RÈGNE DE G ODE FROID
fort et Césarée, 600 chevaliers; la seigneurie du Krak et du Mont-Réal, 60 chevaliers ; la seigneurie du comte Josselin, 60 chevaliers; la seigneurie d’Arsouf (qui n'avait pas résisté à une seconde attaque), 330 chevaliers ; la seigneurie de Darou , 220 chevaliers ; la seigneurie de Baruch, 21 chevaliers.
« Les églises et bourgeois, quand il y a grand be- » soin en la terre du royaume de Jérusalem, doivent » 331 chevaliers. » Ce qui faisait en tout 3,497 chevaliers, commandés par le Roi ou par le connétable.
De plus , le patriarche de la sainte cité devait fournir 600 sergents; le chapitre du Saint-Sépulcre , 600 ; les autres évêchés, abbayes ou monastères, 4,076. En joignant à ces hommes d’armes les servants ou varlets , les hommes de poeste 1 ou serfs, les pèlerins et les volontaires, on suppute que le Roi de Jérusalem pouvait mettre sur pied trente à quarante mille hommes.
De sages dispositions avaient été prises, en rapport avec l’état des choses. Pour fixer les habilants dans cette terre de conquête , il avait été établi que tout homme qui aurait occupé un an et un jour une maison ou une terre du royaume , en serait le propriétaire légitime. Une absence de la même durée lui faisait perdre tous ses drois.
On avait institué des cours de justice , où chacun était jugé par ses pairs. Les épreuves du fer et du feu y étaient admises, ainsi que les combats en champ clos, dits jugements de Dieu , qui terminaient si vite les procès \
' Homme de poeste {de poteslale), qui est au pouvoir d’un autre.
* Voyez, dans les appendices, une longue note sur les Assises.
Ce recueil de lois, qui allait régir le pays, fut lu en grande pompe, devant tout le peuple assemblé. Il fut renfermé ensuite dans un coffre richement sculpté, et déposé devant le Saint-Sépulcre.
Après que ce grand devoir eut été rempli, Baudouin reprit le chemin de sa principauté d’Édesse. Les autres princes s’en retournèrent dans leurs seigneuries.
Godefroid jouissait de quelque paix, lorsqu’il apprit que Tancrède , qui avait la baronnie de Galilée , était attaqué par le prince de Damas. C’était pendant l’été de l’an \ 100. Il vola à son aide; et son concours dispersa les Musulmans.
11 s’en revenait , ramenant sa part de butin , escorté des vœux et des acclamations du peuple, qui bénissait ses victoires et sa sagesse. Un émir vint à sa rencontre , pour lui rendre hommage. Il lui présenta des fruits de la Palestine. Godefroid accepta une pomme de cèdre ; peu après qu'il l’eut mangée , il se sentit malade.
De Joppé * où il était , il fallut le transporter à Jérusalem. Un cortège de chrétiens en pleurs l'accompagnait. On supposa qu’il était empoisonné. On l’entoura des soins les plus tendres ; mais tout fut inutile. On le voyait s'affaiblir d'instant en instant. Au bout
1 Aujourd'hui Jaffa. « Le soir, nous jetâmes l’ancre devant Jaffa. C’est une ville bâtie en amphithéâtre, d’un assez triste aspect. S’on premier nom était Joppc, et <'’est celui que lui donne l'Écriture, qui en parle souvent. Quelques auteurs profanes ont prétendu qu’elle fut ainsi appelée de Joppe, fille d’Eole et femme de Céphée. On croit communément quelle est une des plus anciennes villes du monde, et qu’elle doit sa fondation à Japhel , second tils de Noé. Ce fut là que
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de quelques jours de souffrances , les extrémités se refroidirent. Les uns , dit-on , réchauffaient ses pieds sur leur sein ; les autres cherchaient à ranimer ses mains par des baisers et des larmes. Rien ne put le sauver. Dieu peut-être, dans sa miséricorde, trouvait qu’il avait expié suffisamment les guerres de sa jeunesse. Il mourut saintement , le 18 juillet de l'an 1100.
II y avait un an qu’il régnait et il était âgé de quarante et un ans.
Ses dernières paroles recommandèrent à ses compagnons l’union, la vertu, l’amour de la religion et la défense de la ville sainte. Son héritage allait être recueilli par son frère Baudouin ; et sa déjjouille ensevelie, au Saint-Sépulcre, aux pieds de la tombe révérée de son divin maître.
Ici nous reposerons un moment le lecteur sur un récit dont l’authenticité n’est douteuse que dans les détails particuliers.
Jouas s’embarqua pour aller à Tliarse. iliram, roi de Tyr, y faisait arriver les vaisseaux chargés de bois et de marbre, qu’il envoyait à Salomon pour la construction du temple. Saint Pierre y demeurait, lorsqu’il eut une vision au sujet de Corneille, et qu’il ressuscita Tabithe. Josèphe rapporte que les Romains ruinèrent cette ville de fond en comble, pendant le siège de Jérusalem. » (Le P. de Géramb, Pèlerinage à Jérusalem.)