RELATION DE L'INCENDIE
la hâte. Quelle est leur épouvante! Malgré mille dangers, ils volent au feu... La porte est fermée; et, ce qui met le comble à leur désespoir, c’est que peu d’instants après , les flammes , qui sortent et du côté des Grecs et des Arméniens , et du côté des Syriens , des Messinéens et des Cophtes, menacent la coupole du grand temple, construite avec d’énormes poutres couvertes de plomb et élevée perpendiculairement snr le monument dans lequel se trouve le très-Saint-Sépulcre. Les poutres dont je viens de parler avaient été amenées à grands frais du mont Liban, au commencement du siècle passé, lorsque les princes chrétiens firent élever ce dôme , véritable chef-d’œuvre par sa hauteur et par la hardiesse de sa construction.
» Tous ont fui... Les Pères Franciscains, restés seuls et privés d’instruments nécessaires , tâchent de passer par une petite fenêtre pour aller avertir le monastère du Saint-Sauveur et les ministres du gouvernement turc. Dans l’intervalle, les jeunes Arabes catholiques s’élancent du dehors à l’intérieur, et bravent les flammes pour sauver, s’il se peut, quelques objets. Mais en ce moment le feu gagne le dôme , les autels de la Sainte-Vierge, l’orgue; l’église ressemble à une fournaise. Bientôt les pilastres s’écroulent avec fracas, et avec ceux-ci les arcades et les colonnes qui entourent le Saint-Sépulcre ; il est inondé d’une pluie de plomb. Le feu est tel, que les plus grosses colonnes de marbre se fendent; il en est de même du pavé et du marbre qui recouvrent le monument. Enfin , entre cinq et six heures , le grand dôme tombe avec un bruit épouvantable, entraîne toutes les grosses colonnes et