‹ La chronique de Godefroid de Bouillon et du royaume de Jérusalem première et deuxième croisades 10801187Chapitre 49 sur 77 · TOMBEAU · texte numérisé non relu

TOMBEAU

maines. De ce point de vue, H y a quelque chose de spécieux dans le système suivi par M. Foucher. »

La Revue de Bruxelles ( volume de mars 1 839 ) a publié une lettre datée d’Alexandrie en Égypte (22 janvier même année), et adressée aux illustres directeurs de ce recueil, MM. Ad. Dechamps et P. Dedecker, par M. l’abbé P. -J. Claes. Nous citerons les principaux passages de cette lettre.

« De retour en cette ville, d’un voyage que je viens de terminer en Palestine et en Syrie, il m’est tombé entre les mains , chez M. Blondel van Ceulebrouk , notre consul-général, un numéro de la Revue de Bruxelles (avril \ 838) contenant un abrégé de la vie de Godefroid de Bouillon. Tout Belge jaloux de la gloire de son pays partagera sans doute les nobles sentiments qui ont engagé l’auteur à consacrer quelques belles pages à la mémoire d’un de nos plus grands capitaines : mais , après avoir retracé les exploits et raconté la fin de Godefroid de Bouillon , j’aurais désiré que Pauteur eût jugé à propos d’y ajouter quelques mots sur la déplorable destruction du monument qui lui avait été érigé à Jérusalem. Son zèle lui aurait certainement inspiré de vifs accents de regret, en rappelant que , dans l’église du Saint-Sépulcre , où les dépouilles mor-

(elles de (lodefroid de Bouillon avaient été déposées, le héros est maintenant privé de son tombeau, et la patrie se serait empressée, j’en suis sûr, de réparer les torts de l’indifférence et de l’oubli.

» Aujourd’hui il n’existe plus rien du tombeau de (lodefroid de Bouillon. Les Grecs schismatiques , dont la jalousie contre les Latins est aussi vive que leur haine est profonde, ont profité de l’incendie de 1808 pour confondre dans le même désastre et le Saint-Sépulcre et la tombe qui couvrait les cendres de son illustre conquérant. L’époque malheureusement ne favorisait que trop leurs coupables projets; la politique, qui absorbait alors toute l'attention de l'Europe, privait les Pères de la Terre-Sainte de l’appui nécessaire des puissances chrétiennes. Ces Pères, oubliés de leurs frères d’Occident, n’ayant rien à offrir au Grand- Seigneur, les Grecs lui présentèrent de fortes sommes d'argent, en retour desquelles ils obtinrent un firman qui les autorisait à rebâtir le Saint-Sépulcre sur ses débris négligés , et à célébrer leurs erreurs à côté des saints mystères des catholiques. Alors leurs mains jalouses, qui avaient renversé la tombe de Godefroid de Bouillon , construisirent sur l’emplacement un pan de muraille pour en faire disparaître jusqu’à la moindre trace. Ainsi, en rebâtissant le Saint-Sépulcre (181 0— 1 81 1), ils y supplantèrent en partie les catholiques, et, en brisant la tombe, ils détruisirent leur plus beau titre de possession. *

» Ce fut donc devant une muraille muette que je m’arrêtai d’abord avec respect ; mais je sentis bientôt mon cœur navré de douleur en songeant que les restes

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