectes. L'Union Américaine a suivi la même procédure. L'Angleterre, a menacé de s'entendre contré la France, avec l'Allemagne et l'Autriche et de surtaxer les sucres français. Il était dès lors indiqué, pour le gouvernement de la République, de tenter une reprise des négociations avec, cette fois, une plus ferme volonté d'aboutir.
Dépopulation, ^Alcoolisme et Criminalité,
Les rapports sur le mouvement et la population en France, sont toujours assez longs à venir au
jour. C'est à la fin de 1899 seulement qu'a été publié le rapport de 1898. On peut résumer ce document en disant que la situation, normale au point de vue des mariages, reste très médiocre au point de vue de la natalité et de la mortalité. De 1879 à 1888, l'excédent des naissances sur les décès avait été en moyenne de plus de 2 pour 1000 habitants, la période décennale suivante (1889-1898), ne donna plus que 0,74 pour 1000 en sorte qu'en dix ans, la population n'augmenta que de 281.403 unités. Pendant cette période, il s'est rencontré quatre années où le nombre des décès a dépassé le nombre des naissances, l'excédent variant entre 10.000 et 38.000. Depuis 1895, la situation s'est améliorée. 1896 a donné un e;jcédent de 93.700 naissances, provenant à la fois de la diminution des décès et de l'augmentation des naissances. En 1897, l'excédent fut de 108.088. Les naissances pourtant avaient diminué de 6.479 unités et l'excédent était dû à une forte diminution du chiffre des décès. En 1898, nouvelle diminution des naissances, montant à 15.174 et on sait que 1900 apportera le même résultat. Le chiôre des naissances de 1898, est donc inférieur de 15.174 a 1897, de 21.653 à 1896, et ne dépas-
se plus que de 9.760 unités le chiffre atteint en 1895, l'un des plus bas qu'on ait eut à enregistrer.
La diminution s'étend sur 70 départements, 13 sont en augmentation. Les morts-nés ne sont pas comptés dans ces statistiques ; ils ont été au nombre de 39.805. Le total général est en conséquence de 883.738 soit 23 pour 1000 habitants. Quant aux mariages, la statistique, depuis de longues années, n'indique que des variations insignifiantes. Par contre, les divorces qui augmentaient régulièrement depuis le rétablissement du divorce en 1884 (l'augmentation était de 3 à 400 par an) ont rétrogradé de 222 entre 1897 et 1898.
Pour compléter le tableau du mouvement de la population, il importe de tenir compte de la place que l'élément étranger occupe en France ; elle est considérable. Il y avait en 1898, 1.05 1.907 étrangers vivant en France, S S S . 3 84 hommes et 496. 5 23 femmes. Les nationalités les plus nombreuses étaient naturellement les nationalités les plus voisines et les départements frontières se trouvaient les plus atteints par l'immigration. On comptait 400.000 belges, 291.000 italiens, 90.000 allemands, 76.000 espagnols, 74.800 Suisses, 3-6.000 anglais. Si l'on envisage l'ensemble de la France,
la proportion des étrangers aux français était de 28 pour i.ooo; mais cette proportion s'élevait jusqu'à 250 dans les Alpes-Maritimes, 139 dans les Bouches-du-Rhône, 1 10 dans le Var, 144 dans le Nord, etc., à Paris même, elle était de 58. La morale de cette situation est qu'il serait bon de faciliter la naturalisation, surtout celle des jeunes enfants et d'encourager les familles nombreuses. Ce dernier point de vue a déjà été discuté dans la presse depuis plusieurs années, mais il se précise davantage chaque jour et il vient d'aboutir à une série de propositions, qui paraissent devoir être adoptées dans un avenir assez prochain. Elles tendent en général à égaliser les charges fiscales entre les contribuables pères de famille et les contribuables sans enfants. Un amendement déjà pris en considération par le Sénat (décembre 1900) diminue les patentes inférieures à 4.000 francs de 5 0/0 à 60 0/0 selon que le patentable aura de 3 à 7 enfants. La question dite de la « dépopulationi^ bien qu'il s'agisse plutôt d'un accroissement insuffisant en regard de celui des autres peuples — ne sera point résolue toutefois par des mesures de ce genre. Elle est étroitement liée à celle de l'alcoolisme. L'alcoolisme qui provoque directement ou
indirectement la stérilité aux générations suivantes — a fait en France de grands progrès. Les sociétés dites de tempérance n'existent qu'en de trop rares localités et leur propagande est timide. Le premier des remèdes serait de diminuer, dans une large proportion, le nombre des marchands de vins et d'alcool, mais cette réforme demande quelque abnégation de la part des députés, car en tous pays le rôle électoral du marchand de vins est considérable et il peut se venger ou du moins tenter de se venger du député hostile à sa profession, en luttant contre lui aux élections prochaines. C'est ce qui explique que cette mesure si salutaire et si indispensable n'ait pas encore été prise.
Une chose consolante et digne d'attention, c'est que la criminalité loin de s'accroître proportionnellement à l'alcoolisme, ce qui est le cas ordinaire, diminue lentement mais sûrement. Depuis 1893, la courbe s'abaisse d'un mouvement continu, sans avoir encore atteint, cependant, le niveau qu'il faudrait. Le nombre des crimes contre les personnes a passé de 1549 en 1893, ^ 1213. Il est vrai que les atteintes au droit de propriété ont grandi parallèlement depuis deux ans. De 1224 ^^ ^^95^ elles se sont élevées à 1977 en 1896 et à 2087 en
1897, c'est-à-dire à un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis plus de 20 ans; mais elles sont accompagnées de moins nombreuses violences, de moins fréquents attentats contre la vie humaine. Le total des assassinats, meurtres, empoisonnements est, en effet, descendu en dix ans de 45 1 en 1887 à 371 en 1897. Sur les 3.453 individus accusés de crimes et jugés en 1897, il y ^ ^^ 480 femmes seulement. Enfin, les poursuites correctionnelles sont descendues, par degrés, de 206.326 en 1894 ^ 188.761 en 1897. Par contre, les suicides ont augmenté; ils sont au nombre de 9.356.
Le Féminisme.
L'année 1900 a été marquée par une brusque incursion dans le domaine pratique, de certaines idées, demeurées jusque-là sur le terrain de la spéculation. De ce nombre sont le Féminisme et l'Arbitrage, c'est-à-dire la théorie de l'émancipation complète de la femme et celle de la solution pacifique des conflits internationaux. Ailleurs, cts théories avaient déjà fait du chemin, mais les Français s'y montraient rebelles, les chansonnant à tout propos
et marquant de mille manières qu'ils ne croyaient pas à leur réalisation et ne les prenaient pas au sérieux. Plus encore que l'Exposition, l'affaire Dreyfus a modifié cet état d'esprit, ce que n'avaient pu faire ni les manifestations répétées et enthousiastes des apôtres du féminisme, ni les sociétés de la Paix et la réunion même de la conférence de La Haye. L'affaire Dreyfus a eu pour résultat de grouper les disciples de l'idée pure, de les arracher à leurs études et à leurs méditations pour les faire descendre sur la place publique et de leur donner une confiance nouvelle, et probablement fort exagérée, en leurs talents pour gouverner la société. De là l'espèce d'effervescence d'idées et d'utopies qui s'est produite à la suite du procès de Rennes et à laquelle l'Exposition vint fournir une occasion unique de s'épancher en manifestations solennelles. Le congrès féministe qui s'est tenu pendant l'Exposition, a été marqué par de tumultueux incidents et son principal tort a consisté à vouloir aborder toutes les questions à la fois, ce qui est en général la meilleure façon de n'en résoudre aucune ; mais il est indéniable qu'une grande partie de l'opinion publique s'y est intéressée et en a suivi, avec quelque attention, les travaux et
les débats. C'est là un symptôme nouveau. Il est probable cependant que le Féminisme Français devra, pour réussir, atténuer un peu ses prétentions. Les Français par hérédité, par tempérament, par goût sont rebelles à l'idée de l'égalité apparente des deux sexes. Ils accepteront le principe de l'égalité réelle pour autant qu'elle ne s'affichera pas trop bruyamment au dehors et que, dans la forme, elle ne choquera pas leurs traditions invétérées. Le mouvement pourra alors être fort utile au pays en provoquant la révision d'une législation surannée, en ce qui concerne la femme. Celle-ci est soumise par les lois Napoléoniennes, demeurées en usage jusqu'à nos jours, à une tutelle qui, en matière de commerce, d'administration de la fortune privée et de régie des biens de l'enfant mineur, est absolument déraisonnable; certaines carrières lui sont fermées dans lesquelles elle s'emploierait volontiers ; enfin l'article du Code Civil qui interdit la recherche de la paternité commence à être l'objet d'une réprobation justement méritée.... Si les féministes bornent là leurs efforts, ils sont, désormais, presque certains de réussir, mais s'ils veulent atteindre au-delà et rendre la femme électeur et éligible, ils se heur-
teront à une résistance dont ils n'auront jamais le moyen de venir à bout.
Un Arbitrage.
Sur le passage du président Krûger, à Marseille aussi bien qu'à Paris, les cris de « Vive l'Arbitrage! » ont retenti fréquemment. Ils n'étaient pas seulement une protestation en faveur de la seule solution du conflit Sud- Africain qui pût apporter quelque adoucissement au sort des Républiques de l'Orange et du Transvaal, ils étaient de plus l'expression d'une conviction nouvelle, mais déjà assez forte. Si le peuple français n'a pas encore une foi bien robuste dans le succès de l'arbitrage, il tend à en devenir partisan et c'est là un appoint très important pour une méthode qui ne pourra, évidemment, que progresser en popularité dans l'avenir.
Il est curieux de noter que ce revirement s'opère à l'heure même où la France fait de l'arbitrage, une expérience assez peu encourageante. C'est, en effet, quelques jours seulement après l'arrivée du président Krûger, que le Conseil fédéral Suisse a rendu sa sentence dans la contestation entre le
Brésil et la République Française au sujet de la frontière de la Guyane. Cette contestation ne date pas d'hier : elle remonte au xvii® siècle. Dès 1688, Louis XrV réclama la rive gauche de l'Amazone comme limite méridionale de la colonie de Cayenne. Le gouvernement portugais prétendait, au contraire, que ses possessions du Brésil s'étendaient jusqu'à la rivière qu'on nomme aujourd'hui l'Oyapoc. En 1 697, les Français s'étant emparés de Macapa, situé sur la rive gauche de l'Amazone, un traité intervint trois ans plus tard, qui neutralisa le territoire contesté. Ce traité ayant été rompu par l'entrée du Portugal dans la ligue formée contre la France, le traité d'Utrecht (17 13) stipula que Louis XIV renonçait à ses droits et à ses prétentions sur les terres situées entre l'Amazone et la rivière Japoc ou Vincent- Pinson. C'est autour du nom de ce cours d'eau que le débat s'est éternisé. Le terme indien Japoc pouvant s'appliquer à toutes les rivières, la France ne cessa de prétendre que le Japoc du traité d'Utrecht n'était autre que l'Aragouary, alors que le Brésil voulait y voir l'Oyapock actuel Quand le Brésil fut devenu indépendant, il offrit une transaction : la frontière serait formée par la
limite du Carsevène et les monts Tumucu-maque. La France refusa, exigeant bien davantage. C'est en 1894, la découverte des placers aurifères du Carsevène qui porta le conflit à Tétat aigu. De nombreux chercheurs d'or aflluèrent dans ce territoire sans maîtres et l'anarchie régna. Un chef brésilien ayant arrêté un nègre subventionné par le gouverneur de Cayenne, celui-ci envoya une canonnière à Amapa, avec ordre de libérer le nègre. Un combat eut lieu, dans lequel périt le capitaine Lunier. Comme le gouverneur de Cayenne avait agi sans ordres de Paris, M. Hanotaux, alors ministre des Affaires Etrangères, proposa au Brésil de soumettre à un arbitrage ce litige séculaire. L'offre fut acceptée et le Conseil fédéral Suisse choisi comme arbitre.
A l'exception d'une bande de territoire de 8.000 kilomètres carrés, située sur le cours supérieur de l'Oyapock, l'arbitre a donné entièrement raison au Brésil, en décidant que la rivière Japoc du traité d'Utrecht était bien l'Oyapock actuel et non pas l'Aragouary. Le Brésil gagne près de 400.000 kilomètres carrés, s'étendant jusqu'au Rio Branco, parallèlement au cours de l'Amazone, le long des Guyanes Hollandaise et Anglaise. Le